« Quand les enseignes de mode enfantine se penchent sur l’économie circulaire » Par Sarah Ahssen


Blog / mercredi, juin 20th, 2018

Ïdkids.community avec Ïdtroc, Cyrillus et Petit Bateau avec leurs plateformes de
seconde main… Les marques-enseignes spécialistes de la mode enfantine et de la
famille mettent l’économie circulaire au cœur de leur stratégie. L’objectif : fidéliser
des parents très enclins à se tourner vers les mastodontes de l’occasion – Leboncoin
revendique 800 000 annonces publiées quotidiennement – et les prix attractifs des
enseignes de fast-fashion.

L’espace Ïdtroc mis en place par Ïdkids.community – DR

En 2017, selon l’Institut français de la mode (IFM), le marché de la mode enfantine a
signé une croissance de 3,7 %, s’affirmant comme la locomotive de l’habillement en
France, qui conclut l’année à +0,8 %. Cette croissance cache cependant des
inégalités puisque si la vente à distance, les grands magasins et les chaînes de grande
distribution enregistrent une hausse des ventes oscillant de 2 % à près de 5 %, les
chaînes spécialisées sont quant à elles en repli. Une situation qui les pousse à
améliorer l’expérience client en magasin, mais aussi en ligne et à proposer de

L’espace Ïdtroc mis en place par Ïdkids.community – DR

nouveaux services, en organisant notamment la revente de leurs articles de seconde
main.
Contrer les mastodontes de l’occasion
« Notre dernière campagne Ïdtroc s’est achevée le 9 juin dans nos magasins Oxybul,
Ïdkids, mais également pour la seconde fois dans une trentaine de boutiques
Jacadi », explique Isabelle Pollet, responsable de la communication externe du
groupe Ïdkids. Depuis deux ans, le spécialiste de l’enfant (Okaïdi, Obaïbi, Jacadi,

Oxyul-Eveil et jeux…) organise plusieurs fois par an Ïdtroc, une sorte de dépôt-
vente qui permet aux porteurs de cartes du groupe de déposer gratuitement en

magasin des articles des marques Ïdkids.community. Une fois les produits vendus, les
clients récupèrent des bons d’achat alors que les invendus sont, s’ils le souhaitent,
cédés à des associations. Née avec les livres, cette opération s’est rapidement
étendue aux vêtements pour bébés et concerne aujourd’hui l’ensemble de l’offre du
groupe roubaisien.
« Ïdtroc est une opération très emblématique de notre communauté de marques.
Nous l’avons lancée pour sensibiliser nos clients à l’économie circulaire, mais aussi
pour répondre à la montée en puissance des courants de consommation alternative
portée par eBay ou Leboncoin. Et puis les comportements de consommation se
modifient avec les ‘conso-acteurs’ pour qui le pouvoir d’achat est un pouvoir qui
doit être bien utilisé », précise Isabelle Pollet.
A l’initiative d’Ïdtroc se trouve Ludovic Leurent, ancien responsable e-commerce
d’Ïdkids, qui occupe depuis deux ans le poste de responsable du développement du
marché « seconde vie » des produits. Car pour mener à bien son troc,
Ïdkids.community met les moyens, prenant en charge la communication, en passant
par la mobilisation de sa force de vente et la conception d’un merchandising spécial
et de corners dédiés en magasins. Résultat, en 2017, Ïdtroc aurait permis à 200 000
articles de trouver une seconde vie. Ce chiffre important souligne peut-être une
autre réalité, les enfants grandissent vite : la première année, un nourrisson prend
environ 20 centimètres et entre 4 ans et la puberté, un enfant prendra en moyenne
chaque année deux kilos et six centimètres. Une croissance qui engendre des
besoins en perpétuelle évolution, contraignant les parents à réajuster en
permanence la garde-robe de leurs têtes blondes et donc – souvent – à chercher les
meilleurs prix.page d’accueil du site Seconde Histoire by Cyrillus – DR

 

C’est notamment pour répondre à cette demande que Petit Bateau et Cyrillus ont
lancé leurs plateformes communautaires respectives de vente d’articles d’occasion.
Pour mettre en avant cette offre, les deux marques/enseignes ont préféré la toile –
sur laquelle s’effectuent en France 40% des transaction totales de l’occasion (
source : cabinet Xerfi) – à leur réseau physique. Un choix qui permet également de
dissocier très clairement leurs collections en cours de l’offre de seconde main. Chez
Cyrillus, le site lancé en septembre dernier se nomme Seconde Histoire by Cyrillus
et met en relation les particuliers souhaitant revendre certains articles de la marque
Cyrillus avec de potentiels acheteurs.
Répondre aux envies de consommation raisonnable
« Sur les réseaux sociaux et notamment Instagram, nous avons remarqué que le
hashtag Cyrillus remontait très souvent pour du vide-dressing. Comme nous jouons
beaucoup sur la transmission de nos vêtements de qualité, nous avons décidé de
créer un site qui faciliterait les échanges », explique Elise Descamps, traffic manager
pour Cyrillus, qui s’occupe également du développement et de la communication de
Seconde Histoire. En vendant leurs articles Cyrillus sur cette plateforme, dont l’offre
atteint les 8 000 articles, les clients reçoivent au choix le montant des articles
vendus ou un bon d’achat sur la collection actuelle, majoré de 50 %, une option
choisie par près de 70 % des utilisateurs du site. Cependant, si l’objectif de
fidélisation semble atteint, le recrutement de nouveaux clients reste encore un défi.
En effet, la majorité des clients qui achètent et se créent un compte sont déjà des
familiers de l’enseigne.

 

La malle Little Cigogne – DR

 

Alors que le marché de la seconde main, qui reste difficile à quantifier en raison de la
multiplicité des acteurs, continue de se déployer, d’autres formes de consommation
émergent, répondant notamment à l’envie d’une consommation raisonnée et
raisonnable. Le site My Little Cigogne propose ainsi une formule d’abonnement avec
des coffrets mensuels dans lesquels les parents reçoivent des tenues pour leurs
enfants et paient ce qu’ils gardent. Tale Me se présente pour sa part comme le
premier dressing pour la maternité et les enfants de 0 à 6 ans où les pièces se louent
également via un système d’abonnement.
Pas toujours les plus économiques, ces nouvelles propositions pourraient toutefois
réenchanter un marché français de l’habillement pour enfant qui s’inquiète de la
baisse de la natalité, en recul depuis trois ans.

Par Sarah Ahssen
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