Afin de vous donner un avant-goût sur notre webinaire des 17 et 18 septembre sur la “Seconde vie ou seconde main”, nous avons échangé avec Alexis, fondateur de Redonner. Après avoir travaillé dans la finance pendant plus de 10 ans, il décide de se lancer dans l’entreprenariat et nous raconte comment il s’est engagé pour une mode plus responsable.

Bonjour Alexis, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Alexis Collon, 37 ans, père de deux enfants. J’ai un parcours à la fois consensuel sur la forme et atypique sur le fond. Consensuel car comme beaucoup de fondateurs de startup, je suis passé par une école de commerce et atypique car je ne suis pas rentré par la voie normale mais en tant que sportif de haut niveau et surtout, j’ai déjà eu plusieurs autres vies professionnelles avant de créer Redonner.

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

A ma sortie d’école en 2007, j’ai commencé par travailler en banque d’affaires à Londres et Paris ce qui était un peu la voie à suivre à l’époque. Même si le rythme était effréné et le boulot pas toujours stimulant, j’ai beaucoup appris des gens avec qui j’ai pu travailler, notamment sur la partie analytique.

Au bout de 5 ans, j’ai quitté la banque pour partir dans un fonds d’investissement spécialisé dans le financement et l’accompagnement stratégique de PME. Cette expérience a été super enrichissante car au travers des entrepreneurs talentueux que j’ai pu rencontrer, j’ai compris que j’avais moi aussi envie de créer et développer une société.

Du coup, je me suis lancé une première fois dans l’entreprenariat en créant avec un associé un fonds d’investissement spécialisé dans l’accompagnement de PME de croissance. En d’autres termes, nous investissions dans des startups en croissance qui avaient fait la preuve de leur produit. Et qui étaient à la recherche d’un partenaire financier pour les aider à accélérer. J’insiste sur la notion de partenaire.

On a fait des supers investissements, là encore j’ai rencontré des types incroyables. Malheureusement, nous avons ouvert notre capital à une société de financement pour pouvoir financer notre propre croissance et la greffe n’a pas pris. N’étant plus d’accord sur la stratégie, nous nous sommes séparés. Ça a été un moment dur mais dont j’ai beaucoup appris notamment sur le besoin de partager les mêmes valeurs avec ses associés.

Bref, piqué par l’entreprenariat et suite à la naissance de mon premier fils, j’ai travaillé avec un ami sur un projet de place de marché d’achat/revente de vêtements de marques pour enfants. L’idée principale était de proposer aux mamans de reprendre tous leurs vêtements achetés sur notre plateforme en échange de bons d’achats utilisables uniquement chez nous. Le projet n’a pas fonctionné car nous avions aucune connaissance du ecommerce et de la logistique mais il a été un bon prélude à Redonner.

Après ce premier projet, j’ai aussi pas mal creusé une solution de location avec option d’achat pour les produits de luxe notamment les sacs à main. Mais la mise en place me semblait impossible.

Du coup, je me suis repenché sur mon idée de revente contre bons d’achats et après avoir constaté que H&M proposait une solution similaire, j’ai créé Redonner. Au départ tout seul et maintenant avec la petite équipe qui m’entoure.

Donc, pour reboucler avec ta question initiale, je suis rentré complétement par hasard sur le sujet de mode responsable.

Redonner

Justement tu évoques Redonner, c’est quoi exactement ?

Au départ Redonner c’est juste une copie du programme de « collecte contre remise » d’H&M. Après m’être renseigné sur le marché et avoir lu les rapports et études d’ReFashion/ECO TLC, il me semblait logique, au regard des enjeux environnementaux, que la collecte en point de vente ou en tout cas l’implication des marques de mode sur la fin de vie des produits allait s’amplifier pour permettre à la filière de se développer.

Du coup, on a mis en place avec plusieurs marques une solution de collecte en point de vente à Paris qui a bien fonctionné et nous a permis de tester et comprendre les limites de ce modèle. Suite à ce premier essai, on a donc itéré avec des marques partenaires et nos premiers utilisateurs pour créer une solution sans contrainte et simple d’utilisation : la collecte digitale.

Tu peux m’expliquer la collecte digitale ?

En synthèse, la collecte digitale permet à nos marques partenaires de récompenser les dons de vêtements usagés réalisés par leurs clients dans un des 25 000 points de collecte recensés par Redonner. La solution s’intègre directement sur le site de nos partenaires avec un widget ou est disponible directement sur notre site Redonner.fr. Au-delà de la collecte, notre enjeu est, au travers des récompenses, de mettre en avant des produits ou marques écoresponsables.

Ce qui est intéressant c’est qu’avec la création de Redonner, je me suis éduqué, et je continue, sur les problèmes et les enjeux liés à la filière textile, notamment le besoin de repenser la mode d’un point de vue circulaire.

Du coup, Redonner est passé d’une solution pragmatique permettant aux marques de reprendre les vêtements usagés de leurs clients à un point d’entrée pour favoriser l’émergence d’une mode circulaire auprès des consommateurs.

Donc aujourd’hui, on se définit comme le partenaire des marques de mode pour valoriser leur engagement pour une mode circulaire auprès des consommateurs avec comme mantra : « Passons en mode circulaire ».

Nous sommes en pleine crise du coronavirus, c’est quoi ton avis sur l’état de la mode ?

Je ne suis pas un spécialiste de la matière, étant rentré sur ce marché récemment, pour autant je ressens beaucoup d’incertitude en lien avec la situation actuelle. Certaines marques doivent repenser leur modèle tant d’un point de vue économique qu’opérationnel pour survivre. Et aussi revoir leur positionnement en prenant en compte l’attente des consommateurs en matière d’engagement écoresponsable.

Avec les situations de Naf Naf, Camaieu, André ou la Halle, on a l’impression d’assister à l’accélération de la fin d’un cycle et la prise de pouvoir de nouveaux modèles.

Pour résumer, nous avons deux axes très différents et au milieu nous avons un consommateur qui remet en question ce qu’il achète. 

En effet, dans la continuité des évolutions dans l’industrie alimentaire, les consommateurs deviennent vigilants sur leurs achats de vêtements.

Pour les marques, une fois passé l’enjeu de survivre financièrement à ce contexte, les virages vers plus d’écoconception et une meilleure gestion de la fin de vie des produits vont devoir être pris très rapidement. C’est pourquoi, avec Redonner nous sommes satisfaits. Car ce que nous avons mis en place depuis 6 mois va avoir encore plus d’écho auprès des marques et donc des consommateurs.

Dernière question, pourrais-tu nous dire qu’elle est l’actualité de Redonner et vos futurs projets ?

En dépit de la sortie de la V1 du widget B2B en plein COVID, nous avons eu de très bons résultats et sommes en train de finaliser la V2 à l’ergonomie et au parcours client optimisé. Nous espérons que les discussions engagées avec des marques de premier plan aboutiront avec cette nouvelle version.

S’agissant de notre site, nous sommes en train de travailler sur une nouvelle version qui intégrera notre Eshop, la plateforme d’affiliation permettant de valoriser les catalogues de nos partenaires et améliorer le taux d’écoulement de certaines références. Pour retrouver Alexis et l’ensemble des intervenants pour notre webinaire “Seconde-vie” les 17 et 18 septembre, l’inscription c’est ici.

A terme nous souhaitons essayer de proposer des ventes privées à notre communauté car cela s’inscrit assez bien dans l’ADN de Redonner et notre volonté de passer en mode circulaire.

Pour retrouver Alexis et l’ensemble des intervenants pour notre webinaire “Seconde-vie” les 17 et 18 septembre, l’inscription c’est ici.

Je suis le fondateur de MyFashionTech, une agence de conseil en communication pour le secteur de la Fashiontech.Sinon, je suis également un fan de littérature et de cinéma.
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