Covid-19 : le luxe enfin utile ?

Covid-19 : le luxe enfin utile ?

Alors que le monde est depuis des mois durement touché par l’épidémie du coronavirus, le secteur du luxe se mobilise. Mais l’engagement des marques est tiraillé entre réelle générosité et stratégie marketing. Le luxe, souvent jugé comme futile et superflu, a-t-il avec cette crise enfin trouvé son utilité sociale ou est-ce simplement du ‘corona-washing’ ?

Le luxe utile, un engagement à la hauteur ?

Malgré leur manque à gagner colossal après la fermeture des boutiques, le confinement des clients chinois et l’annulation physique des Fashion Week, les maisons de haute couture se sont immédiatement portées volontaires pour aider le personnel soignant.

Pour autant, pour une industrie qui pèse plus de 247 milliards de dollars (si on rassemble uniquement les 100 entreprises leaders), l’engagement est-il à la hauteur ? La question se pose réellement pour les géants du luxe.

Une générosité mal placée ?

LVMH, propriétaire de 75 maisons, a été l’un des premiers à se mobiliser dans la lutte contre la pandémie. Le groupe a réquisitionné quatre de ses usines pour produire du gel hydroalcoolique et a promis 40 millions. Les dividendes ont été réduit de 30% par rapport au montant initialement annoncé en janvier 2020. Le PDG Bernard Arnault a renoncé à sa rémunération pour les mois d’avril et de mai et a fait un don de « plusieurs dizaines de millions d’euros » à la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Ces gestes ont été appréciés par le corps médical pour leur rapidité mais furent décriés par beaucoup. L’engagement est vu comme de la communication, une stratégie marketing et non pas comme un pur acte de générosité. Le groupe a ainsi redoré son blason en créant une image de responsabilité sociale et de participation à l’intérêt général.

De la même manière, bien que l’engagement ait été très utile, les moyens alloués à la lutte contre la maladie sont quelques peu faibles face à la richesse et l’attractivité d’LVMH. Malgré une chute des ventes 15% au premier trimestre 2020, LVMH réalise une « bonne résistance ». Les grandes marques sont redevenues « positives » à la mi-mars avec le déconfinement en Chine. Louis Vuitton par exemple a enregistrée une croissance de 50% en Chine par rapport à la même période l’an dernier.

Espérons que le groupe continue de faire passer la santé de ses salariés en premier et non la reprise économique.

Hermès : le luxe « solidaire et responsable »

A l’instar d’Hermès, le luxe peut aussi se révéler humain, solidaire et en phase avec la réalité. La maison a versé la somme astronomique de 20 millions d’euros à elle seule à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Montant complété par « un soutien aux services de santé apporté localement par les filiales d’Hermès dans le monde » a précisé la direction de l’entreprise.

Luxe actions utileLa maison a également mis ses usines et son personnel au service de la lutte. La confection de plus de 30 tonnes de gel hydroalcoolique et 31.000 masques de protection a ainsi été possible.

Classé meilleur employeur de France selon le classement Glassdoor, la marque a su une nouvelle fois se rendre responsable en apportant une solidarité économique à ses employés. La direction a maintenu le salaire de ses collaborateurs en France comme à l’international, soit près de 15.000 personnes. Comme chez Chanel où la mesure similaire de ne pas recourir au chômage partiel a été adoptée.

Les gérants ont annoncé renoncer à une augmentation de leur rémunération par rapport à l’année dernière, malgré la hausse des bénéfices de la marque.

La maison toute entière a donc portée une véritable action de solidarité ayant un réel impact sur les sociétés. Le luxe peut réellement se montrer responsable et utile si des efforts, de l’envie et du dévouement sont apportés.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter des articles ici et .

Alice Perret

Alice Perret

Rédactrice - Equipe Communication

Je m’appelle Alice et je suis étudiante en Relations Internationales à Lille.  Je pense qu’il est aujourd’hui primordial de changer notre manière de produire et de consommer dans le respect de l’environnement. L’industrie de la mode étant l’une des plus polluante au monde, elle doit devenir durable, éthique et éco-responsable. Créons tous ensemble la mode de demain !

Du Bangladesh à la France : défaillances sociales et environnementales de la mode

Du Bangladesh à la France : défaillances sociales et environnementales de la mode

Au delà de l’unique impact financier, la crise du coronavirus a démontré des défaillances sociales et environnementales dans l’industrie de la mode. Enseignes qui ne paient pas leurs sous-traitants, annulation de commandes et surconsommation, sont aussi au rendez-vous dans ce monde dominé par la fast-fashion. Du Bangladesh à la France, tous les pays semblent touchés.

ABANDON DES PAYS PRODUCTEURS PAR LES FIRMES

Les pays asiatiques producteurs de textile sont dépendants économiquement des pôles de consommation européens et américains. Comme il possèdent de la main-d’œuvre pas chère et peu de réglementation du travail, les entreprises les choisissent pour confectionner des vêtements à très bas coût. Le prix à payer en contrepartie est le coût humain pour les millions de salariés forcés de travailler sous la pression et des conditions déplorables.

Avec le Covid-19, les boutiques ont dû fermer et les peuples se confiner, entrainant de fil en aiguilles la diminution de la consommation et donc la fermeture des usines. Les travailleurs se retrouvant dans une précarité étouffante.

Cette crise mondiale rend ainsi visible l’absence de responsabilité des entreprises occidentales et de leur manque de considération pour les travailleurs. Avec la chute des ventes, de nombreuses enseignes demandent l’annulation des commandes ou ne paie pas les usines.

usine Bangladesh modeSelon le Consortium pour les droits des travailleurs (WRC), les annulations de commandes représenteraient une perte de plus de 24 milliards de dollars pour les fournisseurs et la mise en précarité de 60 millions de travailleurs. En effet de nombreux employés du secteur de la mode ont été licenciés, ou ont été obligés de travailler sans salaire. C’est le cas au Bangladesh.

Ces chiffres ont été quelque peu revus à la baisse après le positionnement de certaines grandes compagnies comme Adidas, H&H ou Zara qui ont promis de payer intégralement leurs commandes. Mais cela ne reste que des exceptions à la règle.

Le secteur de la mode doit prendre la responsabilité de ses actions sur le plan humain pour protéger les salariés asiatiques et les traiter avec dignité.

PERIL DES ENTREPRISES EUROPEENNES ET SURCONSOMMATION

Le secteur de l’habillement est durement touché par la crise mondiale due au coronavirus, estimant une baisse de revenu de 30% en 2020 selon un récent rapport du cabinet de conseil en gestion McKinsey.

En France, selon la Fédération nationale de l’habillement, le chiffre d’affaires du secteur va chuter de 40% en 2020. L’engouement pour le e-commerce ne permet pas de combler les pertes. Ce déficit met en danger près de 30.000 entreprises (majoritairement des TPE) qui risquent la faillite et par conséquent le licenciement de 100.000 salariés.

Mais selon Éric Mertz le président de la fédération, le principal problème est le stock de vêtements invendus qui pèsent au total 2,5 milliards d’euros. Pour lui, si au moment de la reprise ces entreprises sont obligées de faire des soldes pour attirer les clients, cela entrainera le secteur « vers l’abîme et la faillite ».

La reprise du commerce permit par les mesures de déconfinement de plusieurs pays européens, permettra peut-être la bouffée d’oxygène nécessaire à ces entreprises.

Pour autant, l’heure est à la prise de conscience. Plus de 80 milliards de nouveaux vêtements sont produit chaque année soit 400% de plus qu’il y a 20 ans. Au lieu de pousser à la consommation et à la production en masse d’articles de très faible qualité, les entreprises devraient réfléchir à un nouveau modèle économique basé cette fois-ci sur l’économie circulaire et le respect de l’environnement.

Cette crise, bien que révélatrice des défauts de la filière, est peut-être ce qui va permettre la réflexion d’un nouveau système plus durable et le changement d’habitudes des consommateurs.

Plus d’informations sur une mode sociale et écologique ici et .

Alice Perret

Alice Perret

Rédactrice - Equipe Communication

Je m’appelle Alice et je suis étudiante en Relations Internationales à Lille.  Je pense qu’il est aujourd’hui primordial de changer notre manière de produire et de consommer dans le respect de l’environnement. L’industrie de la mode étant l’une des plus polluante au monde, elle doit devenir durable, éthique et éco-responsable. Créons tous ensemble la mode de demain !