Safilin, le parcours du lin entre tradition et innovation

Safilin, le parcours du lin entre tradition et innovation

Alix Pollet et Alix Salmon étaient présentes lors de la dernière édition des Fashion Green Days « Ces actes qui changent tout ». Elles nous parlent de Safilin, une entreprise familiale depuis 1778, au cœur de la culture du lin.

 

Qui êtes-vous ? Pouvez-vous nous parler de Safilin ?  

Bonjour, je suis Alix Pollet, directrice de la BU marque chez Safilin. Et moi, Alix Salmon, category manager.

Venant toutes les deux du domaine textile, nous sommes vraiment heureuses de pouvoir perpétuer la tradition. Née en 1778 dans le nord de la France, Safilin est une filature de lin. Aussi, il s’agit d’une entreprise familiale, détenue par la famille Salmon, depuis plus de 8 générations.

Initialement, nos usines étaient situées dans les Haut de France. Suite à la crise textile des années 1990, nous avons fait le choix de partir en Pologne, pays à forte tradition linière. A ce jour, nous avons deux usines en propre :

    • une filature au mouillé, située à Szczytno ;
    • une filature au sec, située à Milakowo, dans la région des grands lacs.

 

Nous sommes très fiers de pouvoir dire que Safilin est 100 % européen. En effet, nos fibres de lin viennent à 95 % de France et 5 % de Belgique et des Pays-Bas. Saison après saison, un des points essentiels de notre métier est bien entendu de s’assurer de la traçabilité, la qualité et la proximité de nos fibres. Nous sommes d’ailleurs certifiés MASTER OF LINEN : un certificat délivré par la CELC, qui garantit une provenance 100 % européenne.

 

Qu’est-ce qu’une filature ?

La filature est l’outil qui permet de transformer la fibre de lin en fil. Chez Safilin, nous avons donc deux manières de filer :

    • la filature au sec : elle permet de faire des fils plus épais pour le marché de l’ameublement (canapé, fauteuil et rideaux) ;
    • la filature au mouillée : elle permet de faire des fils plus fins et réguliers pour le marché de l’habillement et du linge de maison (chemise, robe et drap).

 

 

safilin peignage lin

Le peignage : convertir le lin teillé en ruban peigné

 

Pouvez-vous nous parler de l’intérêt de la fibre de lin ?

Le lin est la seule matière 100 % éco-responsable, naturelle et végane. Fortement dépendante des conditions météorologiques, 95 % de la production mondiale est cultivée dans une zone géographique définie, où le climat est le plus propice.

 

Assez méconnue, cette plante représente moins de 1 % de la production mondiale des produits finis. Voilà pourquoi, il est important de la mettre en avant et d’en expliquer ses propriétés (éco-responsabilité et usages multiples).

 

Et votre projet Linen Marker ?  

Bien que la France soit le premier pays cultivateur de lin, 80 % de la récolte part en Asie. Là-bas, elle y est transformée pour finalement revenir en France, en tant que fil, tissu ou produit fini. Vient alors la question de la traçabilité… En tant qu’acteur historique du lin, nous avons donc naturellement décidé de mettre en place le projet Linen Maker

 

Linen Maker est une solution clé en main. Elle permet aux marques de pouvoir accéder à un sourcing local, traçable et au juste prix quelle que soit la demande. Grâce à notre fine connaissance du monde du lin, nous sourçons les meilleurs acteurs de la filière : tisseurs, tricoteurs, ennoblisseurs, teinturiers et confectionneurs européens et français. Le but est de proposer un produit en lin, de qualité et durable.

 

Nous proposons également des formations et un accompagnement marketing sur le lin, sa culture et sa transformation si les entreprises en expriment le besoin.

 

safilin bobinage lin

Le bobinage : les outils de production sont équipés des dernières technologies de détection et d’épuration des défauts

 

Quels sont pour vous les actes qui réduisent les impacts de l’industrie de la mode et qui contribuent à rééquilibrer l’écosystème ?  

 

Premièrement, l’utilisation de matières naturelles tracées permet de réduire notre impact sur la planète. Nous savons que les matières plastiques rejettent des micros-particules, il est donc important d’utiliser des matières naturelles qui ont été cultivées dans le respect du cycle naturel, de l’humain et de l’animal. Cultivée en Europe, de Caen à Amsterdam, le lin est donc la matière la plus éco-responsable qui soit. Sa culture ne demande pas d’eau et très peu de pesticide ! Sa transformation est mécanique et nous trouvons des spécialistes du lin partout en Europe.

 

Deuxièmement : consommer moins mais mieux. Nous portons seulement 30 % de notre garde robe, ce qui signifie que 70 % de nos habits restent dans le placard ou sont déposés en relais. Le souci c’est que nous observons une nette diminution de la qualité des habits, ce qui empêche leur recyclabilité et donc crée de la pollution.

 

Pour finir, consommer plus local et dans le respect des travailleurs du textile afin de permettre à chacun d’avoir un niveau de vie respectable. Il n’est pas possible d’acheter un tee-shirt en coton à 3 € sans qu’au moins une personne dans le monde n’ait pas été lésée et sans qu’il y ait de dégât sur notre écosystème. Que ce soit pour la culture de matière, sa transformation ou son transport.

 

Pourquoi soutenez-vous les Fashion Green Days ?

Nous sommes venus aux Fashion Green Days l’année dernière, en tant que visiteur. C’est très intéressant d’avoir un salon, dans le Nord, qui s’intéresse à tout ce qui est éco-responsable. Sujet qui a toujours été au cœur de nos préoccupations chez Safilin. Nous mettons donc tout en œuvre au sein de nos usines et de notre siège pour laisser le moins d’empreinte carbone possible lors de la transformation de la fibre en fil.

Pour cette raison, nous trouvons important de soutenir des actions comme les Fashion Green Days.

 

Alix Pollet était présente durant la troisième édition des Fashion Green Days “Ces actes qui changent tout” sur l’atelier “ Le parcours du lin”. Pour voir en replay les ateliers professionnels, inscrivez-vous ICI

Elle est aussi intervenu sur la table ronde au sujet des matières d’avenir, vous pouvez le revoir ainsi que les autres conférences en vous inscrivant ICI

 

Audrey

Audrey

Collaboratrice événementiel sur Fashion Green Days

 

Je m’appelle Audrey, je suis actuellement étudiante à l’Edhec Business School, spécialisée en marketing. Passionnée depuis toujours par la mode, j’adore customiser et broder mes vêtements. Je suis actuellement investie dans différents projets événementiels qui contribuent à l’avancement de la mode éthique et responsable.

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Laines paysannes : “Entre le mouton et le client, il y a nous, et c’est tout.”

Laines paysannes : “Entre le mouton et le client, il y a nous, et c’est tout.”

Mode, Maison ou Matière, la laine est un matériau noble qui porte avec elle une esthétique de la liberté. Et non elle n’appartient pas au passé, il s’agit d’un matériau d’avenir éthique et durable par excellence. En tout cas c’est l’engagement de Laines Paysannes, spécialiste de la laine qui propose des produits allant du pull en laine au fil à tricoter à partir d’une matière première entièrement traçable et respectueuse de l’environnement : des laines des Pyrénées.

Et pour en savoir plus sur la laine et sur le projet les Laines Paysannes, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Olivia Bertrand, co-fondatrice de la marque qui interviendra lors de la prochaine édition des Fashion Green Days du 19 au 23 octobre. Laines Paysannes qui a remporté le trophée Honneur petite entreprise lors des Trophées de la Mode Circulaire.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

 

Je suis Olivia, la Co-fondatrice de Laines Paysannes. A la base, j’ai une en formation en tissage et je me suis formée avant tout en Amérique centrale via la teinture végétale et le tissage au métier de ceinture, le métier à tisser traditionnel d’Amérique Latine.

Puis en arrivant en Ariège, j’ai créé un petit atelier de tissage. Rapidement, l’idée a été de travailler avec des laines locales et d’intégrer une dimension de ré-appropriation des savoir-faire qui était très importante pour moi. Ainsi, c’est tout naturellement que je me suis mise à rencontrer très vite des éleveurs pour me rendre sur les chantiers de tonte, pour trier la laine et pouvoir transformer la matière produite sur le territoire. J’ai dès le départ eu cette volonté de donner du sens et de faire quelque chose de cohérent avec les savoir-faire autour de chez moi. Ensuite il a suffit d’une rencontre, pour voir le projet Laines Paysannes prendre forme.

 

Justement parlez-nous de Laines Paysannes ?

 

Tout est né d’une rencontre. De mon côté je portais le projet de la valorisation de la laine locale avec cette expérience plutôt du côté de la matière, de l’artisanat et de la filature. Et c’est quand j’ai rencontré Paul, qui lui est éleveur de moutons en Ariège que le projet Laines Paysannes est né. Paul est éleveur de brebis et fonctionne en agriculture biologique et en pleine air intégral. Il était important pour lui de valoriser sa laine, ce qui n’était pas le cas à l’époque où nous nous sommes rencontrés. Cela faisait partie de ses questionnements : comment valoriser l’ensemble des productions de son troupeau ? Ainsi, on a réfléchi ensemble à comment nous pouvions valoriser la laine de son troupeau et plus largement. L’idée qui nous animait et qui nous anime encore aujourd’hui était de trouver une débouché pour la laine locale. C’est pourquoi, nous avons très vite élargi notre projet à d’autres éleveurs, d’autres qualités de laine et d’autres races et cela a grandit petit à petit.

En 2015, nous avons monté un premier chantier de tri de laine expérimentale pendant la tonte sur sa ferme et l’engouement a été énorme. Nous avons eu beaucoup de bénévoles et de personnes qui ont adhéré à la démarche et cela a été le début d’une grande aventure humaine.

 

 

 

 

Vous proposez aujourd’hui des articles mode, pour la maison et même la laine en tant que telle. Mais comment distribuez vous vos produits ?

 

Au tout début, nous n’avions pas forcément réfléchi à une stratégie commerciale car ce n’était pas du tout notre savoir-faire. On a dû apprendre sur le tas.

Alors nous avons ainsi choisi de développer tout d’abord du vêtements car c’est cela qui nous plaisait et on trouvait que les laines locales avaient du potentiel sur ce type de produits notamment au regard de leurs caractéristiques.

Et nous avons commencé par faire ce que l’on sait faire, c’est à dire vendre sur les marchés. Donc nous avons débuté par des marchés locaux et très vite nous avons cherché un moyen de vendre localement nos produits et de nous déplacer facilement. C’est comme cela qu’est née la caravane boutique, cette petite roulotte qui nous permet d’aller au plus près de nos consommateurs. Grâce à un financement participatif réussi en 2017, nous avons ainsi imaginé la caravane comme un outil pratique pour développer les ventes mais aussi un cadre qui soit qualitatif afin d’ancrer la laine dans une dynamique de matière d’avenir, moderne et contemporaine.

Parallèlement nous avons quand même monté une boutique en ligne. C’est en effet un outil que nous cherchons à développer de plus en plus, surtout au regard du contexte actuel et de l’extension de notre projet. Il s’agit principalement de créer de la complémentarité et de garder dans l’idéal quand cela est possible la vente directe en Foires Bio, les salons….  qui est une priorité pour nous.

Nous serons notamment sur Paris du 27 novembre au 6 décembre pour un pop-up store.

 

 

Et plus concrètement, qui se cache aujourd’hui derrière Laines paysannes aujourd’hui ?

 

Aujourd’hui nous sommes une équipe de 7 personnes avec des postes définies mais nous fonctionnons de manière collaborative. Par exemple, tout le monde participe à la récolte de laine. Chacun garde une polyvalence qui permet de garder une cohérence globale.

L’ensemble de l’équipe porte le projet et les décisions sont très concertées.

Laines Paysannes c’est une communauté avec aussi bien les éleveurs, les transformateurs que les bénévoles qui chaque année viennent nous aider pendant la période de la tonte. Nous les formons sur le tas et il y a de plus de en plus de demande de personnes qui ont envie d’apprendre et de mettre les mains dans la matière. En effet, la plupart du temps cela permet de donner du sens à leurs pratiques textiles et faire le lien avec la production et l’origine des matières.

Le projet est porté par le collectif.

 

 

Quels sont pour vous les actes qui changent tout ?

 

Travailler en équipe pour nous c’est fondamentale. Clairement, c’est devenu une manière de travailler sur laquelle nous ne pourrions pas revenir. Nous avons commencé à 2 mais aujourd’hui nous sommes 7 et ça n’aurait plus aucun sens de revenir à deux. C’est important de construire ensemble.

Nous construisons les choses petit à petit avec les différentes personnes impliquées aussi bien dans la filière, que ce soient les éleveurs, les transformateurs… C’est tout l’intérêt du local pour nous.

D’autre part, au quotidien il est important de savoir s’adapter, travailler dans la bienveillance et dans l’obstination.

Ne ratez pas les prochaines ventes Laines Paysannes en consultant l’agenda.

 

 

Olivia de Laines Paysannes sera présente sur la troisième édition des Fashion Green Days le 23 octobre lors de la table-ronde “le local à haute valeur ajouté”. Pour ne pas manquez cette conférence, inscrivez-vous ICI

Aude Renoud-Tsasa

Aude Renoud-Tsasa

Fondatrice de la marque Gambela Market

Après une dizaine d’années dans la communication dans différents secteurs d’activité, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat. J’ai ainsi créé en mars 2020 Gambela Market, une marque de mode responsable mettant le wax à l’honneur.

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Agathe Cuvelier : Les Cachotières

Agathe Cuvelier : Les Cachotières

Dans le cadre des prochains Fashion Green Days online sur le thème “cycle de vie et seconde-vie” en septembre, nous avons décidé d’échanger avec les professionnels de la mode qui interviendront. Pour ce troisième rendez-vous, nous avons rencontré Agathe, la fondatrice des Cachotières, le site de location de tenues chics et tendances entre particuliers.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Agathe Cuvelier, j’ai 33 ans et j’ai créé les Cachotières il y a 4 ans et demi. C’est un site de location de vêtement chic entre particulier. Depuis janvier 2020, nous avons lancé une nouvelle activité qui s’appelle les Cachotières for Brands. Cette activité est destinée aux marques de mode qui souhaite se lancer sur le marché de la location. Nous proposons ainsi deux offres pour ces marques. La première offre consiste à leur créer un site internet en marque blanche. C’est-à-dire qu’elles possèdent leur propre site de location mais celui-ci est entièrement développé par nous. Nous nous occupons de gérer tous leur service de location : le stockage des articles, leurs entretiens, le service après-vente.

La deuxième offre est à destination de marques de créateurs émergents ou des marques qui ont un peu moins de budget. Ainsi nous leurs proposons d’être présentes sur notre site les Cachotières. Nous nous occupons également de gérer la location.

 

Quel a été le déclic ?

Je travaillais depuis 4 ans dans la mode et je faisais aussi partie d’une association où il y avait beaucoup de personnes qui innovaient dans la mode. En tant que styliste et chef de produit, je trouvais nos métiers un peu « ringards », j’avais réellement envie de faire des choses nouvelles. En parallèles, j’étais dans des années où j’avais beaucoup d’événements. Ainsi, il fallait à chaque fois trouver une nouvelle tenue. C’était selon moi, du gâchis d’acheter des pièces pour ne les porter qu’une fois ou deux et ensuite qu’elles traînent dans les armoires. C’est pourquoi, j’ai cherché à louer mes robes mais je n’ai jamais trouvé. J’ai vu que cela existait aux États-Unis et c’est à ce moment que j’ai eu le déclic.

 

 Comment fonctionne le site ?

Cela fonctionne comme un site de e-commerce classique. Nous avons un choix d’environ 3 000 pièces de plus de 300 marques. Ainsi vous-choisissez votre taille et la date de location. Un fois l’article sélectionné vous pouvez le louer pour 4, 8 u 12 jours. Nous vous le livrons en 24h dans toute la France. Ainsi, lorsque vous recevez votre article, il est comme neuf emballé dans du papier de soie. Au retour, vous n’avez pas besoin de laver le vêtement, nous nous occupons du nettoyage.

En ce qui concerne les particuliers qui souhaitent déposer des articles, ils peuvent les mettre en dépôt location chez nous. Nous vérifions que cette pièce nous intéresse et si c’est le cas, le particulier nous confie sa tenue et touche une commission pour chaque location. L’avantage est que le particulier peut récupérer ses  vêtements quand il le souhaite soit le temps d’un weekend soit de manière définitive.

 

En quoi pensez-vous que votre marque contribue à une avancée pour la mode circulaire ?

Nous permettons d’augmenter la durée de vie d’un vêtement. En effet, au lieu qu’il soit porté une fois ou deux, il pourra être porté soixante fois par soixante personnes différentes. De plus, le service que l’on met à disposition des marques permet qu’elles utilisent les vêtements qu’elles ont en stock afin de les proposer à la location. Ainsi, ces marques peuvent obtenir de la donnée, puisque que les nombreuses personnes qui ont porté une robe vont donner un retour sur la qualité, sur la coupe de celle-ci. Cela permet par conséquent à la marque d’améliorer ces collections et éviter les invendus.

 

Quelles sont les perspectives d’évolution des Cachotières ?

Notre objectif est de nous positionner comme leader de la location B2B. Nous souhaitons être la référence européenne pour les marques qui veulent se lancer sur le marché de la location. C’est notre axe de croissance principal puisque nous avons toujours notre plateforme dédiée au particulier, mais l’intérêt désormais consiste à aller travailler avec les marques.

 

Le mot de la fin : une astuce pour mieux organiser son dressing ?

Regarder combien de fois nous portons chaque pièce de notre dressing. Pour toutes les pièces portées moins de deux fois dans la dernière année, autant les revendre ou les mettre sur des sites de locations. Cela permet de les rentabiliser.

 

Justine interviendra lors des prochains Fashion Green Days online le 18 septembre prochain. Pour s’inscrire au webinaire c’est par ICI

Audrey

Je m’appelle Audrey, je suis actuellement étudiante à l’Edhec Business School, spécialisée en marketing. Passionnée depuis toujours par la mode, j’adore customiser et broder mes vêtements. Je suis actuellement investie dans différents projets événementiels qui contribuent à l’avancement de la mode éthique et responsable.

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Anne-Claire Chanvin : Les Apprêtés

Anne-Claire Chanvin : Les Apprêtés

Dans le cadre des prochains Fashion Green Days online sur le thème “cycle de vie et seconde-vie” en septembre, nous avons décidé d’échanger avec les professionnels de la mode qui interviendront. Pour ce sixième rendez-vous, nous avons rencontré Anne-Claire, la co-fondatrice des Apprêtés, une plateforme de location de vêtements de marques responsables pour homme et femme.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Anne-Claire Chanvin, j’ai co-fonder Les Apprêtés avec mon associée et amie Marie Brandicourt. J’ai fait une école de commerce.  A la fin de mes 5 années d’études, j’ai travaillé pour Price Waterhouse Coopers (PWC) en audit financier au Luxembourg pendant 4 ans. Par la suite, j’ai rejoint le groupe l’Oréal en contrôle de gestion. J’ai également été en charge du département de recherche environnementale et durable mais aussi d’un groupe sur le bio mimétisme (Comment s’inspirer du vivant pour répondre à des problématiques actuelles). Ainsi, je me suis aperçue que ces thématiques m’intéressaient beaucoup.

Dans un même temps, je cherchais à aligner ma façon de m’habiller avec la manière dont je consommais de manière générale. En effet, j’achetais biologique, locale et responsable, que ce soit pour l’alimentation ou les cosmétiques mais pas pour les vêtements. C’est pourquoi j’ai cherché des marques responsables. De fil en aiguilles, nous avons eu l’idée de créer Les Apprêtés avec Marie. Nous avons travaillé un an et demi sur ce projet et finalement, c’est en juin 2020 que nous avons lancé le service.

 

 

 Pouvez-vous me parlez un peu plus des Apprêtés ?

Nous avons l’écoresponsabilité au cœur de l’ADN du projet.  Ainsi, la location de vêtement permet d’accroître son nombre d’utilisation. L’objectif consiste de passer d’un produit « jetable » à un produit durable. En outre, nous avons choisi de nous concentrer uniquement sur des marques responsables qui répondent à des critères de style et d’écoresponsabilités. De plus, nous travaillons avec un pressing écoresponsable qui travaille en circuit fermé, réduit sa consommation d’eau et utilise des lessives responsables. Nous avons privilégié la livraison en point relai ce qui permet de limiter la pollution sur le dernier kilomètre. Enfin, nous avons développé des packagings réutilisables pour ne jamais utiliser de cartons à usage unique.

Nous avons également pensé à la fin de vie des produits.  C’est pour cela que nous comptons ouvrir un espace de braderie vers la fin de l’année pour les vêtements qui sortent du cycle de location. En ce qui concerne les vêtements qui ne peuvent plus être porté, ils seront remis dans la filière du recyclage.

 

En parallèle de notre offre, il y a toute une partie sensibilisation du consommateur. Par exemple, nous allons organiser des ateliers d’upcycling pour nos clients. De plus, nous participons à des conférences. Récemment nous en avons fait une dans notre ancienne école sur la slow-fashion.

 

Comment fonctionne votre site ?

Le consommateur a le choix entre trois abonnements : 59€, 79€ ou 109€ par mois. Ceux-ci permettent de louer respectivement 300€, 500€ «et 800€ en moyenne de valeur boutique. Cela inclut le pressing et le transport. Une fois l’abonnement choisi, le client peut soit sélectionner les vêtements sur le catalogue soit il peut décider de recevoir une box personnalisée. Nous donnons également la possibilité de mixer les genres dans une box pour la partager. Ainsi le client peut profiter de sa box pendant un mois. Ensuite, il choisi s’il désire changer ou garder la box. Il est possible d’acheter les vêtements avec une réduction de 15%, soit un montant qui ne pousse pas à l’achat compulsif.

 

 

Comment choisissez-vous les produits que vous mettez en ligne ?

Il s’agit principalement de vêtements de tous les jours avec toutefois quelques pièces pour les événements ou le travail. Nous proposons donc des habits pour toutes les occasions, que ce soit pour la femme ou l’homme.

Nous les sélectionnons selon des critères de style. En effet, que nous cherchons une harmonie dans le style de vêtements présents sur le site. Nous souhaitons vraiment casser l’apriori que peuvent avoir certaines personnes comme quoi « éthique signifie ethnique ».  Effectivement, les pièces ne sont pas nécessairement très colorées mais peuvent être très simples.

Au sujet des marques, nous les choisissons selon des critères d’écoresponsabilité. Par exemple sur la production locale, l’utilisation de matière naturelle et biologique, l’utilisation de fibres recyclées ou de matières upcyclées. Nous nous assurons aussi des conditions de travails.

 

Quelles sont les perspectives d’évolution des Apprêtés ?

Notre objectif est de nous développer. Nous avons commencé la phase de recrutement. Ainsi nous souhaitons faire grandir l’équipe afin d’accroître notre offre. Nous voudrions à terme détenir une gamme qui permettrait à toute la famille de s’habiller chez les apprêtés.

 

Le mot de la fin : quelle matière préférez-vous ?

J’ai fait une belle découverte cette année avec le chanvre.

 

Anne-Claire interviendra lors des prochains Fashion Green Days online le 18 septembre prochain. Pour s’inscrire au webinaire c’est par ICI

 

Audrey

Je m’appelle Audrey, je suis actuellement étudiante à l’Edhec Business School, spécialisée en marketing. Passionnée depuis toujours par la mode, j’adore customiser et broder mes vêtements. Je suis actuellement investie dans différents projets événementiels qui contribuent à l’avancement de la mode éthique et responsable.

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Cyril Neves : Les Petits Bidons

Cyril Neves : Les Petits Bidons

Dans le cadre des prochains Fashion Green Days online sur le thème “cycle de vie et seconde-vie” en septembre, nous avons décidé d’échanger avec les professionnels de la mode qui interviendront. Pour ce cinquième rendez-vous, nous avons rencontré Cyril, le fondateur des Petits Bidons, une marque de lessive naturelle et engagée pour laver sans tout salir !

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Cyril Neves, j’ai 33 ans et je suis le fondateur de la marque les Petits Bidons. Nous avons débuté en vendant de la lessive naturelle et efficace. Cela vient vraiment d’un constat et d’une expérience personnelle. En effet, j’ai moi-même commencé par faire ma lessive maison et c’est ainsi que je suis arrivée jusqu’à la création de cette marque.

 

Quel a été le déclic pour fonder Les Petits Bidons ?

C’est dans une démarche écologique et pour pouvoir améliorer ma consommation que je me suis intéressé à la lessive. Je me suis donc demandé ce que contenaient les lessives que j’utilisais avant. Ainsi, j’ai remarqué que c’était un monde très opaque et que les ingrédients étaient très compliqués à avoir. Enfin lorsque que j’ai réussi à obtenir la liste d’ingrédients, j’ai compris pourquoi ils étaient cachés. En effet, que ce soit pour l’environnement ou notre santé, il y a beaucoup d’ingrédients utilisés dans les lessives qui sont mauvais voir toxiques.

Par conséquent, j’ai pensé qu’il était temps de créer une lessive qui soit vraiment propre et toujours efficace.

 

 

Pouvez-vous me parler plus de votre offre ?

Le cœur de nos gammes c’est la partie lessive, celle par laquelle on a commencé. Elles sont faites à partir d’ingrédients d’origines naturelles. Par exemple, 100% des parfums sont naturelles dans la formule. De plus, elles sont sans huile de palme. Effectivement, c’est l’une des choses que l’on a découvert : les lessives standards sont pleines d’huiles de palme. Nous trouvions cela absurde qu’il y ait une chasse à l’huile de palme dans de nombreux secteurs mais pas celui-là. Pourtant, c’est normal puisque les clients qui achètent de la lessive standard ne connaissent pas ses ingrédients.

En outre, il y a aussi tous les ingrédients que nous n’avons pas souhaité intégrer dans nos formules tel que les dérivés de pétrole. Nous les avons donc remplacés par des ingrédients naturels tout en gardant l’efficacité d’une lessives standard.

 

En quoi pensez-vous que votre marque Les Petits Bidons accompagne la mode circulaire ?

Actuellement, il y a beaucoup de marques qui s’inscrivent dans cette démarche écoresponsable et qui par conséquent rentrent dans cet accompagnement de la mode circulaire. De ce fait, pour que cela fonctionne bien, un des points importants consiste à bien entretenir ses vêtements. L’entretien peut se faire de nombreuses manières différentes. Chez Les Petits Bidons, nous on a choisi d’accompagner cette démarche de mode circulaire par un entretien avec des produits efficaces et naturels. Ainsi, cela permet de garder la qualité du vêtement.

 

 

Quelles sont les perspectives d’évolution des Petits Bidons ?

Actuellement, nous voulons proposer des produits mieux que ceux proposés sur le marché. C’est pourquoi, concernant l’entretien de la maison, dès que nous pourrons présenter des produits mieux que ceux qui existent déjà nous n’hésiterons pas.

De plus, nous travaillons énormément sur la partie packaging à usage. En outre, cela concerne tous les produits en vrac, plastiques recyclés, formats solides, sans emballages, zéro déchet voir compostables. C’est dans cette ligne-là qu’on s’inscrit.

En ce qui concerne l’offre en vrac, elle est disponible pour le moment dans nos locaux. Les personnes peuvent venir remplir leurs bidons sur tous les parfums. Mais nous aimerions étendre cette offre sur tous les magasins qui nous distribuent. Dans l’avancement de notre marque, nous souhaitons donc pouvoir proposer la réutilisation des bidons à nos clients.

 

Un conseil pour mieux préserver ses vêtements ?

Au sujet de la lessive, il y a un conseil très simple : il s’agit d’utiliser les bonnes doses. Cela ne sert à rien de sur-doser une machine parce que plus nous en mettons plus nous risquons d’encrasser les vêtements.

Cyril interviendra lors des prochains Fashion Green Days online le 18 septembre prochain. Pour s’inscrire au webinaire c’est par ICI

Audrey

Je m’appelle Audrey, je suis actuellement étudiante à l’Edhec Business School, spécialisée en marketing. Passionnée depuis toujours par la mode, j’adore customiser et broder mes vêtements. Je suis actuellement investie dans différents projets événementiels qui contribuent à l’avancement de la mode éthique et responsable.
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