Nathalie Dolivo ou l’art du vintage

Nathalie Dolivo ou l’art du vintage

Bonjour Nathalie Dolivo, est-ce que tu pourrais te présenter et me dire qui tu es ?

Je suis journaliste depuis une vingtaines d’années. J’ai travaillé comme grand reporter pour le magazine Elle.
Aujourd’hui, je suis rédactrice en chef du magazine Marie-Claire. Enfin, j’ai publié, en 2008, “Rétro-cool. Comment le vintage peut sauver le monde”, avec Katell Pouliquen.

Nathalie Dolivo

Pour commencer, pourrais-tu me dire ce qu’est  le vintage ?

Au sens stricte du terme, je pourrais dire “tout objet de seconde-main”. Et ils n’ont pas forcément besoin d’être vieux ! Ainsi, il existe des vêtements de 2000 et 2010 déjà considérés comme vintage.

En revanche, dans la décoration, cette notion s’avère moins souple et s’applique à des objets plus anciens.

Nathalie Dolivo

Tu as co-écrit “Rétro-cool. Comment le vintage peut sauver notre planète.” pourrais-tu m’expliquer l’origine de ce livre ?

Avec Katell, on a eu l’idée d’écrire cet essai car nous avions énormément traité ce sujet, notamment le retour des  vinyles, du papier peint ou de l’esthétique des seventies… Bref, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire (rire).

Comment le consommateur achète du vintage ?

Nous les avons appelé les rétro-cools car finalement ils s’ancrent dans une certaine modernité notamment grâce à l’utilisation des applications. En effet, le web a été un accélérateur de consommation à travers notamment des applications et plateformes comme Vestiaire Collective ou Vinted. On peut parler alors de démocratisation du phénomène.

Ensuite, la crise de subprimes, en 2008, a aussi favorisé ce mouvement. Car cela a entraîné aux USA une forte récession cumulée à un chômage de masse, d’où une consommation moins versatile et plus orientée sur le moins mais mieux.

Enfin, aujourd’hui, le vintage rencontre le développement durable, notamment chez les jeunes et adolescents. Car, pour eux, ce type de consommation rentre en synergie avec leurs aspirations sociétales. À titre de comparaison, dans les années 70, l’aspect vert n’était pas aussi présent.

Actuellement, nous sommes en pleine crise du coronavirus… Aura-t-elle un impact sur la consommation du vintage ?

Mon intuition me dit que cela va servir la cause du vintage. De la même manière que la crise des subprimes l’a fait il y a une douzaine d’années. En quelque sorte, la seconde main devient une valeur refuge. Ainsi, celle-ci permet de s’habiller moins cher et donc de continuer à consommer.

Par ailleurs, la plateforme américaine de vintage Threp UP, anticipe qu’en 2028, on consommera plus de seconde-main que de fast fashion. Cela signifie que le consommateur va délaisser un choix court-termiste pour un choix du long terme et donc durable.

Dernière question : quand tu chines où vas-tu ?

Au niveau des plateformes, j’adore Vinted ou Vestiaire Collective. En ce qui concerne les magasins physiques, j’aime les ventes au kilo chez Emmaüs Alternatives ou Kiloshop.

Et je trouve qu’acheter en boutique est une expérience assez jouissive : c’est le règne du hasard, le saut dans l’inconnu. On part sans idée préconçue, on se laisse surprendre par ses trouvailles. Je trouve cela assez poétique, dans nos millimétrées et “algorithmées”. Malgré le boom des sites en ligne, les friperies ont encore de beaux jours devant elles !

Vous pourrez retrouver Nathalie lors de notre webinaire “Seconde vie”, les 17 et 18 septembre, pour s’inscrire c’est par ici.

#FGDAYS #FGDAYS2020

Pour continuer cette déambulation dans le vintage, je vous incite la lire l‘interview de Salomé Dudemaine qui  mêle histoire de la mode et vintage.

Je suis le fondateur de MyFashionTech, une agence de conseil en communication pour le secteur de la Fashiontech.Sinon, je suis également un fan de littérature et de cinéma.
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Tape à l’œil : Benoît Mouvielle

Tape à l’œil : Benoît Mouvielle

Bonjour Benoît, pourrais-tu te présenter et nous dire qui tu es ?

Je suis d’abord un papa de 2 enfants membre d’une fratrie de 4 et originaire du Nord. Côté personnel, je suis un passionné de musique de sport de glisse et de nature. Concernant ma formation, je suis ingénieur textile.

Ensuite, j’ai commencé ma carrière en Asie, notamment en audit de production et certification qualité. En rentrant en France, j’ai créé une société de contrôle pour le marché africain. L’expérience a duré 7 ans.

Puis, j’ai rejoint Tape à l’œil pour pouvoir travailler plus en amont sur la conception du produit

Je suis chez Tape à l’œil depuis près de 3 ans maintenant ou je suis responsable qualité et leader du projet de transformation sur la partie RSE produit et responsabilité sociale des entreprises.

Justement, tu évoques Tape à l’œil, c’est quoi exactement ?

C’est une marque de mode branchée pour les enfants, fondée en 1993. L’idée c’est de proposer une mode qui soit tendance, vivantes, colorée presque un peu non conformiste. Les enfants incarnent l’énergie et cela se traduit par notre nom Tape à l’œil.

Notre leitmotiv pourrait être “Booster le talent des enfants parce qu’ils se sentent bien et se reconnaissent dans les vêtements qu’ils portent “

Mais Tape à l’œil c’est également une marque engagée, notamment par rapport à notre impact environnemental. À cet égard, nous avons engagé une transformation forte depuis plusieurs années. Notre chantier RSE fait partie intégrante de notre vision stratégique. Elle tourne autour de 5 piliers :

  • Les achats responsables (visibilité complète de notre chaîne d’approvisionnement),
  • L’éco-conception des produits,
  • La détoxification (management des substances chimiques en amont de la chaine de production)
  • Réduction de nos déchets,
  • Mesurer et optimiser notre empreinte carbone.

Comment cette crise du coronavirus a-t-elle affecté Tape à l’œil ?

Le confinement, comme pour la plupart des gens, a été une période exigeante. Si j’osais une comparaison, je dirais qu’avant nous étions sur une autoroute avec des accélérations et quelquefois des décélérations et là nous nous sommes retrouvés sur une route de campagne avec des nids de poule. Il a fallu ajuster notre process et nos organisations quasiment en temps réel et tester notre agilité.

Cette période a été aussi un accélérateur sur de nombreux projets. Cela nous a permis par exemple, de  booster nos ventes sur le web.

Les enseignements que nous en avons tirés, c’est que tout d’abord l’aspect humain s’avérait essentiel. Et que donc nous avions besoin de contact, de se voir et d’échanger. Je pense que le côté humain du commerce physique se transformera mais perdurera toujours.

Le confinement a aussi eu un effet booster sur la prise de conscience responsable et une transformation profonde des mentalités et des modes de consommation est en train de se jouer.

Je dirais que l’apprentissage s’est effectué en accéléré et cela nous permettra à l’avenir d’appréhender les périodes d’incertitude de manière plus sereine.

#FGDAYS #FGDAYS2020

Pour retrouver Benoît, lors de son live lors des FashionGreendDays du 17 et 18 septembre, les inscriptions c’est par ici.

Enfin, je vous invite à découvrir l’entretien que j’ai eu avec la créatrice Claire Dartigues.

 

Je suis le fondateur de MyFashionTech, une agence de conseil en communication pour le secteur de la Fashiontech.Sinon, je suis également un fan de littérature et de cinéma.
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Salomé Dudemaine : vintage et histoire de la mode.

Salomé Dudemaine : vintage et histoire de la mode.

Bonjour Salomé, pourrais-tu te présenter et me dire qui tu es ?

J’ai 27 ans et je suis historienne de la mode ainsi que conservatrice du patrimoine à Paris. C’est pourquoi, j’interviens auprès des archives de maisons de couture comme consultante. Ceci afin de les aider à conserver leur histoire et leur patrimoine. Cela peut être des vêtements, des archives photos ou vidéos. J’ai également intervenir en effectuant leur inventaire ou de la médiation.

Et, à côté de cela, j’ai une activité de chineuse. Ainsi, j’ai créé un compte Instagram où je vends des vêtements vintage : Mélo Rétro.

Sur ce compte, je mêle également l’histoire de la mode. Par exemple, je vais partager du contenu sur les vêtements que je chine.

Aujourd’hui, on évoque énormément le vintage mais en fait c’est quoi ?

A l’origine cela viendrait de l’œnologie et cela signifie un vin qui a bien vieilli. En d’autres termes, cela peut être appliqué à un objet qui s’est bonifié avec le temps. Bref, pour le secteur de la mode, cela veut dire un vêtement qui prend de la valeur avec le temps.

Très longtemps, le vintage a été une activité de niche avec la recherche d’une pièce unique. La valeur c’était de trouver une pièce unique, de dénicher un trésor.

Aujourd’hui, cette valeur reste forte mais elle est également couplée à une volonté de préserver l’environnement.

Enfin, il y a une dernière valeur qui m’est chère et c’est celle de l’histoire. Un vêtement vintage a vécu plusieurs histoires : sa création et la personne qui l’a porté.

Petit rappel, avant les années 70 et l’apparition du prêt-à-porter, les vêtements étaient confectionnés spécialement pour les individus. Et, ils en portent les marques : un trou, une reprise, un patchwork…

Et, il y a la valeur de l’histoire avec un grand h. Par exemple, un vêtement des années 70 permet de comprendre le contexte politique, sociale ou artistique de l’époque.

Ma définition du vintage pourrait être “un vêtement ancien qui a pris différentes valeurs avec le temps”.

Vintage

Comment le vintage interroge-t-il la création contemporaine ?

Pour les créateurs contemporains, le vintage a toujours fait partie de leur mode de création. Non seulement, on ne créé jamais rien de nulle part mais cela se matérialise par le fait que les créateurs ont recours dans leur processus créatif à des pièces vintages.

D’ailleurs, être acheteur vintage pour les bureaux de style ou maisons de mode, vont leur permettre de s’inspirer, par exemple, d’une épaulette un peu large des années 20 ou d’un zip des années 70 et de les cumuler avec une emmanchures des années 50.

Je me répète mais dans le processus créatif s’inspirer de l’ancien s’avère essentiel. D’ailleurs, aujourd’hui, il existe un débat sur la limite entre l’inspiration et le plagiat.

En outre, à mon sens, il est essentiel de savoir d’où viennent nos vêtements. Ainsi, c’est une manière d’en rappeler la valeur.

C’est pourquoi, on peut s’interroger sur la banalité de certains produits comme un tee-shirt ou un jean.

Comment aujourd’hui, les marques contemporaines s’emparent du vintage ?

Les archives en interne et l’histoire d’une maison existante favorisent le processus créatif. Par exemple, je vais parler d’une maison que je connais bien comme Chloé, qui a plus de 60 ans de créations. L’idée c’est de pouvoir permettre à un directeur artistique d’exprimer sa propre créativité tout en conservant l’identité de la maison qu’il va représenter.

Tout l’intérêt des archives consiste à créer un pont entre l’histoire de la maison et le directeur artistique ainsi que le travail créatif des directeurs artistiques précédents.

L’objectif principal d’une maison de couture sert comme une banque d’images et de données pour le bureau de style. Par exemple, on  peut retrouver un col réalisé dans les années 70 qu’on retrouve revisité actuellement en version XXL sur une blouse.

Depuis 2010, on a vu une dizaine de pôles d’archives se créer au sein des maisons de luxe et également pour le semi-luxe.

Enfin, pourrais-tu nous préciser dans quels magasins vas-tu chiner ?

Pour des créateurs, je recommande d’aller vers des endroits là où il y a le plus de choix possible comme des Guerrisol. Malgré tout, le plus intéressant reste les vide-greniers. Car, là, il va avoir des pièces vraiment anciennes.

Enfin, démarcher autour de soi s’avère également une bonne alternative.

#FGDAYS #FGDAYS2020

Vous pourrez retrouver Salomé, lors de notre webinaire “Seconde vie” les 17 et 18 septembre, les inscriptions c’est par ici.

Pour en savoir plus sur le vintage, je vous recommande l’analyse d’Annick Jehanne sur ce phénomène aux USA.

Je suis le fondateur de MyFashionTech, une agence de conseil en communication pour le secteur de la Fashiontech.Sinon, je suis également un fan de littérature et de cinéma.
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Claire Dartigues

Claire Dartigues

Bonjour Claire, est-ce que tu pourrais te présenter et nous dire qui tu es ?

Je m’appelle Claire Dartigues ; je suis entrepreneuse et designer de mode. Ma spécialité est la transformation de matière et de vêtement pour en faire des pièces nouvelles et désirables. Communément, cela s’appelle l’upcycling.

À cet effet, j’ai créé mon activité qui est divisé en deux parties. D’une part, une partie où je créé des collections sur des thèmes autour de la féminité, du sport ou de la couture.

D’autre part un studio où je promeus la réduction du gaspillage grâce à des projets créatifs, notamment auprès d’entreprise dans le bâtiment, l’hôtellerie ou la restauration.

Quel est ton point de vue sur le fait de créer une marque de mode ?

Je ne suis pas forcément en phase, car je pense qu’il existe déjà suffisamment de marques. Et, qu’il ne faut pas en rajouter.

Par contre, j’adore chez les marques le côté identitaire. Par exemple, pour ma marque, je l’utilise comme un médium d’expression. C’est pourquoi, je préfère utiliser l’expression Studio ou Label plutôt que marque. C’est pourquoi, je fonctionne comme un studio d’architecture avec des projets.

En d’autres termes, je ne suis pas des saisons ou un calendrier de prêt-à-porter.

L’industrie a été fortement impactée par le coronavirus, quel est ton sentiment par rapport à cette situation ?

Je pense surtout que l’industrie de la mode avait été déjà touchée notamment sur le fait de rendre la production de vêtement et d’accessoires plus responsables, de limiter le gaspillage et de respecter l’humain dans toute la chaîne de valeur. En plus, dorénavant, elle doit vivre avec le coronavirus.

Cette crise sanitaire a entraîné une crise économique qui touchent tous acteurs de la filière.

Par exemple, nous, en temps que jeunes créateurs, aujourd’hui, on a peu de visibilité de ce qu’on peut devenir demain. Avant, il existait une certaine linéarité et stabilité. Tandis qu’aujourd’hui cela s’avère flou. Par exemple, vendre des concept-stores, produire ou vendre en direct s’avère très compliqué.

À mon sens, il faut continuer à avancer et mettre en œuvre des choses facilement implémentables. Le côté positif de cette crise, c’est qu’elle va nous obliger à nous réinventer.

Claires Dartigues

Avec le confinement, les stocks ont été bloqués, d’où une perte de trésorerie, et dans le même temps le consommateur est de plus en plus sensible aux produits éco-responsables. Comment, aujourd’hui, concilier ces deux aspects contradictoires ?

Pour moi, il faut revenir à ce qui engendre de la valeur. Ainsi, le design, c’est une recherche d’un équilibre entre esthétique, usage et matière.

C’est pourquoi, actuellement, il y a un double challenge. Tout d’abord, garder son essence créative et, ensuite, savoir proposer aux gens des choses utiles. De manière concrète, je ne crois que cela soit pertinent de proposer une cinquantaine de pièces par saison. Mais plutôt se recentrer sur une dizaine de pièces uniques, en série limitée, avec un vrai savoir-faire.

Cela permet de mieux appréhender ce qui plaît à un client. Actuellement, on n’est plus la création de besoin. Et surtout arrêter de proposer des produits qui n’ont pas de sens.

Par extension, j’interviens également avec des entreprises sur des pièces en stock non-désirables que je vais réinventer pour le vendre.

Pourrais-tu évoquer ton actualité et tes projets dans les mois à venir ?

Le 27 septembre, à la Cité Fertile, il y aura une exposition avec UAMEP dont je m’occupe de la direction artistique. Et, à cette occasion, je vais animer un atelier de masques créatifs avec Sondès Jarraya.

Le 6 octobre, je lance une nouvelle collection dans le prolongement de mes polos couture, dans le concept store Heureux les Curieux à Paris, ainsi qu’une collaboration avec le musicien Owlite, rencontre entre la musique et l’artwear.

Claire Dartigues

Enfin, s’agissant de mon studio, je suis en train de réinventer des uniformes pour une grosse entreprise.

#FGDAYS #FGDAYS2020

Vous pourrez retrouver Claire, lors de notre évènement “Seconde Vie” le 17 et 18 Septembre, pour s’inscrire c’est .

Si vous avez apprécié l’entretien avec Claire Dartigues, je vous recommande de lire cette de Marie Ruppel, facilitatrice verte, ici.

Je suis le fondateur de MyFashionTech, une agence de conseil en communication pour le secteur de la Fashiontech.Sinon, je suis également un fan de littérature et de cinéma.
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Marie-Laure Ruppel : facilitatrice verte

Marie-Laure Ruppel : facilitatrice verte

Hello Marie-Laure, pourrais-tu te présenter et me dire qui tu es ?

Bonjour, je me définis comme une facilitatrice de projet de développement durable. À cet effet, j’accompagne des territoires et entreprises, plus particulièrement sur les sujets qui touchent à l’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité. Ces dernières années, ma passion m’a amenée à évoluer dans l’industrie de la mode et du textile.

Ainsi, j’ai effectué une mission dans la startup sociale Tale Me qui a lancé un projet de location de vêtement pour la maternité, l’allaitement et les enfants de 0 à 6 ans. Ensuite, j’ai eu une expérience dans le même secteur chez Lizee, une startup tech qui offre une solution de reverse logistique pour la location en B2B, 100% e-commerce.

Marie-Laure, quel est l’état du marché de la location de vêtements en France ?

Concernant le marché de la location de vêtements en France cela reste assez confidentiel et s’adresse plutôt à des niches de consommateurs. On voit apparaître de plus en plus d’offres de location pour la femme en majorité, pour la maternité, l’enfant et le bébé, maintenant également pour l’homme.

Ce marché se développe après un véritable boom du marché de la seconde main. Les consommateurs Français et plus généralement Européens restent encore très attachés à la notion de possession, et c’est d’autant plus vrai pour le vêtement. C’est pourquoi, je dirais que la location a encore besoin de prendre ses marques et de rencontrer son public. Les évolutions sociologiques et l’éducation du consommateur nécessitent du temps, bien que les Millenials soient déjà assez réceptifs sur le sujet.

Quant aux marques, leur stratégie est encore souvent basée sur une logique volume/coût et non pas dans une logique de service. La crise que nous traversons actuellement tend à les faire s’interroger sur leur modèle.

Facilitatrice

Marie-Laure, toi qui es une facilitatrice dans ce domaine, pourrais-tu évoquer les offres de location qui existent ?

Au niveau des offres, il existe deux grandes catégories. Tout d’abord, l’abonnement où la cliente reçoit tous les mois ou à fréquence régulière des produits en packs ou sélectionnés à la carte. Ensuite, l’offre one-shot typiquement la location d’une robe de soirée ou de cocktail pour un occasion particulière. Certains sites peuvent proposer ces deux possibilités, avec parfois une option d’achat des produits que les clients souhaitent conserver.

Dans la majorité des cas, ces offres fonctionnent pour la plupart en 100% e-commerce et la livraison, le retour et le pressing sont inclus.

Un point important par rapport à la situation sanitaire due au Covid, actuellement les loueurs doivent prouver l’hygiène irréprochable du produit. Ainsi, il existe des procédés industriels fiables et efficaces, par exemple des machines à ozone qui garantissent une hygiène optimum (bactéricide, fongicide et virucide). De plus, ce procédé permet le lavage des vêtements à basse température d’où un impact environnemental plus faible. Il est primordial que les entreprises de location fassent un travail d’information pour rassurer le consommateur.

Marie-Laure, quel est le business model de la location ?

Les rouages de ce modèle sont complexes et il faut parfois tâtonner avant de trouver le juste équilibre.

À mon sens, la location est davantage intéressante pour le haut de gamme et les produits de qualité. A la fois pour la désirabilité des produits et pour assurer la longévité de ceux-ci au fil des usages. Bien que les produits soient inspectés et réparés si besoin entre chaque envoi, la matière, les teintures et les coutures doivent être de bonne qualité pour rester dans le circuit de location. En d’autres termes, plus le produit est durable, plus le nombre moyen de locations potentielles augmente, plus cela est rentable au regard des coûts logistiques et de remise en état entre chaque location.

Dans le retail classique, lorsqu’on vend on ne gagne qu’une seule marge fixe sur un produit, tandis que dans le cas de la location on cumule les marges plusieurs fois. Il me semble que Rent The Runway, parvient à une moyenne de 15 cycles de location pour un même produit.

Pour les marques qui souhaitent tester ce modèle, au-delà de proposer à leurs clients un mode de consommation plus responsable, il peut également s’agir de collecter de la data, notamment sur l’évolution de leurs produits pour alimenter une démarche d’éco-conception.

Vous pourrez retrouver Marie-Laure, lors de nos évènements digital les 17 et 18 septembre. Ainsi, elle interviendra le vendredi 18 à 14h00 où elle évoquera “L’Expérience des entreprises pionnières de la location de vêtements” et animera également à 14h30 la table-ronde “L’offre de location, tout d’horizon et nouveautés”. Pour s’inscrire pour les FGDays, c’est par ici.

Enfin, pour en savoir plus sur la location de vêtements, nous vous invitons à lire l’interview d’Agathe Cuvelier pour Les Cachotières, là.

Je suis le fondateur de MyFashionTech, une agence de conseil en communication pour le secteur de la Fashiontech.Sinon, je suis également un fan de littérature et de cinéma.

Photo : @unsplash

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