Bilum, ceci n’est pas une bâche publicitaire mais bien un sac

Bilum, ceci n’est pas une bâche publicitaire mais bien un sac

Rencontre avec une pionnière de l’upcycling : Hélène de La Moureyre. Elle a fondé Bilum en 2005 après 10 ans de carrière trépidante dans la communication événementielle, à une époque où on ne parlait ni d’upcycling, ni de made in France !

Bilum est une maison de création qui donne une seconde vie à des matières qui finissent en principe incinérées ou enfouies parce que trop difficiles à recycler. L’entreprise les transforme – les surcycle – en sacs et accessoires, conçus et fabriqués en France.

helene de la moureyre fondatrice bilum

Portrait Hélène de la Moureyre, Fondatrice de Bilum

Comment est né Bilum ?

Hélène avait bien des raisons de lancer Bilum.

Une inclinaison très personnelle pour la création et les rencontres

Un de mes grands moteurs a été la volonté de porter un projet très créatif.

L’upcycling comme terrain de jeu

L’upcycling est un champ de créativité et de rencontres inouï où le matin je pouvais être chez LVMH (…) et l’après-midi dans une casse. C’est un grand écart délicieux.

Une histoire familiale, terreau de son engagement en faveur de l’upcycling

J’ai grandi dans une famille nombreuse et dans les familles nombreuses, on a la culture du non gâchis. Elle est très vive voire même vivace. J’ai finalement toujours appris à acheter moins mais mieux. C’est peut-être ça qui inconsciemment m’a donné envie d’aller à la rencontre d’ateliers de maroquinerie en France.

La volonté de faire quelque chose qui n‘existait pas et de le faire bien

Je n’avais pas la volonté de faire quelque chose de marketing, j’avais envie de m’amuser (…) avec sens . A l’époque, le made in France ne parlait pas à grand monde. Et, l’upcycling ne se faisait pas du tout (…) à l’échelle d’une entreprise (…). Par bon sens je n’allais pas envoyer mes matières premières récupérées en France à l’autre bout de la planète.

Bilum, un nom de marque porteur d’un vrai récit sur l’upcycling

En 2005, Hélène visite l’exposition Le Cas du Sac au Musée des arts décoratifs. Elle y découvre le bilum. Un « filet de portage » en papou, fait à l’origine en matériaux végétaux comme les écorces et que l’on trouve aujourd’hui confectionné à partir de filets de pêche. Elle en fera le nom de sa marque.

À l’origine, des méga-bâches publicitaires transformées en sac

Tout commence avec l’idée que ces grandes bâches publicitaires, dont Hélène a travaillé la mise en avant publicitaire dans une grande agence media pendant plusieurs années, peuvent encore servir au lieu de finir au rebut.

Si tout est parti des bâches publicitaires d’exception et toiles d’expositions, qui ont donné les produits phares de Bilum pendant 4 ans, l’entreprise travaille aujourd’hui plus de 20 matières différentes soigneusement sélectionnées pour leur technicité, esthétique ou encore leur histoire.

La marque les décline ainsi en une large gamme de sacs et accessoires présents sur son site internet Bilum pour la vente BtoC et BtoB via des collabs aux univers aussi différents que le Bon Marché ou Air France par exemple.

produits bilum

Des produits uniques porteurs d’une histoire

    • Des bâches Badoit transformées en sac
    • Une sacoche pour PC confectionnée dans le drapeau Français du Grand Palais pour Bill Gates
    • Des sacs conçus dans les toiles de Jouy de l’hôtel Prince de Galles
    • Une trousse tirée d’un gilet de sauvetage offerte à K.Lagerfeld…

Les motivations des acheteurs peuvent être très différentes : produit souvenir pour les uns, produit unique, patrimonial ou encore ludique pour d’autres.

J’espère que les gens qui achètent nos produits le font avant tout parce qu’ils leur plaisent.

Car Hélène fait sienne une maxime de Thierry Thouvenot :

On ne fait pas la révolution avec du concept mais du désir.

La plus grande fierté de la fondatrice de Bilum

Hélène en a plusieurs. Son choix ne devrait pas vous étonner car elle est de ces entrepreneurs engagés :

En 15 ans, nous cumulons plus de 200 000 produits confectionnés, et 4 millions d’€ de CA. Bilum est une entreprise SAS, qui paie des charges « normales » et prouve que l’on peut faire de façon alternative, tout en étant un acteur économique à part entière. L’upcycling n’est pas une gentille et naïve solution. Et surtout, nous venons d’embaucher notre 8e salarié en CDI. Bilum travaille également avec 7 ateliers dont 4 ESAT (Établissement et service d’aide par le travail qui accueille des personnes en situation de handicap) ; au total une quarantaine de personnes.

Quelles perspectives pour l’upcycling?

L’upcycling revient toujours en temps de crise, je ne peux que me réjouir qu’il y ait des initiatives partout, c’est évident, urgent, vital pour la planète.

L’upcycling explose depuis 2 ans nous explique Hélène, et ce n’est qu’un début, mais ce n’est pas sans mal : « le vrai frein est le coût ». Car upcycler exige du temps pour préparer les matières. « Pour cette trousse de toilette que l’on revend 65 €, il y a plus d’1 h 30 de travail entre le moment où on récupère la matière (…) et le moment où on la coud ». Le temps passé à préparer la matière coûte parfois même plus cher que celui de la matière neuve.

Et le choix de la confection made in France, que Bilum a toujours fait, augmente aussi le coût de production. Or les gens ne comprennent pas toujours pourquoi ça coûte si cher.

Il faudrait que les consommateurs comprennent que quand on ne paie pas la vraie valeur des choses, il y a un gros problème, social ou environnemental, à l’autre bout de la chaine.

Mais ce n’est pas ce constat qui changera les principes qu’Hélène a posé pour Bilum et qui ont forgé sa réussite.

Retrouvez le replay des Fashion Green Days « Upcycler la mode » ! Hélène y a pris la parole avec passion sur Bilum et ses engagements.

Caroline Muller

Caroline Muller

Marketeuse & business développeuse

Engagée dans le mieux produire et mieux consommer.

Blancheporte : 4 convictions engagées par Corinne Devroux

Blancheporte : 4 convictions engagées par Corinne Devroux

Avant Blancheporte, Corinne Devroux commence sa carrière chez Pimkie. Elle rejoint ensuite New Man puis La Redoute (Groupe Redcats). Au service des collections, elle affine alors ses compétences en intervenant progressivement sur l’ensemble de la chaine : conception, fabrication, sourcing et communication. Passionnée du produit, elle y développe aussi son expertise sur la marque et son positionnement.

Devenue experte de l’ensemble du processus produit, elle intègre finalement Blancheporte en 2011. Pour piloter la stratégie de l’offre d’une enseigne qui crée 90 % de ses collections mode & linge de maison, Corinne Devroux doit relever plusieurs challenges :

    • régénérer la griffe Blancheporte ;
    • revisiter les collections pour les ajuster aux envies des quinquas ;
    • maintenir le positionnement petits prix de la marque sans concession sur le style et la qualité.

En 2016, elle fait face à un nouveau défi. Le Groupe 3SI cède en effet l’enseigne. Avec Franck Duriez, Caroline Lemaire et Salvatore Spatafora, elle participe ainsi au rachat. Le pari est audacieux, d’autant plus que les 4 nouveaux associés ont choisi de préserver tous les emplois.

2 ans plus tard, le succès est au rendez-vous ! Blancheporte renoue avec la rentabilité et se hisse dans le top 10 des e-commerçants mode & maison. Depuis, l’entreprise confirme chaque année sa dynamique de croissance et investit dans des projets innovants. Le dernier d’entre eux : la conception 3D. Il est d’ailleurs animé par Corinne Devroux, tout comme l’écoconception, pilier de la stratégie RSE de l’enseigne.

blancheporte corinne devroux

Corinne Devroux de Blancheporte

Pouvez-vous revenir sur la notion de Design upcycling ?

 

Créer un produit avec les contraintes de l’upcycling nous incite à développer une démarche agile. Plus que jamais, nous devons placer la valeur d’usage au cœur de notre approche. Cela nous invite donc à travailler différemment. Il nous faut :

    • identifier dans les 2 % d’invendus les matières ré-exploitables ;
    • parler multi-matières ;
    • mettre en avant les connaissances techniques au-delà de l’entreprise (partenaires, fournisseurs, prestataires, volontaires…) ;
    • capitaliser sur les précédents tests pour miser sur les bons usages des matériaux ;
    • jouer avec les assemblages ;
    • déstructurer le produit initial, lui inventer d’autres usages et vies ;
    • transformer sa destination première, en y apportant une valeur ajoutée ;
    • exploiter les techniques à notre disposition.

En bref, nous devons faire évoluer le périmètre du produit. Les 4 mots clés qui résument notre démarche : état d’esprit, connaissances techniques, expériences (au sens expérimentation) et co-création.

 

Et la démarche expérimentale de Blancheporte ?

 

Corinne Devroux avance 4 convictions :

    • respecter l’ADN et le positionnement de marque ;
    • faire preuve de persévérance ;
    • progresser vers une mode plus responsable ;
    • fédérer autour de valeurs partagées.

 

Respecter l’ADN et le positionnement de marque

L’upcycling est une voie que nous expérimentons. Avec des experts techniques, designers, collaborateurs Blancheporte, nous avons travaillé à l’élaboration d’une collection éphémère de bagagerie légère. Nous l’avons co-créée avec la designer Flavia Redouin Innecco et le Plateau Fertile.

L’objectif était de comprendre comment offrir une seconde vie à nos invendus en réutilisant du linge de maison pour lui donner une autre destination. Nous avons alors mis au point une collection de 25 modèles, de 7 à 77 €, pour respecter l’accessibilité prix inscrite dans l’ADN de notre marque.

De ce processus apprenant, nous retenons qu’il faut :

    • veiller à diminuer les points durs ;
    • faire preuve de beaucoup de souplesse ;
    • encourager la co-création et les échanges ;
    • laisser s’exprimer l’inventivité et l’engagement de chacun ;
    • peut-être aussi imaginer une nouvelle proposition de valeur pour nos clientes avec par exemple une gamme jusqu’alors non proposée par la marque.

 

Faire preuve de persévérance

Aujourd’hui, nous engageons notre 3e expérimentation d’upcycling. Après la ligne de bagagerie légère et la collection de caleçons créée avec la marque La vie est Belt (16 pièces au prix unique de 35 €), nous développons, à nouveau avec Flavia Redouin Innecco, une gamme zéro déchet.

Elle sera lancée en octobre prochain. Avec cette gamme, nous poursuivons les tests pour définir la bonne équation économique de l’upcycling en tirant parti des expérimentations précédentes.

La collection viendra ainsi compléter nos univers produits existants. Elle sera composée de produits plus simples à fabriquer et donc plus accessibles. Il est primordiale de faire écho à notre positionnement prix. Nous la produirons enfin dans des volumes supérieurs avec l’idée de « massifier » davantage.

la vie est belt hubert motte

Blancheporte et La vie est Belt : co-création de caleçons

Progresser vers une mode plus responsable

L’upcycling s’inscrit dans la démarche RSE que nous animons depuis quelques années. Pas à pas, nous revisitons donc en profondeur nos manières de faire pour être plus vertueux.

L’écoconception de nos produits est évidemment un des leviers majeurs. Nos collections de linge de lit seront par exemple intégralement labellisées Oeko-tex® d’ici fin 2022. L’upcycling vient compléter notre démarche, en bout de chaine.

Nous ne sommes qu’au début de l’aventure ! Car upcycler impose de nombreuses contraintes et pose rapidement la question de la rentabilité du modèle. À ce stade, nous n’avons pas encore trouvé les bons équilibres, mais nous progressons à chaque expérimentation.

 

Fédérer autour de valeurs partagées

Depuis le rachat de l’entreprise en 2016, Blancheporte bouscule les schémas traditionnels. :

    • accélération du digital,
    •  co-création,
    •  intégration de l’intelligence artificielle pour réinventer le catalogue,
    •  conception 3D des collections…

 

En mode collaboratif, les équipes de l’enseigne inventent et expérimentent avec l’idée d’anticiper les transitions en cours.

Dans cette dynamique d’innovation continue, l’upcycling est un formidable révélateur de talents. Chaque expérimentation réunit des experts de différents métiers qui viennent réfléchir ensemble pour imaginer un nouveau modèle.

Dans ces travaux collaboratifs on parle bien sûr de création, fabrication, mais aussi logistique, pricing, communication, équilibre financier… Chaque collection capsule est l’occasion de développer de nouvelles coopérations au sein de nos équipes. Elle est surtout un formidable levier d’engagement des équipes, de développement des compétences et une source de fierté partagée.

 

Pour plus d’informations sur Blancheporte, retrouvez le replay de la table ronde « Les collections upcyclées pour les grandes enseignes et marques de PAP » aux Fashion Green Days « Upcycler la mode » !

Emmanuelle Bresson

Emmanuelle Bresson

Education mentoring & Retail marketing, communication consulting

 

  • CURIOSITÉ : développer la culture sectorielle et environnementale des publics apprenants
  • ENVIE : favoriser les pédagogies multi-modales et numériques tout en sobriété
  • ÉMERVEILLEMENT : contribuer au développement marketing de projets mode, à sensibilité durable
L’upcycling a désormais son festival annuel

L’upcycling a désormais son festival annuel

Après avoir passé une dizaine d’années au sein de grands groupes, Maud Biron s’est lancée dans l’entrepreneuriat au service des créateurs engagés dans une mode locale et plus responsable. C’est donc suite à un parcours dans l’univers de la mode (qui la passionne !), qu’elle a rejoint Jacques Chalvin, le fondateur du 1er festival dédié à l’upcycling en France, sur les métiers du marketing et de la communication digitale. Maud nous présente l’Upcycling Festival.

 

L’Upcycling Festival et l’approche créative

 

L’upcycling, c’est la revalorisation de l’existant.

C’est un « nouveau processus de création ». Une vraie transformation du produit, qui n’aura plus la même fonction, à partir d’objets et matériaux dont on ne se sert plus pour en faire des objets de qualité supérieure.

Il ne s’agit donc pas d’un hasard si ce festival prend ses quartiers à l’Isle-sur-La-Sorgue, dans le Vaucluse. L’endroit est une référence dans le domaine de la brocante et des antiquités. Chaque année, le Village des Antiquaires de la Gare y accueille d’ailleurs une foire internationale.

Il y a un caractère très artistique à l’Isle-sur-la-Sorgue.

Grâce à l’aura de l’Isle-sur-la-Sorgue, le monde de la brocante est déjà très ancré dans la seconde main des objets. À la genèse du festival, il y a donc la volonté supplémentaire de promouvoir la seconde vie d’objets transformés auprès d’un large public.

 

Les ambitions de la 2e édition du festival

 

Fort du succès de la 1ere édition, une 2e édition aura lieu à l’automne 2021. On y retrouvera les ingrédients qui ont fait le succès de 2020 :

    • un accès grand public,
    • un accès professionnel,
    • des conférences,
    • des tables rondes animées par des experts et des invités de marque,
    • de nombreux ateliers créatifs très prisés par les visiteurs.

 

Le tout autour d’exposants dans les domaines de l’art, de la décoration, de la mode et du design.

table ronde upcycling textile cuir festival

Table ronde sur l’upcycling du textile et du cuir

upcycling festival ateliers creatifs

Atelier créatif à l’Upcycling Festival

L’ambition est alors d’aller plus loin en 2021 et de faire de ce festival, un événement référent de l’upcycling.

Pour cette année, le festival est programmé en même temps que la foire internationale des Antiquaires. Cette dernière attire 100 000 visiteurs et plus de 100 exposants. De la seconde main à la seconde vie des objets, il n’y a qu’un pas. À ce titre, les organisateurs du festival vont guider les nombreux visiteurs.

Ils s’appuieront entre autres sur la chaîne Upcycling TV pour relayer  :

Tout ce qui se passe sur le festival puisqu’aujourd’hui les conditions sanitaires sont celles que l’on connaît (…) ce relais nous permettra de diffuser l’information plus largement qu’en présentiel.

Cette chaîne ouvrira également la porte au partage de contenu, en fil rouge, tout au long de l’année.

Au-delà de la possibilité d’exposer, des partenariats à géométrie variable sont également proposés cette année, jusqu’à une résidence créative d’upcycling pour les entreprises partenaires clés du festival.

 

Pour plus d’informations sur l’Upcycling Festival, retrouvez le replay du talk de Maud Biron et Jacques Chalvin aux Fashion Green Days « Upcycler la mode » !

 

Caroline Muller

Caroline Muller

Marketeuse & business développeuse

Engagée dans le mieux produire et mieux consommer.

UTT – KESA, la révolution de la fibre circulaire

UTT – KESA, la révolution de la fibre circulaire

Union textile de Tourcoing (UTT) est une entreprise familiale de filature et teinturerie textile. Mickaël Lemaire, ingénieur textile (ENSAIT), y travaille d’ailleurs depuis plus de 15 ans. Polyvalent et désireux d’apprendre, il a eu l’opportunité d’exercer dans différents départements de l’entreprise : achats, produits et commercial. Mickaël est aujourd’hui responsable RSE chez UTT Yarns.

Ainsi, les usines de transformation filent et transforment les fibres textiles à la demande, pour des quantités allant de 40 à 800 kg. Aucune surproduction, la teinture est automatisée et rapide. Les équipes d’UTT répondent alors aux besoins des différents acteurs de l’industrie. Elles travaillent donc main dans la main avec marques, tricoteurs et tisserands.

 

L’écoresponsabilité, un sujet clé chez UTT

 

Depuis plus de 10 ans, UTT a pris les devants de l’industrie textile pour avancer sur les démarches écoresponsables :

    • utilisation de l’eau en circuit fermé : issue essentiellement de leur propre station de recyclage des eaux de teinture (SPHERE),
    • économies d’eau,
    • coton certifié GOTS depuis 2017.

 

À la tête de l’entreprise : Gregory et Denis Marchant, 7e génération dans le textile.

Engagés et innovants, ils ont accueilli l’initiative de Mickaël à bras ouverts. En effet, il y a 5 ans, ce dernier a suggéré un projet de réutilisation et recyclage de fibres textiles afin de réduire l’impact du secteur sur l’environnement.

Depuis, le département R&D d’UTT travaille sur le sujet via le programme collaboratif CAREFIL, avec l’IFTH et le Relais, soutenu par Re_Fashion. En France, 210 000 tonnes de textiles et chaussures usagés ont été collectés et triés en 2016 (source ADEME). Autant de déchets qui pourraient être considérés comme de la matière première, permettant d’éviter la production de nouvelles matières.

 

Le programme CAREFIL

 

Le programme CAREFIL porte sur l’optimisation de la qualité des fils issus de la filière recyclage des vêtements. En effet, le fil obtenu a des caractéristiques différentes d’un fil composé de matières vierges. Les fibres qui le composent sont effectivement plus courtes.

À travers ce programme, UTT cherche à optimiser la solidité de ces fibres recyclées pour obtenir un fil de qualité. Dans le but d’améliorer leur durée de vie et valoriser leur utilisation,  les usines de transformation mélangent différentes fibres.

Demain, nos vêtements pourront donc être entièrement conçus en France, avec de la matière recyclée en France.

UTT Yarns a bien compris les enjeux du textile de demain :

    • réduction de l’impact carbone,
    • réutilisation de matière,
    • diminution des déchets.

 

La fibre n’est plus vouée à une utilisation sur un produit unique, mais peut être récupérée, recyclée, retravaillée pour devenir un nouveau vêtement de qualité.

infographie upcycling jeans

Processus d’upcycling des jeans

La collection KESA

 

Grâce à ces innovations, UTT propose aujourd’hui entre autres dans la collection KESA, un fil de qualité, fabriqué localement et issu de matières recyclées. Ce fil est une véritable révolution pour la mode circulaire ! Aux 25 % de fibres de jeans recyclés, viennent s’ajouter du polyester recyclé (50 %) et du Lyocell (25 %), qui permettent d’avoir une fibre plus solide. Par ailleurs, ce nouveau fil peut lui aussi être teint chez UTT, et finalement nourrir la créativité au niveau des coloris.

Tout un programme pour réinventer la mode et relocaliser sa production !

 

upcycling jeans kesa utt

Jeans KESA

Retrouvez le replay de l’intervention de Mickaël aux Fashion Green Days « Upcycler la mode ».

 

Domitille de Laguierce

L’Upcyclerie : l’agence d’upcycling d’après Sylvie Bétard

L’Upcyclerie : l’agence d’upcycling d’après Sylvie Bétard

Trier et recycler ses déchets de manière personnel au sein de son foyer c’est bien, mais le gros du problème vient surtout des déchets industriels qui sont produits en quantité astronomique, sans réflexion autour du cycle de vie après utilisation. Ce sont toutes ces questions que se pose Sylvie Bétard, la fondatrice de L’Upcyclerie. Sa mission ? Accompagner les entreprises dans la revalorisation de leurs déchets. Découvrez le fonctionnement de son entreprise dans cette interview.

 

Comment avez-vous l’idée du projet L’Upcyclerie ?

 

J’ai fait des études en théorie de l’art contemporain. Ce parcours m’a amené à me questionner sur la relation entre art et écologie. J’ai voulu concrétiser ça, en sortant de mes études, en co-fondant «  La Réserve des arts » en 2008. Le but de ce projet était de faciliter le réemploi dans le secteur culturel et dans l’industrie, en Île-de-France, en créant une plateforme logistique.

4 ans plus tard, en 2012, j’ai quitté l’association. J’ai alors créé la première version de l’Upcyclerie pour continuer à accompagner les entreprises dans la valorisation de leurs déchets. Il était plus question de sensibilisation que d’une réelle démarche d’économie circulaire. Ce mot n’existait d’ailleurs pas vraiment à l’époque.

Puis, j’ai mis de côté l’Upcyclerie car j’avais monté une boutique en ligne « La Petite Papeterie Française » qui fonctionnait très bien et qui me prenait tout mon temps. Je pense aussi que mon offre d’accompagnement n’était pas en phase avec les besoins des entreprises.

En 2019, pour plusieurs raisons, j’ai dû fermer la papeterie. Cependant, j’ai tout de suite été contacté par une grande maison de maroquinerie française et je leur ai donc proposé de réfléchir à leurs déchets textiles pour la fabrication d’un papier. C’est comme ça que j’ai relancé la deuxième version de l’Upcyclerie !

sylvie betard fondatrice lupcyclerie

Portrait de Sylvie Bétard, fondatrice de L’Upcyclerie

Vous travaillez avec des gros industriels du luxe. Comment trouvez-vous vos clients ? 

 

La plupart du temps, je propose l’idée. Je vais vers les marques qui font partie de mon réseau.

 

Quels sont les blocages face à l’upcycling ? Quelle(s) transition(s) sont-ils capable d’accepter ?

 

Le plus gros blocage que je rencontre se trouve entre la proposition de solution (la création de matière par exemple) et leur mise en place réelle. Ce frein vient de plusieurs choses.

Essentiellement, de la gouvernance et des systèmes d’organisation de l’entreprise qui ne sont pas forcément fait pour la transversalité. Pour reprendre mon exemple avec cette grande maroquinerie française, mon interlocuteur n’est pas directement la RSE mais une direction produit. Concrètement, il faut faire en sorte que ce papier puisse être utilisé par un certain nombre de services et de départements. Il faut donc organiser cette transversalité pour qu’il y est un vrai impact et qu’on puisse vraiment utiliser cette matière.

J’ai observé un autre frein. Qui est le budget alloué à la revalorisation des déchets. Par exemple, une grande marque de vêtements a décidé d’arrêter le plastique et de remplacer tous ses cintres en polystyrène expansé. Il y a donc un million cinq de cintres, partout dans le monde, à valoriser ; ce qui demande beaucoup de recherches pour faire des propositions viables. Et ça, c’est quelque chose qui n’a pas du tout été intégré par la marque dans la problématique « on arrête les cintres ». Ils n’ont pas pensé au budget pour leur revalorisation.

La prise de conscience peut difficilement avoir lieu quand les entreprises n’ont pas leurs propres usines de production. Quand on fabrique à l’autre bout de la planète, on n’a pas idée de ce qui est jeté. C’est toute la question du circuit court dans la mode. Il plus facile pour les maisons de luxe de se lancer dans l’upcycling et dans la revalorisation de leur matière parce que la plupart produisent en France.

mobilier upcycle

Mobilier crée à partir de déchets des élections municipales

Changer pour une image de marque éco-responsable, ne se fait-il pas aux dépends de l’écologie ?

 

Effectivement, vouloir changer et remplacer, nécessite d’abandonner, de jeter. C’est pourquoi, je travaille vraiment dans la circularité de la matière. Je demande toujours à mes clients quels sont leurs besoins : en magasins, dans les bureaux et sur les sites logistiques. Est-ce qu’on peut transformer ces cintres pour faire de la scénographie dans les vitrines ou en boutiques ? Est-ce qu’on peut fabriquer un objet qui aurait du sens (vendre en boutique, goodies clients…) ? Cependant, quand l’idée est clairement de supprimer ce plastique des boutiques, on ne veut plus le voir du tout. Que faire ? Ils en sont responsables, si c’est pour l’envoyer ailleurs, ça ne marche pas.

Il pourrait y avoir un travail de communication comme informer la clientèle du remplacement des cintres, au fur et à mesure qu’ils se détériorent, par des cintres fabriqués avec une matière plus responsable.

Effectivement, je pense qu’il y a une idée d’image de marque.

Ma mission est de faire prendre conscience à l’entreprise que chaque déchet a une valeur et peut devenir une ressource. Si on réfléchit bien à ce qu’il peut devenir, on rentre dans une politique zéro déchet. Ni plus ni moins, la volonté de 250 marques lors du G7 avec la signature du Fashion Pact.

 

dechets papier upcycling

 

Comment donnez-vous vie à ces projets ? Qu’en est-il des usines capables de revaloriser ces matières ?

 

Mon rôle est justement de faire une veille sur ces solutions, de coordonner le projet pour qu’il se passe le mieux possible, qu’il soit le plus local possible. Je recherche des entreprises capables de réaliser et de développer le projet pour répondre au mieux aux besoins de mon client.

Cela nécessite de trouver des start-ups innovantes, qui proposent des solutions de revalorisation innovante notamment sur le plastique, ou des industriels déjà implantés qui souhaitent intégrer de l’expérimentation dans leur process.

 

Pourquoi avez-vous accepté l’invitation aux Fashion Green Days ?

 

J’ai accepté de participer à cette réflexion commune sur les méthodes de production, dans un secteur qui veut améliorer ses pratiques.

Si je peux partager ma petite expérience sur ce que je fais avec mes clients. Si ça peut inspirer, susciter des envies et aussi apporter de la positivité. On se dit souvent que c’est laborieux, qu’il faut tout changer, que c’est impossible. Il y a tellement d’initiatives et de choses qui bougent, il faut les partager !

 

 

Retrouvez le replay de l’intervention de Sylvie aux Fashion Green Days « Upcycler la mode » !

 

Louise Marcaud

Louise Marcaud

Jeune créatrice

 

Jeune créatrice de mode, mes valeurs sont basées sur l’upcycling et la slow fashion qui m’inspire une esthétique minimaliste. Retrouvez tout mon univers sur www.louisemarcaud.com