Rencontre avec une pionnière de l’upcycling : Hélène de La Moureyre. Elle a fondé Bilum en 2005 après 10 ans de carrière trépidante dans la communication événementielle, à une époque où on ne parlait ni d’upcycling, ni de made in France !

Bilum est une maison de création qui donne une seconde vie à des matières qui finissent en principe incinérées ou enfouies parce que trop difficiles à recycler. L’entreprise les transforme – les surcycle – en sacs et accessoires, conçus et fabriqués en France.

helene de la moureyre fondatrice bilum

Portrait Hélène de la Moureyre, Fondatrice de Bilum

Comment est né Bilum ?

Hélène avait bien des raisons de lancer Bilum.

Une inclinaison très personnelle pour la création et les rencontres

Un de mes grands moteurs a été la volonté de porter un projet très créatif.

L’upcycling comme terrain de jeu

L’upcycling est un champ de créativité et de rencontres inouï où le matin je pouvais être chez LVMH (…) et l’après-midi dans une casse. C’est un grand écart délicieux.

Une histoire familiale, terreau de son engagement en faveur de l’upcycling

J’ai grandi dans une famille nombreuse et dans les familles nombreuses, on a la culture du non gâchis. Elle est très vive voire même vivace. J’ai finalement toujours appris à acheter moins mais mieux. C’est peut-être ça qui inconsciemment m’a donné envie d’aller à la rencontre d’ateliers de maroquinerie en France.

La volonté de faire quelque chose qui n‘existait pas et de le faire bien

Je n’avais pas la volonté de faire quelque chose de marketing, j’avais envie de m’amuser (…) avec sens . A l’époque, le made in France ne parlait pas à grand monde. Et, l’upcycling ne se faisait pas du tout (…) à l’échelle d’une entreprise (…). Par bon sens je n’allais pas envoyer mes matières premières récupérées en France à l’autre bout de la planète.

Bilum, un nom de marque porteur d’un vrai récit sur l’upcycling

En 2005, Hélène visite l’exposition Le Cas du Sac au Musée des arts décoratifs. Elle y découvre le bilum. Un « filet de portage » en papou, fait à l’origine en matériaux végétaux comme les écorces et que l’on trouve aujourd’hui confectionné à partir de filets de pêche. Elle en fera le nom de sa marque.

À l’origine, des méga-bâches publicitaires transformées en sac

Tout commence avec l’idée que ces grandes bâches publicitaires, dont Hélène a travaillé la mise en avant publicitaire dans une grande agence media pendant plusieurs années, peuvent encore servir au lieu de finir au rebut.

Si tout est parti des bâches publicitaires d’exception et toiles d’expositions, qui ont donné les produits phares de Bilum pendant 4 ans, l’entreprise travaille aujourd’hui plus de 20 matières différentes soigneusement sélectionnées pour leur technicité, esthétique ou encore leur histoire.

La marque les décline ainsi en une large gamme de sacs et accessoires présents sur son site internet Bilum pour la vente BtoC et BtoB via des collabs aux univers aussi différents que le Bon Marché ou Air France par exemple.

produits bilum

Des produits uniques porteurs d’une histoire

    • Des bâches Badoit transformées en sac
    • Une sacoche pour PC confectionnée dans le drapeau Français du Grand Palais pour Bill Gates
    • Des sacs conçus dans les toiles de Jouy de l’hôtel Prince de Galles
    • Une trousse tirée d’un gilet de sauvetage offerte à K.Lagerfeld…

Les motivations des acheteurs peuvent être très différentes : produit souvenir pour les uns, produit unique, patrimonial ou encore ludique pour d’autres.

J’espère que les gens qui achètent nos produits le font avant tout parce qu’ils leur plaisent.

Car Hélène fait sienne une maxime de Thierry Thouvenot :

On ne fait pas la révolution avec du concept mais du désir.

La plus grande fierté de la fondatrice de Bilum

Hélène en a plusieurs. Son choix ne devrait pas vous étonner car elle est de ces entrepreneurs engagés :

En 15 ans, nous cumulons plus de 200 000 produits confectionnés, et 4 millions d’€ de CA. Bilum est une entreprise SAS, qui paie des charges « normales » et prouve que l’on peut faire de façon alternative, tout en étant un acteur économique à part entière. L’upcycling n’est pas une gentille et naïve solution. Et surtout, nous venons d’embaucher notre 8e salarié en CDI. Bilum travaille également avec 7 ateliers dont 4 ESAT (Établissement et service d’aide par le travail qui accueille des personnes en situation de handicap) ; au total une quarantaine de personnes.

Quelles perspectives pour l’upcycling?

L’upcycling revient toujours en temps de crise, je ne peux que me réjouir qu’il y ait des initiatives partout, c’est évident, urgent, vital pour la planète.

L’upcycling explose depuis 2 ans nous explique Hélène, et ce n’est qu’un début, mais ce n’est pas sans mal : « le vrai frein est le coût ». Car upcycler exige du temps pour préparer les matières. « Pour cette trousse de toilette que l’on revend 65 €, il y a plus d’1 h 30 de travail entre le moment où on récupère la matière (…) et le moment où on la coud ». Le temps passé à préparer la matière coûte parfois même plus cher que celui de la matière neuve.

Et le choix de la confection made in France, que Bilum a toujours fait, augmente aussi le coût de production. Or les gens ne comprennent pas toujours pourquoi ça coûte si cher.

Il faudrait que les consommateurs comprennent que quand on ne paie pas la vraie valeur des choses, il y a un gros problème, social ou environnemental, à l’autre bout de la chaine.

Mais ce n’est pas ce constat qui changera les principes qu’Hélène a posé pour Bilum et qui ont forgé sa réussite.

Retrouvez le replay des Fashion Green Days « Upcycler la mode » ! Hélène y a pris la parole avec passion sur Bilum et ses engagements.

Caroline Muller

Caroline Muller

Marketeuse & business développeuse

Engagée dans le mieux produire et mieux consommer.

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