Dans le cadre des prochains Fashion Green Days online sur le thème “cycle de vie et seconde-vie” en septembre, nous avons décidé d’échanger avec les professionnels de la mode qui interviendront. Pour ce quatrième rendez-vous, nous avons rencontré Camille, la créatrice de Second Sew, une boutique en ligne de vêtements éco-responsables confectionnés à partir de tissus revalorisés pour les bébés et enfants.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Camille, j’ai fondé Second Sew en fin d’année 2018. J’ai créé cette marque après avoir travaillé en agence de communication puis en association humanitaire.

Lors de l’arrivée de ma fille, je cherchais à pouvoir l’habiller de manière éthique et responsable. Mais en regardant ce qu’il y avait comme proposition sur le marché, au-delà de la seconde-main en tant que telle, je n’ai pas trouvé de proposition qui me satisfaisait réellement. Il y avait énormément de proposition en coton biologique mais cela restait de la production de matières premières. A cette période, je faisais beaucoup de couture par moi-même. De plus mon conjoint étant antiquaire, j’avais déjà la passion des tissus anciens à travers lui. Tout s’est donc combiné ensemble et c’est comme cela que j’ai créé Second Sew.

 

Pourquoi avoir choisi de se spécialisé dans le vêtement pour enfant ?

Cela venait d’un besoin que j’avais moi-même c’est-à-dire de trouver des vêtements qui puissent répondre à mes critères de sélection. Je ne voulais pas de vêtements faits à partir de matières premières produites spécialement pour eux. Donc c’est ainsi que je suis partie sur le vêtement enfant car j’en avais le besoin pour ma fille.

Ensuite j’ai continué dans cette voie car je me suis rendue compte que je n’étais pas le seul parent à chercher ce style d’initiative.

De plus, à mon sens les enfants sont le point de départ des changements de mode de consommation.  Cela me semblait « bizarre » de les exclure de la mode éthique puisqu’ils sont vraiment à l’origine des ces changements. Et nous les parents, devons les aider et accompagner pour leur faire prendre conscience de ce qu’il y a derrière un vêtement. Je sais que l’on parle là de bébé et d’enfants, mais selon moi il n’est jamais trop tôt pour être habitué aux bons gestes, donc c’est pour cela aussi que je suis partie sur de la mode pour petits.

 

 

Quelle distinction faites-vous entre l’upcycling et la seconde-main ?

La seconde-main de mon point de vue, c’est vraiment le vêtement tel quel, qui va avoir été porté et que l’on va revendre ou donner aux autres enfants de la fratrie. C’est très bien et je fonctione aussi comme cela avec ma fille.

L’upcycling, c’est vraiment le fait de créer un nouveau vêtement à partir d’une matière existante.

En effet, je remarque que mes clients ne voient pas un vêtement de seconde-main mais un vêtement neuf, qui a eu une histoire. C’est là que je fais la distinction entre upcycling et seconde-main mais les deux sont complémentaires. La garde-robe parfaite comme je dis souvent c’est 70% seconde main et 30% second sew.

 

En quoi Second Sew constitue une avancée dans la mode circulaire ?

Selon moi, Second Sew ne représente pas du tout une avancé parce que je n’ai rien inventé. J’ai même envie de dire que c’est plutôt un retour aux sources, c’est ce que nos grands-mères et arrière-grand-mère faisaient. Et ce que font beaucoup de personnes depuis toujours. Donc Second Sew, permet aussi de proposer aux personnes qui n’ont soit pas les compétences soit le temps, de faire des vêtements. Donc ce n’est pas avancée mais juste un retour à l’essentiel.

 

 

Quel futur pour Second Sew ?

J’espère que cela va permettre aux parents de prendre en considération dès le plus jeune âge la garde-robe de leurs enfants. Par ailleurs, je me rends compte que les clients de ma boutique ne sont pas forcément sensible à la mode éthique mais qu’ils trouvent les vêtements beaux. Et ils vont donc se pencher sur la problématique de la mode éthique. C’est ce que je recherche à travers Second Sew, sensibiliser les personnes à ces thématiques. Je souhaite que Second Sew devienne un « réflexe » pour habiller son enfant et son bébé et pourquoi pas élargir la tranche d’âge à laquelle sont destinés les vêtements, puisque pour l’instant la limite est de 4 ans.

 

Le mot de la fin : quelle pièce vous trouvez indispensable pour le vestiaire pour enfant ?

Une pièce dans laquelle l’enfant est vraiment à l’aise dans ses mouvements : le sarouel. C’est un pantalon ample comme ceux que je propose. Les parents peuvent l’enlever et le mettre facilement, mais les enfants aussi peuvent l’utiliser quand ils apprennent à s’habiller. Un vêtement mixte donc dans lequel l’enfant est à l’aise, où il peut bouger et qui s’adapte à la croissance de l’enfant.

Camille interviendra lors des prochains Fashion Green Days online le 17 septembre prochain. Pour s’inscrire au webinaire c’est par ICI

 

Audrey

Audrey

Je m’appelle Audrey, je suis actuellement étudiante à l’Edhec Business School, spécialisée en marketing. Passionnée depuis toujours par la mode, j’adore customiser et broder mes vêtements. Je suis actuellement investie dans différents projets événementiels qui contribuent à l’avancement de la mode éthique et responsable.

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