Dans le cadre des prochains Fashion Green Days online sur le thème “cycle de vie et seconde-vie” le 17 et 18 septembre, nous avons décidé d’échanger avec les professionnels de la mode qui interviendront. Pour ce quatrième rendez-vous, nous avons rencontré Camille, la créatrice du concept Greendy Pact, une boutique d’échange de vêtements à Lille. 

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Camille Courmont, j’ai 32 ans. J’ai fait un master en communication puis j’ai commencé à travailler en tant que chargé de communication notamment sur la prévention des cancers. Par la suite, j’ai été consultante en communication dans une agence. Cela m’a amené à accompagner les distributeurs de la région sur leurs stratégies de transformation managériale et aussi digitale. Ainsi, cela m’a permis de mieux appréhender les nouvelles attentes des clientes d’aujourd’hui, que ce soit au niveau du digital mais aussi des valeurs que dois porter une entreprise. Par conséquent, ces expériences m’ont été utiles à la création de Greendy Pact.

 

Qu’est-ce qui t’as donné le déclic de fonder Greendy Pact ?

J’ai toujours eu envie d’entreprendre, il ne me manquait que l’idée. En effet, à la fois je désirais prendre un virage professionnel. Mais de plus, je commençais à avoir une prise de conscience écologique, notamment par rapport la mode. J’étais une grande consommatrice de mode, je passais mes pauses déjeuner à faire du shopping. Pour autant, il s’agissait bien plus de shopping compulsif ou thérapeutique que parce que je nécessitais réellement de nouveaux vêtements.

C’est pourquoi, je me suis renseignée sur l’impact écologique de la mode. Ainsi, je me suis demandé comment répondre au besoin de faire du shopping sans pour autant dépenser des sommes astronomiques dans des produits pas forcément très éthiques.

 

 

Pouvez-vous me parler du concept de Greendy Pact ?

C’est un service d’échange de vêtements de seconde-main pour les femmes et enfants de 0 à 6 ans. De plus, les accessoires (exceptés les chaussures) sont disponibles depuis la rentrée. L’objectif consiste à capitaliser les ressources que l’on a déjà dans nos dressings, afin de les échanger et s’offrir ainsi de nouvelles pièces de seconde-main.

Notre offre se divise en deux parties : La boutique physique qui est le lieu d’échange de toutes ces pièces de seconde-main. Par conséquent, les clients apportent leurs vêtements et en échange ils récupèrent des greendies, c’est la monnaie virtuelle de la boutique. Tous les vêtements femme valent un greendy, qu’importe la taille, la marque ou la catégorie exceptés les manteaux qui en valent 3. Quant aux vêtements pour enfants, ils valent 0,5 greendies. En outre, la volonté de Greendy Pact est de supprimer la valeur financière d’un vêtement pour remettre au cœur du système l’usage qu’il en est fait. Si j’ai une robe, peu importe la marque, si je ne la porte plus, autant qu’elle fasse plaisir à quelqu’un d’autre. Ainsi, de mon côté je pourrais prendre une pièce à ma taille et qui me plaira d’autant plus.

Ensuite, il a toute la partie digitale. En effet, je pense que l’éducation du client sur les nouveaux modes de consommation est primordiale. C’est pourquoi j’ai créé un parcours ludique et éducatif en parallèle de la boutique. C’est-à-dire qu’à partir du moment où une cliente commence ces premiers échanges, elle va récupérer des points. Ceux-ci vont lui permettre d’obtenir des badges et des récompenses. Mais surtout, elle va pouvoir recevoir des informations sur l’impact positif que procure ses échanges. Le but consiste à valoriser le geste écoresponsable que les clients font quand ils viennent échanger des vêtements. Ainsi, chaque client détient un compteur écoresponsable en ligne qui comptabilise le nombre de litre d’eau qu’il économise en échangeant des vêtements.

 

 

 

Pourquoi avoir choisi de se centrer sur l’échange de vêtement ?

J’ai choisi l’échange de vêtements pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour lever les contraintes de la seconde-main notamment sur les plateformes d’achat/vente en ligne. En effet, lorsque nous souhaitons vendre des vêtements d’entrée de gamme, ceux-ci ne sont pas toujours financièrement rentables. Nous passons beaucoup de temps pour prendre des photos, rédiger des annonces, répondre aux questions et les frais de port deviennent de plus en plus élevés. Au final, nous préférons ne pas vendre ces pièces. C’était une contrainte que je cherchais à lever par le biais de ma boutique. Ce sont effectivement des ressources dont nous disposons et dont nous n’avons plus besoin, alors autant s’en servir pour récupérer d’autres choses.

Dans ce sens, l’échange me semble la solution la plus circulaire. Il permet d’éviter l’accumulation d’habits en obligeant à faire un tri pour renouveler son dressing.

 

 

Quelles sont les perspectives d’évolution de Greendy Pact ?

J’espère pouvoir ouvrir d’autres points d’échange et ainsi proposer cette alternative à la consommation à de plus en plus de monde.

 

Le mot de la fin : quelle est la pièce indispensable de votre dressing ?

Le jean bien taillé que l’on peut mettre en toutes circonstances et avec tout.

 

Camille interviendra lors des prochains Fashion Green Days le 18 septembre prochain. Pour s’inscrire au Webinaire c’est par ICI

 

 

 

Audrey

Je m’appelle Audrey, je suis actuellement étudiante à l’Edhec Business School, spécialisée en marketing. Passionnée depuis toujours par la mode, j’adore customiser et broder mes vêtements. Je suis actuellement investie dans différents projets événementiels qui contribuent à l’avancement de la mode éthique et responsable.

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