Revive Clothing Lab, l’upcycling avec style !

Revive Clothing Lab, l’upcycling avec style !

Yolande Klaassen est une passionnée de mode. Britannique et néerlandaise d’origine, elle s’installe en France il y a 28 ans pour démarrer une carrière dans le textile. Elle a passé 25 ans dans des grands groupes de cet univers avec un parcours orienté produits et business, dans le commerce de gros et de détail, en France et à l’international. Elle a également vécu 8 ans en Russie.

En 2019, elle fait le choix de l’entrepreneuriat et crée Revive Clothing Lab, portée par sa passion, son savoir-faire et sa volonté de « toujours me sentir utile à la société et surtout ce secteur » de la mode. Elle raconte cette belle aventure avec beaucoup de passion.

yolande klaassen fondatrice revive clothing lab

Yolande Klaassen, fondatrice de Revive Clothing Lab

La démarche Revive Clothing Lab

 

Nous redonnons une seconde vie à de beaux vêtements, invendus ou obsolètes.

« Lab » parce que c’est une démarche de recréation qui repose sur la confection de pièces uniques, tendances, à partir de vêtements existants.

collection vêtements revive clothing lab

Collection Revive

Le concept se décline en services aux particuliers et aux entreprises, disponibles pour la femme à ce jour :

    • à partir des invendus soigneusement choisis pièce par pièce et rachetés au sein de boutiques multimarques, Revive Clothing Lab réinvente et recrée des pièces uniques. C’est la collection Revive vendue sur le site de la marque ou dans les pop-up store comme au Printemps de Lille. Une démarche créative complète : « parfois on utilise une jupe pour faire le dos d’un blouson, les volants d’une jupe pour faire les manches d’une robe » ;
    • cela peut aussi prendre la forme BtoB d’une collection capsule développée pour une boutique qui a besoin de revaloriser ses invendus. Revive Clothing Lab rajoute par exemple un élément couture pour redonner de l’attractivité aux pièces qui n’ont pas trouvé preneuse ;
    • il existe également pour les particuliers, un service de transformation de pièces personnelles que l’on veut relooker.

revive clothing lab collection vêtements

Collection Revive : manteau court réalisé à partir d’un manteau long en laine et une veste en denim

Quel que soit le choix de service, Revive Clothing Lab a un crédo : faire du beau durable. Yolande et ses équipes travaillent de « l’upcycling premium », le style est alors un prérequis à leur travail.

 

À la genèse, une vraie passion pour la mode circulaire

 

Très souvent, l’entrepreneuriat est inspiré d’un vécu. Et Yolande a été particulièrement marquée par les soucis liés aux invendus dans sa carrière. Mais aussi par son parcours chez Timberland, marque pionnière en matière de RSE, qui lui a appris à mieux faire du business. Ce choix de la mode circulaire a également été guidé par ses goûts personnels.

Je voulais me projeter dans une démarche anti-gaspillage. Depuis toute petite, j’ai toujours adoré les fringues. Je garde les belles pièces, je les modifie un petit peu et je les ressors. Ça a toujours été mon truc de faire des vêtements avec ceux qui existent déjà !

Ce qui a fini de la convaincre : elle constate qu’en matière de mode circulaire, il y avait déjà beaucoup de propositions à partir de l’utilisation des fins de rouleaux, mais beaucoup moins autour de la transformation de vêtements existants.

 

Une démarche ultra locale à Lille

 

Lille a un vrai héritage textile. Je suis du Nord de l’Angleterre, donc c’est quelque chose qui me touche beaucoup. Il y a d’ailleurs un bouillonnement autour de la renaissance du textile et des startups dans cette région.

Yolande a donc monté un « éco système ultra local mutuellement bénéfique » entre des commerçants lillois indépendants qui n’ont pas le débouché des magasins d’usines pour gérer leurs problématiques d’invendus, les petits ateliers de coutures et enfin, les stylistes touchés par la crise.

 

Qui sont les clientes ?

 

Des femmes plutôt entre 25 et 45 ans, actives, qui ont des convictions. Pour leur dressing, elles veulent allier style et convictions écologiques sans compromis.

Ce qui est génial c’est que l’on touche aussi des plus jeunes qui adhèrent au concept mais doivent composer avec leur pouvoir d’achat. Elles iront donc plus sur des achats cadeaux. Notre façon de vendre n’est pas transactionnelle : les clientes achètent un produit qui a un « bagage », qui est unique ou quasi unique, plus local, anti-gaspillage, avec de vraies valeurs. C’est tout cela qui résonne.

 

Les perspectives d’avenir de la marque de vêtements upcyclés

 

L’upcycling est dans l’air du temps car les gens veulent faire des économies. ils cherchent aussi une expression individuelle.

Les débuts de Revive Clothing Lab sont en effet très prometteurs. Une campagne de crowdfunding a été bouclée avec succès fin 2020. Le pop-up du Printemps est également une réussite. Et le potentiel n’existe pas que pour la femme. « Ladies first » comme Yolande le dit dans sa langue maternelle mais les hommes auront aussi droit à leur collection à partir de 2022. La demande est là et l’équipe de Yolande a un savoir-faire en mode masculine.

Mais pour faire bouger les lignes et développer la mode circulaire, il faut aussi parvenir à changer d’échelle en production. À la question, le changement d’échelle de l’upcycling, est-il possible ? Yolande répond : « oui, mais avec intelligence … ».

 

Retrouvez Yolande en mars pour l’événement « Upcycler la mode » !

 

Caroline Muller

Caroline Muller

Marketeuse & business développeuse

Engagée dans le mieux produire et mieux consommer.

Reiner : la marketplace de l’upcycling

Reiner : la marketplace de l’upcycling

À l’occasion des Fashion Green Days « Upcycler la mode » qui se dérouleront le 25 et 26 mars 2021, je suis accueillie par Justin l’un des 2 cofondateurs de la marketplace Reiner. C’est accompagnée d’un café et de chouquettes que je l’ai interrogé pour en savoir un peu plus sur la plateforme, leur engagement et vision de l’upcycling.

 

Reiner : qu’est-ce que c’est ?

 

Reiner, c’est la première marketplace upcycling qui réunit et accompagne les créateurs de mode upcycling.

Le projet est né d’une volonté de réunir des créateurs avec un savoir-faire unique autour de l’upcycling et de les accompagner dans des problématiques, au-delà de la vente, qui s’étendent du sourcing à la distribution mais aussi l’image de marque.

La marketplace est née à la fin du 1er confinement et le site est officiellement ouvert depuis le 4 septembre 2020. Cela fait par ailleurs 2 ans que nous pensons au projet.

J’ai rencontré Ben, mon collaborateur, il y a 3 ans. Il avait une marque de vêtements streetwear et moi je faisais de la photo. J’ai shooté pour lui. Nous avons tout de suite bien accroché. Il est intelligent, créatif et travailleur. Le constat fut sans appel : nous avons réalisé que beaucoup d’artistes autour de nous – dans la musique, la peinture, le design – avaient du mal à se vendre auprès des entreprises. Comme le sentiment qu’ils étaient incompris quand nous avions la chance d’avoir cette double casquette. Il fallait absolument les aider à se réunir pour pouvoir signer des contrats. Ben était à l’époque chef de projet e-commerce chez Guerlain et moi, j’étais business analyst dans une société d’étude de marché.

Notre ambition est de proposer une sélection de pièces de mode avant de vendre de l’éco-responsable dans notre discours. C’est très important. La dimension créative est au cœur de notre projet, c’est ce qui nous anime.

fondateurs reiner upcycling

Ben & Justin, les fondateurs de Reiner

 

L’avantage qui est aussi l’inconvénient d’une marque upcycling c’est la rareté de la pièce.

Quelles sont les difficultés à commercialiser de l’upcycling ?

 

La première difficulté reste la démocratisation du sujet upcycling. Même si le concept est de plus en plus répandu, une grande partie des français ne le connaissent pas encore.

Il faut aussi faire attention et montrer que l’upcycling ce n’est pas que des pièces complètement farfelues. Elles peuvent aussi être plus classiques et portables au quotidien.

En termes de production, c’est souvent de la pièce unique ou des petites quantités. Sur une marketplace, il faut mettre en place un catalogue numérique, qui prend du temps aux créateurs. Nous devons donc créer une fiche produit par pièce unique. C’est logiquement un point sur lequel nous souhaitons travailler.

Ce que nous conseillons à nos créateurs ? Avoir un catalogue produits qui soit réfléchi avec une collection sustainable – durable – par exemple et des pièces plus « image ». Celles-ci peuvent être vendues en quantité limitée sur Reiner.

reiner mode responsable

 

Quelles sont vos perspectives d’évolution pour Reiner ?

 

Nous avons un plan en tête, mais nous laissons les choses se faire naturellement sans se fermer de portes. Nous sommes en période de test. À ce titre, il est important de comprendre comment le marché évolue, quels acteurs entrent en jeu, quelles opportunités semblent se dessiner…

Nous nous sommes laissé 1 an. En septembre, le bilan viendra puis, l’accélération.

L’enjeu, c’est de devenir LA marketplace d’upcycling. Nous allons continuer de développer notre positionnement premium, élargir notre sélection de vêtements et aussi développer la partie services. Nous souhaitons ainsi aider rapidement les créateurs en proposant un catalogue professionnel regroupant nombre de matières premières à des prix avantageux, des services digitaux et des events de plus en plus réguliers.

À l’avenir, ouvrir à des pays frontaliers pour intégrer des créateurs étrangers est aussi une piste que nous gardons en tête.

 

Pourquoi as-tu accepté de participer aux Fashion Green Days ?

 

Toujours dans l’optique de s’inscrire comme acteur incontournable de l’upcycling en France et de pouvoir échanger avec les autres acteurs : entreprises, associations, média et créateurs.

Se rassembler pour faire un peu plus de bruit (sourire). Depuis le départ, nous sommes persuadés que seuls nous aurons du mal à faire bouger les choses !

 

Retrouvez nous en mars pour l’événement « Upcycler la mode » !

 

Louise Marcaud

Louise Marcaud

Jeune créatrice

 

Jeune créatrice de mode, mes valeurs sont basées sur l’upcycling et la slow fashion qui m’inspire une esthétique minimaliste. Retrouvez tout mon univers sur www.louisemarcaud.com

La vision de Gaëlle Constantini pour une mode durable

La vision de Gaëlle Constantini pour une mode durable

Gaëlle, elle aussi, est une pionnière et une défricheuse. Elle a commencé à faire de l’upcycling il y a 10 ans à partir de vêtements chinés en friperies. Sa marque éponyme, Gaëlle Constantini, a aujourd’hui grandi et évolué mais reste fidèle à ses bases : l’écologie, le respect du vivant, l’héritage des savoir-faire français et l’aide à ceux qui en ont besoin… Condensé d’un échange passionnant de près de 2 heures sur la création, la nature, la nuit parisienne, les doutes de l’entrepreneuriat et la quête de sens qui ne s’arrête jamais.

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Gaëlle Constantini, fondatrice de l’Atelier éponyme © Candice Nechitch

 

Gaëlle est née aux Ulis, dans le 91, avant de partir vivre avec ses parents dans le sud de la France, entre Aix et Marseille. Depuis toujours, la nature, les arbres et les végétaux la fascinent et la portent. Elle s’y sent connectée. Tout son processus créatif part de là.

Ce qui m’anime dans la vie, c’est la nature. C’est la base de ma marque. Si on ne doit retenir qu’une chose de Gaëlle Constantini, c’est que c’est une marque écologique.

 

Le parcours de la créatrice

 

Après un BTS action commerciale où elle réalisait tous ses exposés sur le commerce équitable, Gaëlle monte vivre à Paris en 2006. Elle entame alors une formation de styliste modéliste par correspondance.

J’y ai fait des rencontres extraordinaires, à commencer par André, qui est un peu mon mentor et qui est resté un ami très proche. C’est lui qui a dessiné tous les logos de la marque par exemple. J’ai aussi rencontré Noémie Ferst, qui a été ma muse et qui continue à faire mes photos. Julien Weber également, qui était photographe du Baron et qui est devenu mon photographe ensuite.

Pour financer sa formation, elle est engagée comme serveuse dans les clubs Le Baron et Le Paris Paris, fondés par l’artiste graffeur André Saraiva. Elle y découvre par ailleurs un autre monde qui va la nourrir, l’inspirer et la pousser à lancer son projet.

Contrairement à ce qu’on peut croire, je n’ai jamais senti de jugements de valeur dans ce milieu de la nuit, et ça a été très important pour moi. J’ai aussi croisé beaucoup de gens du milieu du spectacle et des costumières avec lesquelles j’ai progressivement commencé à travailler comme assistante costume. Et puis, j’ai découvert une autre façon de s’habiller, radicalement différente de celle que j’avais pu connaître en province. Dans ces clubs, la clientèle était très éclectique, tout se mélangeait. Tu avais par exemple Mick Jagger qui venait fêter son anniversaire à côté du jeune étudiant, au Cours Florent, qui essayait de devenir comédien. C’était vraiment des lieux hybrides. Il y avait donc beaucoup de jeunes artistes qui n’avaient pas beaucoup d’argent et qui s’habillaient en seconde main. J’ai vraiment pris une grosse claque au niveau des looks.

 

L’upcycling à partir de fripe

 

La jeune créatrice en devenir fait ainsi 2 découvertes majeures qui vont aboutir sur la création de sa marque en 2009. Déjà les friperies, où elle se rend compte de la quantité inouïe de vêtements qui ne sont plus portés. Travailler à partir de seconde main s’impose alors comme une évidence. En parallèle, ses missions d’assistante costume qui lui permettent d’être au contact d’un univers lui aussi très riche.

Ça a vraiment été une expérience très enrichissante. J’ai été au contact de vêtements d’époque et ça m’a permis d’appréhender comment ils étaient fabriqués. C’est dingue parce que tu te rends compte qu’il y avait déjà des coupes ultra contemporaines qui ont traversé les époques. J’habillais aussi la figuration. J’ai donc eu l’occasion d’habiller toutes sortes de morphologies et des personnes de tout âge. Ce rapport aux corps, aux vêtements d’époque a finalement construit tout mon imaginaire.

Entre les folles soirées au Baron et les tournages, Gaëlle arpente les friperies de la capitale pour y dénicher des trésors qui constitueront les bases de ses premières collections.

Je chinais des fripes qui m’intéressaient et je les combinais. Je ne faisais pas de patron ou de dessin préalable, tout était dans ma tête. Quand je chinais les vêtements, j’avais déjà une idée très précise de ce que j’allais en faire. Et en rentrant chez moi, je les posais sur un buste et je commençais à les transformer. Je ne faisais que des pièces uniques mais j’essayais d’avoir une cohérence de collection, notamment en termes de colorimétrie. Cette base de couleurs choisie en amont me permettait d’avoir quand même une contrainte, sinon j’achetais toute la friperie !

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Top Sandre © Maxime Bardet

 

Le concours de jeunes créateurs du salon Who’s Next

 

La marque Gaëlle Constantini se développe très bien. Au début, par le biais de ventes éphémères uniquement. Elle enchaîne les créations de pièces uniques dans son studio, dans une stricte logique DIY : une machine à coudre et un buste calés au pied de son lit pour seuls compagnons de travail. Jusqu’à gagner en 2011 le concours jeunes créateurs du Who’s Next.

C’était complètement inattendu pour moi de participer à ce concours. Je faisais vraiment tout avec les moyens du bord. Je n’avais même pas d’étiquettes ! Du coup j’avais commandé des nominettes qu’on met sur les vêtements des enfants, avec Gaëlle Constantini écrit en blanc sur fond noir, pour que ça fasse plus mode quand même (rires).

L’événement est un carton pour la marque dont les pièces uniques séduisent de nombreux acheteurs. Gaëlle se rend vite compte qu’elle ne pourra plus suivre en termes de volumes de production.

C’était une vraie folie, je n’arrivais plus du tout à suivre. Donc à un moment donné, je me suis dit, plutôt que de me flinguer pour la mode, je vais arrêter et me poser pour réfléchir à comment je veux orienter mon projet.

Pendant cette pause, Gaëlle met en place un autre projet qu’elle a en tête depuis longtemps : les bijoux pour chaussures qui permettent de créer plusieurs combinaisons avec une même paire de base. Elle créé alors la marque Pimp My Shoes, qui connaît aussi rapidement un franc succès. Mais sa forte conscience écologique la rattrape vite.

J’avais beaucoup de demandes et j’étais obligée pour ce projet d’utiliser des matériaux très polluants comme des rubans en polyester. Ça a été un carton, mais un carton dans ma tête aussi. Je ne pouvais pas continuer à utiliser ce type de matériaux, ça me coûtait trop psychologiquement. Et en parallèle, je recommençais à avoir envie de refaire des vêtements.

 

Collections Made in France par des ateliers d’insertion

 

Atelier Gaëlle Constantini

 

En 2016, elle se remet alors sur le chemin des friperies et se tourne vers le linge de maison de seconde main, lui donnant l’idée de passer de la pièce unique à la petite série. Elle se lance également dans l’animation d’ateliers de créations d’accessoires à partir de matières recyclées et se met ainsi en lien avec Eco TLC[1]. Les rencontres déterminantes s’enchaînent à nouveau.

C’est à ce moment-là que je découvre les ateliers d’insertion, en particulier un atelier de coupe de chiffons à Calais. J’ai en même temps eu la chance d’être mise en relation avec des étudiants avec lesquels j’ai travaillé pendant 1 an pour monter le nouveau projet l’Atelier Gaëlle Constantini : du linge de maison de seconde main transformé en vêtements par des ateliers d’insertion. Je voulais absolument travailler avec l’atelier de Calais mais les femmes qui y travaillaient n’avaient pas les savoir-faire pour confectionner des vêtements. Ce qui était génial justement, c’était de se dire qu’on allait pouvoir les former et leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences.

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Chemisier Laure © Maxime Bardet

La styliste lance alors une campagne de crowdfunding pour financer une première collection. Une fois de plus, c’est un succès. La machine est relancée, et la boucle désormais bouclée avec cette dimension de justice sociale qui habite aussi la créatrice depuis si longtemps.

Gaëlle n’a plus dévié de cette ligne depuis. Ses collections réinventent les essentiels du vestiaire féminin avec une recherche de l’épuré qui lui est chère, dans la veine du créateur Balenciaga qu’elle admire. Son atelier est désormais intégré au fablab Homemakers dans le 15e arrondissement de Paris. Et, elle a noué des partenariats pérennes avec des fabricants de tissus d’ameublement et de linge de maison français qui lui fournissent leurs produits défectueux. Alors qu’elle s’est essentiellement concentrée sur la mode femme jusqu’à présent, elle réfléchit à développer l’homme.

 

Pimp My Shoes

 

La créatrice a également en tête de relancer le projet Pimp My Shoes avec des matériaux recyclés. 10 ans après ses débuts, Gaëlle pousse ainsi toujours plus loin sa quête de l’impact positif sur le monde qui l’entoure, et une chose est sûre, avec l’empathie et l’énergie qui émanent d’elle, elle n’est pas prête de s’arrêter en si bon chemin.

 

 

Retrouvez nous en mars pour l’événement « Upcycler la mode » !

 

Image à la une : Trench Sophie et combinaison Lise © Julien Weber

[1] Eco TLC est un éco-organisme à but non lucratif dont le rôle est de favoriser la récupération et la valorisation des Textiles, Linge, et Chaussures (TLC) usagés, pour répondre aux enjeux environnementaux de la prévention des déchets et de la préservation des ressources naturelles.

Cécile-Jeanne Gayrard

Cécile-Jeanne Gayrard

Journaliste-rédactrice indépendante

Cécile-Jeanne Gayrard est journaliste-rédactrice indépendante. Elle crée en 2016 le média Hummade, entièrement dédié à la mode responsable. En 2017, elle co-fonde le collectif de créateurs textile engagés UAMEP. Elle consacre aujourd’hui la majeure partie de son temps au développement d’Hummade dans sa nouvelle version papier.

La mode mise sur l’upcycling !

La mode mise sur l’upcycling !

L’upcycling s’impose de plus en plus dans l’industrie de la mode. Dans cet article, nous parlerons de l’impact de la mode sur l’environnement. Qu’est-ce que l’upcycling ? Quels sont ses avantages ?

Rien ne se perd, tout se transforme.

 

L’upcycling : définition

 

Le terme upcycling ou surcyclage en français désigne l’action de récupérer des tissus ou des vêtements déjà existants, dont on ne se sert plus. L’idée est de les valoriser, en fabriquant des vêtements de qualité ou d’utilité supérieure à leur état d’origine.

La mise en pratique requiert un réel savoir-faire. Il faut :

    1. dénicher le bon tissu,
    2. vérifier son état,
    3. le nettoyer.

Ensuite, vient tout le processus de création et de conception de la nouvelle pièce à partir de l’ancienne.

Ce procédé est l’une des réponses potentielles à la crise existentielle du luxe qui, à force de multiplier ses enseignes et de proposer les mêmes produits aux quatre coins du monde, a fini par perdre l’originalité qui caractérise la mode.

 

Le secteur textile présente un bilan alarmant

 

L’industrie de la mode est l’une des plus polluantes au monde. La fast fashion induit une fabrication de plus en plus massive. Ces trois dernières années, la production de vêtements a augmenté de 20 % .

Selon le media Business of fashion, une femme achète en moyenne 30 kg de textile par an et, moins d’un quart sont recyclés. En effet, on comptabilise 160 000 tonnes de vêtements recyclés pour environ 700 000 tonnes d’achats. L’équivalent de 442 millions d’euros de vêtements sont donc jetés chaque année. On a encore des progrès à faire en termes de recyclage.

Toute cette façon de consommer et de gaspiller génère une pollution de l’eau, de l’air avec les gaz à effet de serre et, met en péril la santé des gens qui produisent dans des conditions de plus en plus précaires.

 

Une somme d’actions engagées pour changer la donne

 

En effet, selon L’institut d’étude Yougov, 23 % de la population affirme avoir déjà acheté un produit upcyclé et plus d’un français sur deux a l’intention d’acheter un produit issu de l’upcycling dans les prochains mois.

Cela reste difficilement quantifiable, mais de nombreuses marques de vêtements upcyclés ont vu le jour ces dernières années. De plus, c’est un sujet désormais abordé et étudié attentivement dans les écoles de mode. Les étudiants se sentent très concernés par l’impact environnemental de la mode. Ils ont envie de s’engager à produire des vêtements plus responsables et écologiques dans leurs futurs métiers.

 

Les créateurs précurseurs en surcyclage

 

Avant même que l’on se soucie de la santé de notre planète et que l’on puisse imaginer que l’industrie de la mode puisse être responsable de catastrophes environnementales, en 1990, Martin Margiela a présenté une collection réalisée à partir de sacs plastiques Franprix. Par la suite, il a même lancé une « ligne 0 » entièrement recyclée.

archives expo retrospective martin margiela palais galiera 2018

Archives exposition Margiela au palais galiera 2018

Un peu plus récemment, en 2013, la marque Andrea Crew a proposé des collections entièrement recyclées, alors que la cause environnementale n’est pas encore au cœur de nos priorités.

C’est avec l’arrivée de Marine serre, qui remporte le prix LVMH en 2017, que tout se démocratise et s’accélère. Les grandes marques de luxe comme Balenciaga développent alors des pièces à partir d’invendus des dernières collections.

En parallèle, de nombreux concours de mode favorisent désormais des créateurs engagés écologiquement. Il y a même des prix visant à récompenser et à encourager les démarches éco-responsables dans la mode qui se sont créées, comme Les Trophées de la mode circulaire.

 

Les avantages de l’approche upcycling

 

    • Écologique : recycler une matière déjà existante est beaucoup plus économique en eau et en énergie que de créer une nouvelle matière. On réduit également la production de déchets et on devient acteur d’une société plus écologique.
    • Économique : l’achat de matières de seconde main est moins cher qu’une matière neuve.
    • Originale : cette méthode stimule la créativité et les pièces sont plus originales.
    • Rare : elle permet d’avoir des pièces uniques ou en séries limitées. Vous êtes assuré de ne pas croiser quelqu’un avec la même tenue que vous !

 

Retrouvez nous en mars pour l’événement « Upcycler la mode » !

 

Louise Marcaud

Louise Marcaud

Jeune créatrice

 

Jeune créatrice de mode, mes valeurs sont basées sur l’upcycling et la slow fashion qui m’inspire une esthétique minimaliste. Retrouvez tout mon univers sur www.louisemarcaud.com

3D-TEX : l’usine tricot du futur

3D-TEX : l’usine tricot du futur

L’engagement pour une industrie locale motive Marc Sabardeil, Basile Ricquier et Gwendal Michel, les fondateurs de 3D-TEX. Ils ont tous les 3 une solide expérience dans l’industrie textile en centrales d’achats de prêt-à-porter, accompagnement sourcing, production et enfin, relations commerciales entre les marques et les manufactures sur diverses zones géographiques. Rencontre avec Basile à l’occasion de son intervention à l’événement « Fast & Green ».

 

fondateurs 3d-tex

Gwendal Michel, Marc Sabardeil et Basile Ricquier : les fondateurs de 3D-TEX

 

L’ambition de 3D-TEX : relocaliser une usine de tricot en France grâce à l’innovation technologique 3D

 

En démocratisant le made in France à des prix abordables, l’entreprise ambitionne de redynamiser l’économie locale.

En 15 ans, l’industrie a perdu 50 % de sa valeur avec encore plus d’entrants, sur un marché de plus en plus petit et aussi, sur le marché de la seconde main avec la prise de conscience grandissante des consommateurs. Jusqu’à présent, la marge commerciale est calculée à partir des commandes et non de ce qui est vendu. La moitié des pièces achetées ne trouve donc pas d’acheteur au bon tarif et finit soldée. On est arrivé au bout d’un système.

Aujourd’hui, intégrer les aspects sociaux et environnementaux est un enjeu majeur. Il est nécessaire de réduire le volume de ce qui est produit ; cela s’avèrera d’ailleurs rentable puisqu’en adéquation avec les attentes clients. C’est un inversement de la chaîne de valeur.

Les nouvelles technologies (4.0) permettent de répondre aux nouveaux enjeux et à la transformation nécessaire de l’industrie textile.

L’innovation technologique de la machine « whole garment 3D knit » de Shima Seiki rend l’offre produit accessible et performante, donc pertinente.

 

S’inscrire dans un effort collectif français de relocalisation

 

Gage de qualité, la fabrication française permet une réponse locale et rapide aux problématiques d’approvisionnement de nos clients.

Les autres manufactures françaises sont perçues comme des confrères et non comme des concurrents. Les différents savoir-faire du territoire sont complémentaires car les différentes solutions n’offrent pas les mêmes possibilités. Ils communiquent d’ailleurs beaucoup les uns avec les autres afin d’unir leurs efforts et rebâtir un nouveau business model basé sur un « circuit ultra court »  qui permet la relocalisation.

Nous avons estimé que le marché du tricot en France représente 150 millions de pièces vendues à l’année. Et, on estime qu’on en fabrique actuellement 2 à 3 millions. Il y a donc de la place à prendre sur le marché pour tous et une grande opportunité de progression pour les fabricants français.

 

présentation 3D-TEX

3D-TEX : 1ère usine de tricotage 3D en France

 

Une solution industrielle B2B innovante de fabrication automatisée de maille textile en France

 

3D-TEX sera la 1ère usine de tricotage 3D en France, entièrement automatisée, qui s’appuie sur les dernières technologies existantes. C’est une approche innovante 3D de la conception à la production qui offrira de nombreux avantages économiques, sociaux-environnementaux et commerciaux.

 

Ce projet industriel implique de gros investissements de départ. Les 3 entrepreneurs sont accompagnés par des acteurs de l’écosystème comme :

        • les collectivités,
        • la région Bretagne,
        • l’ADEME (agence de la transition écologique),
        • le Poool (déclinaison locale de La french tech lancée par le ministère de l’économie),
        • la CCI (Chambre de commerce et d’industrie),
        • des investisseurs privés.

 

La solution 3D-TEX : une approche révolutionnaire

 

offre clients 3d-tex

L’offre clients 3D-TEX

 

L’offre de services est digitalisée, de la conception à la fabrication, dans des délais ultra-courts permettant un gain de temps, une réduction des coûts de développement et d’utilisation de ressources.

    • Une mise au point du produit accélérée grâce à un logiciel de modélisation 3D du produit (le jumeau virtuel du produit final). Le produit est conçu en volume et non avec des panneaux à plat. La visualisation virtuelle permet d’anticiper la réalisation et de faire des ajustements tout de suite avant même de tricoter un prototype.
    • Une production à la demande très réactive : le processus de fabrication est entièrement automatisé afin d’avoir une offre compétitive. Cela permet de s’adapter aux besoins des consommateurs et aux ventes. Ainsi, d’optimiser les stocks, d’améliorer la performance de vente et d’augmenter la rentabilité grâce à des réassorts ultra-rapides.
    • Une approche durable : le tricotage intégral 3D sans couture permet une économie d’utilisation de matière et s’inscrit dans du quasi zéro déchet.

 

3d-tex approche digitale

L’approche digitale 3D de 3D-TEX

 

Nous souhaitons offrir à nos clients une traçabilité totale. C’est pourquoi, nous nous efforcerons de sourcer en priorité nos matières premières localement en France et en Europe auprès de filatures écoresponsables.

 

Un objectif engagé de développement durable et éthique

 

Nous incitons au maximum les marques à s’inscrire dans cette démarche de production à la demande afin de limiter l’utilisation de ressources. Ce sont 15 % de ressources potentielles à économiser avec cette approche, mais aussi la limitation des émissions de CO2. L’usine répondra, par ailleurs, aux exigences environnementales les plus strictes avec la certification ISO 14001.

Cette norme exige le respect du principe d’amélioration continue de la performance environnementale d’une entreprise, par la maîtrise des impacts environnementaux liés à son activité.

Entre le 3D LAB avec ses 2 machines pour études et développement – d’ores et déjà actif – et l’usine de confection (démarrage en juin), ce sont 15 à 20 créations d’emplois immédiates à Saint-Malo, en Bretagne. Avec une ambition de 50 personnes à horizon 5 ans. En effet, le projet implique le recrutement de nouveaux talents formés aux dernières technologies comme des programmeurs et des développeurs 3D-modélistes, ainsi que les savoir-faire de bonnetiers / techniciens machines ou des professionnels de la finition produit (lavage, repassage, pose d’étiquettes…).

 

Les défis de l’année pour 3D-TEX

 

    • Faire connaître le projet et établir des partenariats.
    • Mettre en place l’usine , c’est-à-dire les 10 premières machines (50 à horizon 5 ans) pour un démarrage opérationnel de production en juin.

 

Pour le démarrage, 3D-TEX se concentrera sur la confection de pulls. Dans le futur, la capacité modulable et la diversité d’applications innovantes permettront d’adresser les marchés de la santé, de l’automobile et de l’aéronautique.

Sans compter l’envie d’imaginer la création d’une marque entièrement locale.

 

Le rêve un peu fou de Basile Ricquier

 

Partir d’une page blanche et remettre en place une usine de fabrication en France. Et c’est en train de devenir réalité parce que, je crois, nos convictions sont justes.

 

Retrouvez le replay de la table ronde « Le futur du tricot ».

 

Sophie Guittonneau

Sophie Guittonneau

Direction créative / conception, recherche et développement mode durable

 

Je suis portée par ce qui a du sens dans les défis actuels de notre façon de consommer et de produire.

FASHION DATA : un outil intelligent au service de la mode

FASHION DATA : un outil intelligent au service de la mode

L’entreprise FASHION DATA était présente au talk « Des solutions Fast & Green » de l’édition online « Fast & Green » des Fashion Green Days. Entretien avec Romain Chaumais, executive leader chez FASHION DATA.

Quelle est l’histoire de la mode ?

Au tout début il y avait le magasin, le vendeur et le client. Émile Zola nous décrivait les grands magasins comme le temple du désir, où l’opulence d’étoffes, de couleurs et de choix suffisait à faire le bonheur de ces dames. Mais ça c’était avant. Avant la publicité, avant le marketing, avant internet. Avant la fast fashion.

En 2021, avoir un magasin et être présent sur internet ne suffit plus si l’on veut vendre, et surtout vendre mieux. L’industrie de la mode doit alors se réinventer et plusieurs pistes s’ouvrent à elle. L’analyse des données clients, de plus en plus nombreuses, en est une.

C’est ZARA qui avait d’abord flairé le filon. Depuis quelques années déjà, l’exploitation du flux de data leur permet de détecter les tendances et du coup de concevoir des collections hautement désirables, tous les 15 jours en magasin.

Aujourd’hui il est indispensable de voir plus loin. Être rentable, c’est bien. Être rentable de la manière la plus responsable possible, c’est mieux ! Accompagner les enseignes de mode sur le chemin de l’éco-rentabilité, c’est d’ailleurs la mission que se donne FASHION DATA : une jeune start-up française fondée en 2018 par Pingki HOUANG.

Comment fonctionne l’outil FASHION DATA ?

outil fashion data

FASHION DATA, l’intelligence de la donnée au service de l’industrie de la mode

Romain Chaumais m’explique que leur outil permet d’analyser les données des consommateurs afin de donner une vision claire et proposer des recommandations aux enseignes. Pour les collecter rien de mieux qu’un programme de fidélité. À chaque achat, chaque visite sur le site, chaque commentaire sur les réseaux sociaux, le consommateur fournit de précieuses informations aux marques.

 

L’intelligence artificielle, qui mixe tous ces faisceaux, permet d’intervenir à 3 niveaux :

    • le client : mieux le comprendre pour anticiper ses besoins, lui proposer une expérience d’achat adaptée ;
    • le produit : détecter les tendances et prédire les volumes de vente pour produire en fonction ;
    • la chaîne de distribution : garantir la disponibilité des produits et s’adapter aux spécificités de chaque magasin.

 

En quoi l’outil FASHION DATA est-il responsable ?

 

L’outil permet aux marques de ne produire que ce qui sera vendu. En appréhendant mieux les comportements du client, l’intelligence artificielle peut estimer finement, dès la conception, les ventes des futures collections (en termes d’articles, de tailles et de couleurs). Elle permet ainsi d’optimiser les coûts de fabrication et minimiser les invendus. L’objectif étant de réduire l’impact environnemental des vêtements. Moins de gâchis en somme, et peut-être la fin des soldes. En tous cas les soldes tels que nous les connaissions jusqu’ici.

Mais alors, si la machine prédit l’avenir et nous permet d’anticiper, quel rôle nous reste-t-il à jouer, me demandai-je. Romain Chaumais se montre rassurant : la data est un outil. Libre à l’homme de suivre les préconisations de l’algorithme. L’intelligence artificielle ne prévoit que la plus grande probabilité de ce qui va se passer. Il nous reste donc notre intuition, notre sens créatif et notre libre-arbitre.

Pour FASHION DATA les deux intelligences doivent se compléter et non s’opposer. Les enseignes du groupe MULLIEZ – JULES, ROUGE-GORGE, BIZZBEE… – ERAM aussi, apprennent à faire confiance à la recommandation donnée par l’algorithme pour faire évoluer chaque métier, de la création du vêtement à sa commercialisation, en passant par sa production.

L’avenir de la mode, univers de l’impalpable et de l’émotion par-excellence, dépend-il donc de ces innovations numériques ? L’avenir de la mode responsable c’est probable, mais ça les données ne le prédisent pas…

Retrouvez le replay de la table ronde « Des solutions Fast & Green ».

 

Anne Hory Forest

Anne Hory Forest

Les Tissages de Charlieu : tissage à la demande

Les Tissages de Charlieu : tissage à la demande

Le futur de l’industrie du textile sera agile, local et neutre en carbone ou ne sera pas ! En introduction au talk « Tissage et filature à la demande » de l’édition online « Fast & Green » des Fashion Green Days, Eric Boël nous explique comment Les Tissages de Charlieu s’inscrivent dans cette trajectoire.

 

Eric Boël, pouvez-vous vous présenter ?

 

eric boël les tissages de charlieu

Éric Boël, gérant Les Tissages de Charlieu

 

J’ai la fierté de diriger les Tissages de Charlieu depuis 1997. Le tissage est un savoir-faire qui est transmis d’homme à homme depuis 1908. Nous tissons 2 millions de mètres de tissus par an. Notre secteur historique est l’habillement féminin mais nous tissons également des tissus techniques, d’ameublement, des tissus éthiques en matières recyclées, biologiques, issus de l’agriculture française.

Depuis 8 ans, des projets d’intrapreneuriat naissent au fil de l’eau au sein des Tissages de Charlieu. Nos collaborateurs créent des business en interne et cela représente plus de 50 % du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Elles sont au nombre de 3 :

    • Letol : une marque d’étoles produites en hyper local ;
    • les ceintures Tonnerre de Belt fabriquées par les Tissages de Charlieu et en ESAT ;
    • l’Indispensac avec des sacs tissés en 3D en matières recyclées faites par des personnes en insertion ou en situation de handicap.

 

Nous nous sommes donné une mission importante qui consiste à prouver notre capacité à produire en France, un textile accessible au plus grand nombre et créatif, qui contribue à la décarbonation de l’industrie et à l’économie circulaire et, qui est aussi créateur d’emplois.

 

Les Tissages de Charlieu et le tissage à la demande, pour qui, pourquoi ?

 

C’est notre métier de tisser à la demande, c’est le sur-mesure industriel en juste à temps. Nous créons des produits que souhaitent nos marques clientes, des matières en exclusivité à livrer le plus rapidement possible. Par exemple, une demande d’une grande marque cliente d’une pièce type avec une coloration spéciale a été déposée ce matin, à 15h elle était déjà prête à l’apprêtement chez le teinturier.

Cela donne une bonne illustration de ce qu’est notre métier : tisser, que ce soit 10 ou 50 000 mètres, dans un délai rapide pour le marché européen résiduel, un marché de juste à temps. Ce dernier est aujourd’hui une variable d’ajustement pour les marques. En termes de volume de commandes, il représente entre 1 et 2 % des commandes totales. Selon les statistiques des douanes, la France importe 97,5 % de ce que nous consommons.

 

Les Tissages de Charlieu ont répondu à un appel à projet pour le Plan de relance, qu’en est-il ?

 

Ce plan de relance est une belle opportunité, un appui décisif. Avec les masques, la filière textile a prouvé qu’elle était capable de répondre aux besoins de la nation en 2 mois. En effet, l’industrie textile française s’est mobilisée avec rapidité et énergie pour fournir la quantité impressionnante de 50 millions de masques par semaine.

Je ressens qu’en France, nous avons la capacité, l’ingéniosité, l’envie, la structure pour innover, investir et trouver les idées. Les industriels ont des inquiétudes légitimes face à des concurrents qui produisent à des prix extrêmement bas. Nous avons donc besoin d’investissements et d’opportunités de marchés comme cela a été le cas pour les masques.

L’accessibilité à la robotisation est très importante, car le coût de main d’œuvre est important en France, comparé au marché asiatique. La robotisation permet ainsi de faire baisser ce coût grâce à la production en grande série.

Les projets Chamatex avec la fabrication de chaussures de sport 100 % made in France et l’usine de jeans Pimkie initiée par Fashion3 en sont de bons exemples.

Chez les Tissages de Charlieu, nous avons déposé un dossier dans le cadre du Plan de relance. Il concerne la relocalisation de la production de sacs de caisse en matières recyclées, pour le tissage et la confection. Ce dossier a d’ailleurs été accepté.

On voit donc bien à travers ces illustrations qu’il est possible de produire en France ce que l’on consomme.

 

Comment rêvez-vous l’industrie textile du futur ?

 

Une chose est claire : 180 pays dans le monde se sont engagés sur la neutralité carbone en 2050. À ce sujet, si nous continuons à produire autant dans un pays comme la Chine, où une centrale électrique à charbon est construite tous les 15 jours, nous ne parviendrons pas à atteindre les objectifs. La solution la plus puissante qui va permettre à la filière textile d’y prétendre est alors la relocalisation.

Elle a 3 vertus :

    • répondre à l’urgence climatique ;
    • répondre à l’impératif de création d’emplois. Le taux de chômage atteint des niveaux dramatiques avec la crise de la COVID ;
    • regagner notre souveraineté. Il est admis que nous ne pouvons pas produire en France ce que nous consommons, c’est-à-dire les biens de grande consommation. Lourde erreur.

 

Eric Boël a été décoré chevalier de la Légion d’honneur pour avoir consacré son activité à la confection massive de masques dans la lutte contre la pandémie de la COVID-19 au printemps 2020.

 

Retrouvez le replay de la table ronde « Tissage et filature à la demande ».

 

Marie-Laure Ruppel

Marie-Laure Ruppel

Facilitatrice de projet de développement durable

 

J’accompagne des territoires et entreprises, sur les sujets qui touchent à l’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité. Ces dernières années, ma passion m’a amenée à évoluer dans l’industrie de la mode et du textile.

Comment la marque PETIT BATEAU se réinvente ?

Comment la marque PETIT BATEAU se réinvente ?

Jean-Marc Guillemet était présent lors de l’événement « Fast & Green » organisé par les Fashion Green Days en janvier. L’occasion d’échanger avec lui sur les dernières transformations et innovations chez PETIT BATEAU.

 

Jean-Marc Guillemet évolue au sein du groupe Rocher depuis 20 ans. Notamment en tant que directeur de différents sites de production. Il est depuis mi-2019 le directeur des opérations chez PETIT BATEAU.

jean-marc guillemet petit bateau

Jean-Marc Guillemet, directeur des opérations de PETIT BATEAU

 

PETIT BATEAU : marque française de vêtements et sous-vêtements pour enfants

 

PETIT BATEAU est une maison française iconique fondée en 1893 qui crée, fabrique et distribue des vêtements du bébé à l’adulte. La durabilité de ses produits est ainsi reconnue et référente sur le marché. L’entreprise fait par ailleurs partie des rares survivants du textile en France. Elle possède ses propres outils industriels et logistiques intégrés :

    • l’usine de fabrication (du tricotage à la confection) ;
    • sa plateforme logistique (où transitent 24 millions de produits par an) basée à Troyes, dans l’Aube.

 

C’est ainsi l’un des plus gros employeurs du territoire.

Chaque année, plus de 1000 tonnes de tricots sortent des ateliers troyens.

usine petit bateau troyes

Usine de PETIT BATEAU à Troyes

 

Le marché du textile subit un ralentissement global. En effet, les modes de commercialisation évoluent fortement, notamment avec l’essor du e-commerce et de la 2nd main. La crise sanitaire ne fait qu’accentuer ce contexte et par conséquent l’impact sur la rentabilité des entreprises. Néanmoins, c’est un bon accélérateur d’une transformation devenue inévitable.

Très impliqué début 2020 dans la production de masques, PETIT BATEAU a pu confirmer la valeur de l’engagement humain de ses collaborateurs. En se fédérant avec d’autres acteurs locaux, ils sont aussi confortés dans leur approche collaborative.

Chez PETIT BATEAU, nous sommes convaincus d’avoir des leviers intéressants et importants pour performer (…). Nous avons beaucoup testé pendant cette crise en 2020 et cela a permis de confirmer la pertinence des transformations que nous étions en train de mener.

 

La nécessité de se réinventer pour les entreprises

 

La transformation de l’outil industriel est un grand enjeu pour toutes les entreprises. L’innovation chez PETIT BATEAU peut venir de partout. L’entreprise met ainsi beaucoup d’énergie à favoriser une dynamique de partage et de soutien aux projets.

J’aborde 2021 avec plein d’idées et je suis convaincu que nous aurons fait 10 fois plus en expérimentant que ce qu’on imaginait au début de l’année.

usine extérieur petit bateau troyes

L’usine PETIT BATEAU à Troyes (vue de l’extérieur)

 

Les deux axes prioritaires identifiés par l’entreprise sont :

    • le passage à la digitalisation 4.0 afin d’être plus agile ;
    • la réduction de l’empreinte environnementale (production à la demande, approche circulaire et collaborative).

 

Ces considérations ne sont pas nouvelles pour PETIT BATEAU.

 

La transformation digitale est engagée

 

Elle ambitionne d’optimiser la performance. L’analyse des datas permet ainsi de réduire les coûts d’obtention de la qualité de la matière. Tandis que la mise en place d’outils digitaux simplifie les échanges entre les équipes qui peuvent alors se concentrer sur leur valeur ajoutée métier.

Cette transformation que je mène chez PETIT BATEAU Bateau ne se fait pas en rognant notre ADN qualité et durabilité. Je suis très exigeant.

 

unité de confection petit bateau troyes

L’unité de confection de PETIT BATEAU à Troyes

 

Une conception produits toujours qualitative et durable

Ces vêtements se sont toujours transmis au sein d’une même famille ou cercle proche et sont extrêmement présents sur les circuits de 2nd main.

L’entreprise souhaite donc s’appuyer sur cette force pour construire demain. Le Groupe Rocher est d’ailleurs labellisé « entreprise à mission » depuis 2019.

Ça ne change rien et ça change tout ! (…). Cela nous pousse à être encore meilleurs et à aller plus loin sur nos engagements environnementaux. Cela anime et motive également tous nos collaborateurs. Mais, induit aussi des contraintes supplémentaires que nous envisageons comme des opportunités de transformation des outils industriels et logistiques intégrés et donc, de pérennisation de nos savoir-faire et de nos emplois.

 

Travailler de manière collaborative avec l’éco-système

 

PETIT BATEAU a une approche collaborative qui est un des leviers de l’innovation maison. L’entreprise est engagée dans plusieurs projets sur le territoire national :

    • l’expérimentation de la production à la demande avec TEKYN : l’idée est de tester de nouveaux modes de production pour produire moins mais mieux en s’appuyant sur le site de fabrication de Troyes. Le premier POC (Proof of concept = démonstration de faisabilité) réalisé en 2020 est un succès. La réactivité a permis d’ajuster les styles en fonction des ventes et même de s’adapter au stop & go imposé par le confinement ;
    • l’entreprise est à l’initiative du pôle d’excellence de la maille 4.0 à Troyes lancé en 2020. C’est une démarche territoriale qui vise à réunir les acteurs du textile autour de l’enjeu collaboratif afin de partager demain formation, efforts environnementaux et pourquoi pas outils de production ;
    • une vision circulaire de la production et agile de la chaîne de valeur : elle est membre de la Chaire BALI (Biarritz active lifestyle industry). C’est un programme d’enseignement et de recherche sur les innovations technologiques à venir dans l’industrie de la mode et du textile ;
    • l’usine du futur : membre de la Chaire connected innovation lancée par l’UTT (Université de technologie de Troyes), PETIT BATEAU investit dans les perspectives ouvertes par l’intelligence artificielle et l’industrie 4.0, fondamentales sur les sujets de productivité. Ce type de partenariat recherches a, par exemple, permis de créer un outil unique d’ordonnancement des ateliers de tricotage qui facilite la conservation des savoir-faire dans le temps et la transmission de ce capital entre collaborateurs.

 

C’est un bon exemple de collaboration locale qui aboutit sur du concret innovant. Et pourquoi pas, le partager avec des confrères qui pourraient avoir les mêmes enjeux.

 

Les projets à venir de la marque

 

Pour l’avenir, PETIT BATEAU souhaite maintenir le capl’excellence sur les transformations en cours et structurer son propre circuit de 2nd main et de 3e main.

La vision circulaire démarre à la création. Nos vêtements sont éco-conçus, en réfléchissant aux points favorisant leur recyclabilité (…) comme l’innovation du dors-bien avec zéro bouton pression l’an dernier.

dors-bien sans pression petit bateau

Innovation produit éco-conçu : le dors-bien sans pression

 

Je crois aussi beaucoup à une vision collaborative d’une filière de recyclage. Nous avons intérêt à unir nos forces sur ces enjeux.

 

La véritable ambition consistant à :

transformer l’essai ! Démontrer par l’exemple qu’une entreprise française historique centenaire a réussi à se transformer et à rester un fleuron dans le monde de demain. Que PETIT BATEAU n’est pas une île isolée mais un archipel et que l’approche collaborative facilite la transformation de notre industrie.

 

Retrouvez le replay de la table ronde « Les fabricants avancent à grands pas ! ».

Sophie Guittonneau

Sophie Guittonneau

Direction créative / conception, recherche et développement mode durable

 

Je suis portée par ce qui a du sens dans les défis actuels de notre façon de consommer et de produire.

MLT : le tricot français engagé

MLT : le tricot français engagé

Rencontre avec Karine Renouil-Tiberghien, une femme entrepreneure engagée et très inspirante. La dirigeante de MLT a participé à la table ronde « Le futur du tricot » lors de l’événement spécial « Fast & Green » organisé par les Fashion Green Days.

Elle a mis en lumière les acteurs de cette nouvelle chaîne de valeur 4.0. L’occasion d’échanger sur les forces de cette belle entreprise française, ses dernières innovations de transformation et les projets collectifs qu’elle a initiés.

 

Qui est Karine Renouil-Tiberghien ?

 

Après avoir repris la Manufacture de layette et tricots (MLT) à Tarbes en 2016, Karine Renouil-Tiberghien et Arnaud de Belabre ont diversifié leurs activités avec le rachat de la Manufacture de tricots Jean Ruiz à Roanne en 2018 et du tricoteur Marcoux en décembre 2020.

Pour Karine Renouil-Tiberghien, c’est une histoire de famille. Après un parcours de directrice financière et de développement de business model, elle saisit l’opportunité de revenir vers la tradition familiale du textile. Elle qui est l’héritière du dernier président du groupe textile Tiberghien Frères. Son associé, Arnaud de Belabre, met à profit dans cette aventure son expérience dans l’organisation, la logistique et la reprise d’entreprises.

Tous deux « séduits par une aventure industrielle en France dans la fabrication textile », ils montrent qu’il est possible de tricoter en France en s’appuyant sur les innovations technologiques et en remettant l’humain au centre de la création et de la fabrication.

 

La PME textile française MLT

 

MLT est une entreprise à taille humaine, garante de savoir-faire. C’est à ce jour 3 manufactures de tricotage en France :

    • la Manufacture de layette à Pau (64) : création et tricotage de panneaux dédiée à la layette. Les produits sont assemblés en Tunisie chez le partenaire historique de l’entreprise. Elle y trouve une main d’œuvre qualifiée – organisation qui a permis dans les années 90 de sauver la manufacture . L’entité se donne les moyens d’être agile, réactive et, par conséquent, compétitive pour la grande distribution. 500 000 pièces par an sortent de cette manufacture ;
    • Jean Ruiz à Roanne (42) : fabrication de maille haut de gamme en diminué puis remaillée destinée au segment adulte. Avec sa production 100 % made in France, elle est labellisée Entreprise du patrimoine vivant. La manufacture possède aussi une unité qui travaille sur des machines Shima Seiki en intégral (c’est-à-dire une machine qui tricote entièrement le produit sans nécessiter d’assemblage) ;
    • Marcoux à Roanne (42) : spécialisée dans le textile médical. L’entreprise tricote également des panneaux layette pour désengorger l’unité de Pau.

Face aux défis actuels de l’industrie textile, MLT prouve « qu’il y a un marché pour fabriquer du 100 % made in France et que l’on peut tricoter en France en étant compétitif ». Ils ont d’ailleurs doublé leurs chiffres d’affaires en 2 ans, pour les 2 premières manufactures.

 

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Karine Renouil-Tiberghien et Arnaud de Belabre, fondateurs de la Manufacture de layette et tricots, entourés de leurs collaborateurs

 

On ne peut pas tout faire en France mais ce que l’on peut faire, il faut en être fiers et le faire (…). Il n’y a pas de raison de ne pas tricoter en France, car cela passe par des machines qui ont le même prix ici qu’en Asie, au Maghreb ou en Roumanie.

 

La capacité de changement et l’adaptabilité sont des enjeux majeurs aujourd’hui

 

Chez MLT, sur le segment layette, le secteur de la grande distribution fonctionne bien. En effet, ils sont habitués, avec l’alimentaire, à travailler en proximité locale pour raccourcir les délais de mise en vente.

Il faut souligner que la grande distribution joue le jeu. Comme ils ont de gros volumes, cela alimente beaucoup les usines et permet le maintien d’emplois en France.

Pour les grandes enseignes de mode françaises, relocaliser de la production implique de forts changements organisationnels. C’est donc une opportunité pour les fabricants français qui sont en mesure de proposer des solutions.

Produire en France implique aussi de construire des partenariats avec les marques et les distributeurs et de remettre la notion de relation de confiance au centre.

C’est d’une importance capitale pour la relocalisation.

En effet, pour se transformer et faire des investissements en ce sens, les manufactures ont besoin d’être sûres de remplir leurs capacités de manière pérenne. Le modèle de MLT est particulièrement compétitif pour les marques distributrices, c’est-à-dire qui ont leur propre réseau de distribution. C’est le cas du Slip Français par exemple. Leur avenir dépend aussi de leur capacité à convaincre l’industrie du luxe de leur faire confiance, elle qui s’approvisionne principalement en Italie.

L’entreprise a intégré des solutions digitales dans son fonctionnement, pour la gestion amont du plan de production jusqu’au tricotage.

Chez MLT, nous sommes capables de répondre à des demandes de grosses quantités en étant très réactifs pour le réassort.

Elle propose aussi un accompagnement produit style avec des suggestions de pulls à personnaliser et une vision globale, de ce qui fonctionne sur le marché. Elle possède aussi sa marque propre en ligne afin de donner de la visibilité à la fabrication française. L’entreprise travaille uniquement avec des filateurs européens. Elle est également soucieuse de s’approvisionner en fils éco-responsables comme du coton bio.

 

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Produits de layette de la marque la Manufacture de layette

 

Répondre aux besoins des consommateurs finaux

 

On ne peut pas nier que l’échelle de valeur des produits a été fortement impactée par la fast fashion dans la tête des consommateurs. Toutefois, un changement de comportement est à l’œuvre, surtout par rapport à l’impact environnemental de la mode.

Cette génération est désireuse d’agir pour remettre du bon sens et souhaite des produits de meilleure qualité, plus durables et confectionnés dans de bonnes conditions sociales. Il y a un vrai travail de revalorisation du coût des choses à mener. Il en va aussi de la responsabilité des marquesNe fabriquer et reproduire que ce qui se vend.

La relocalisation et le made in France ont du bon. Avec ce modèle, les marques s’affranchissent de certaines contraintes qu’impliquent le grand import et peuvent être plus agiles. En fabricant local et en revenant à un mode de production plus raisonnable, elles arrêtent le gâchis en produisant un premier jet de vêtements. Puis, en s’adaptant aux ventes pour la suite de la production.

Pour répondre aux nouveaux besoins des consommateurs et aux problématiques environnementales, un changement d’organisation est donc indispensable. L’enjeu est aussi de réussir à former la jeune génération sur les métiers de savoir-faire textiles.

 

Remettre l’humain au centre de la création et de la fabrication

 

Il y a une urgence sur la transmission et la conservation des savoir-faire en France.

Les formations n’existent plus car les débouchés manquaient. La transmission des savoir-faire passera par une revalorisation de ces métiers. Notamment celui quasi disparu de remaillage pourtant nécessaire au tricot haut de gamme. La Manufacture de layette et tricots s’engage pleinement dans ce défi en pilotant l’ouverture en mars d’une école de remailleur en partenariat avec Pôle emploi et la région Auvergne-Rhône-Alpes.

 

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Étape de remaillage

 

Karine Renouil-Tiberghien a aussi monté un groupe de fabricants français pour rouvrir la section BTS programmeurs à Roanne. « Sous conditions que les fabricants s’engagent à prendre les élèves en alternance chez eux » leur garantissant des débouchés d’emplois.

En conclusion : La filière tricot s’organise et met ses forces en commun afin d’inventer le tricot du futur en France !

L’industrie textile doit avancer vers un modèle dont on soit tous plus fiers collectivement (…). On assiste à la naissance d’un nouveau monde

 

Sophie Guittonneau

Sophie Guittonneau

Direction créative - conception, recherche et développement mode durable

 

Je suis portée par ce qui a du sens dans les défis actuels de notre façon de consommer et de produire.