Confinement oblige, sites internet et marketplaces poussent comme des champignons ! Une résultante qui contribue à renforcer le côté inextricable du web. Comment le consommateur peut-il s’y retrouver dans ce déluge d’information ? Dominique Moraux, invitée des FASHION GREEN DAYS 2020, alerte les acteurs du territoire. Mettre en ligne un outil ne constitue pas en soi une stratégie. La compréhension du problème client : oui…

 

Avant la crise, l’achat en ligne était montré du doigt au nom de la sauvegarde des petits commerces. 9 mois et un virus plus tard, ne pas avoir de site e-commerce semble une ineptie. Dominique Moraux fait la part des choses. Bien maîtriser les outils numériques induit une stratégie qui garantisse objectivité et adaptabilité à la question posée.

 

Dominique Moraux, une consultante agile : présentation

 

Dominique Moraux est installée à Bruxelles. Géographe de formation, elle entame une carrière dans le web qu’elle voit naître et se développer. Elle devient, alors, consultante en stratégie digitale et experte en e-learning, notamment… Au fur et à mesure des évolutions des outils digitaux, elle s’adapte et découvre les nouveautés qu’elle partage avec ses clients.

 

Sa mission ? Se concentrer tout particulièrement sur la conscientisation du problème. Elle s’applique à faire comprendre à ses interlocuteurs l’importance de la réflexion préalable et des objectifs avant le choix de solutions digitales. Une fois l’esprit ouvert et l’usage de méthodologies de réflexion intégrés, ils ont la bonne approche pour résoudre leur problème.

 

En pleine activité, elle constate que les commerçants ne sont pas touchés par cette mouvance, contrairement aux entreprises et aux étudiants. Ils n’agissent pas ; souvent par manque de compétence ou d’intérêt. Leur métier étant axé sur la relation et le lieu physique, ils ne montrent pas d’appétence pour ces nouvelles technologies.

 

En parallèle, elle observe le déclin des centres villes. En tant que géographe, elle s’intéresse à cette dynamique territoriale et d’économie locale. Intimement persuadée que le digital peut les aider, elle effectue des démarches afin de leur apporter ses compétences. A l’époque, ils sont peu réceptifs au besoin de s’approprier ces nouveaux outils.

 

Depuis le début de la crise sanitaire, elle assiste à une véritable prise de conscience et d’intérêt pour le digital, désormais au cœur de toutes les stratégies de communication…

 

Ne pas confondre réaction et agilité 

 

En France, en raison de la crise, l’État est en première ligne pour soutenir et développer l’offre en ligne. Cependant, marketplaces et sites internet ne sont que des outils. S’ils ne sont pas portés par une réflexion de fond, des techniques solides et une bonne créativité, ils perdent tout leur sens et ont un impact faible sur la santé des commerces. L’objectif de vendre en ligne ne doit pas faire passer à côté de l’essentiel.

 

« Offrir une machine à écrire, n’a jamais fait de personne un écrivain à succès » aime à rappeler Dominique Moraux.

 

 

Comment assurer le succès de son site e-commerce ?

 

Dominique Moraux propose une méthode agile qui repose sur l’observation des attentes des publics cibles. Elles peuvent être tout à fait différentes d’un individu à un autre. « On ne peut pas traiter de la même façon un consommateur qui recherche des produits éthiques et un autre qui serait à la recherche de promotion sur des articles bas de gamme », précise-t-elle.

 

Chacun d’entre eux effectue un parcours d’achat différent. Il est donc important de prendre conscience de ces aspects avant de construire un site.

 

Dominique Moraux accompagne les villes et les commerces avec des solutions moins coûteuses au départ, plus personnalisées et qui permettent de percevoir la réalité d’un parcours d’achat.

 

Elle propose de travailler de manière pratique et ludique sous forme de jeu à partir de personae aux habitudes d’achat bien identifiées. La méthodologie de Dominique Moraux rend le commerçant acteur de la solution finale. Il identifie lui-même les parcours d’achat et comprend pourquoi le client ne vient pas vers lui. Il peut alors poser les actes qui attireront son attention.

 

Grâce aux ateliers à distance, la méthode bénéficie au plus grand nombre possible. Et surtout, elle nourrit la phase préalable à la construction d’un site dans l’intérêt du commerçant et du client. Les efforts alors produits sont lisibles et efficaces car la solution choisie n’est pas « plaquée » mais bien personnalisée en fonction du besoin.

 

L’intérêt pour les commerces d’avoir une stratégie digitale en amont de l’acte d’achat est de sauvegarder le lieu physique, l’authenticité de sa relation client et enfin de conserver son identité. A terme, les centres villes restent attractifs et vivants et demeurent ces lieux de socialisation dont on mesure les enjeux en ces temps de pandémie.

 

Le Green commerce doit être durable

 

Dominique Moraux attire également notre attention sur la densité du web. Comment, peut-on encore penser en 2020, tirer son épingle du jeu dans la jungle internet si on ne maîtrise pas sa stratégie ? Pour une requête, il existe des milliers d’offres alors qu’il n’y a qu’une dizaine de places à prendre sur la première page de Google !

 

En fait, le web devrait lui-même être repensé avec une vision durable. 5% des contenus web ont une réelle valeur pour l’internaute. Il est devenu une véritable “poubelle” de contenus marketing sans intérêt. Les utilisateurs se retrouvent face à une infobésité sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

 

Dans ce contexte, les incitations qui poussent à mettre une multitude de sites en ligne ne font qu’accroître la difficulté. De fait, chaque commerçant, chaque territoire, se bat inutilement contre son voisin en espérant plus de vues alors que les outils mis en ligne n’arrivent pas à égaler la visibilité d’Amazon et à « ranker » sur la première page Google.

 

Il en résulte que pour exister sur le web, le petit commerce doit effectuer un travail pointu qui part de l’observation et de la compréhension des activités de ses clients. Il pourra ainsi déterminer quand, comment et par quel canal « toucher » l’intérêt de son client car les solutions sont nombreuses sur internet…

 

Sur internet comme dans la vie, rien ne sert de courir, il faut surtout bien connaître le parcours qui correspond à son magasin. Comprendre l’intérêt du consommateur permet de trouver le bon mode de communication. Quels sont les critères de recherche ? Quelles sont les caractéristiques des publics ? Tout l’enjeu d’une bonne stratégie est de veiller à attirer l’attention du client au bon moment !

 

Les marketplaces locales qui vendent sur la même page des perceuses, des paquets de jambon et des robes de mariée n’intéressent personne.Les utilisateurs se dirigeront naturellement vers des plateformes qui auront identifié leurs besoins.

 

En définitive, seule la connaissance fine du client garantit une pérennité sur le web…

 

Pour Dominique Moraux, les actes qui changent tout sont …

  • Sans surprise mais pourtant indispensable à rappeler, des méthodologies simples pour faciliter la réflexion en amont car c’est le premier pas vers une stratégie plus agile.
  • Les villes et autres acteurs du e-commerce doivent s’interroger sur les objectifs et l’environnement des commerces qu’ils souhaitent soutenir. La connaissance du parcours d’achat permettra de choisir la bonne technologie.

 

#FGDAYS #FGDAYS2020

Pour revoir l’intervention de Dounia et l’ensemble des talks des Fashion Green Days Green Commerce, demandez le replay par ICI !

 

Pour aller plus loin :

Retrouvez Dominique Moraux sur son site et son profil LinkedIn