Au delà de l’unique impact financier, la crise du coronavirus a démontré des défaillances sociales et environnementales dans l’industrie de la mode. Enseignes qui ne paient pas leurs sous-traitants, annulation de commandes et surconsommation, sont aussi au rendez-vous dans ce monde dominé par la fast-fashion. Du Bangladesh à la France, tous les pays semblent touchés.

ABANDON DES PAYS PRODUCTEURS PAR LES FIRMES

Les pays asiatiques producteurs de textile sont dépendants économiquement des pôles de consommation européens et américains. Comme il possèdent de la main-d’œuvre pas chère et peu de réglementation du travail, les entreprises les choisissent pour confectionner des vêtements à très bas coût. Le prix à payer en contrepartie est le coût humain pour les millions de salariés forcés de travailler sous la pression et des conditions déplorables.

Avec le Covid-19, les boutiques ont dû fermer et les peuples se confiner, entrainant de fil en aiguilles la diminution de la consommation et donc la fermeture des usines. Les travailleurs se retrouvant dans une précarité étouffante.

Cette crise mondiale rend ainsi visible l’absence de responsabilité des entreprises occidentales et de leur manque de considération pour les travailleurs. Avec la chute des ventes, de nombreuses enseignes demandent l’annulation des commandes ou ne paie pas les usines.

usine Bangladesh modeSelon le Consortium pour les droits des travailleurs (WRC), les annulations de commandes représenteraient une perte de plus de 24 milliards de dollars pour les fournisseurs et la mise en précarité de 60 millions de travailleurs. En effet de nombreux employés du secteur de la mode ont été licenciés, ou ont été obligés de travailler sans salaire. C’est le cas au Bangladesh.

Ces chiffres ont été quelque peu revus à la baisse après le positionnement de certaines grandes compagnies comme Adidas, H&H ou Zara qui ont promis de payer intégralement leurs commandes. Mais cela ne reste que des exceptions à la règle.

Le secteur de la mode doit prendre la responsabilité de ses actions sur le plan humain pour protéger les salariés asiatiques et les traiter avec dignité.

PERIL DES ENTREPRISES EUROPEENNES ET SURCONSOMMATION

Le secteur de l’habillement est durement touché par la crise mondiale due au coronavirus, estimant une baisse de revenu de 30% en 2020 selon un récent rapport du cabinet de conseil en gestion McKinsey.

En France, selon la Fédération nationale de l’habillement, le chiffre d’affaires du secteur va chuter de 40% en 2020. L’engouement pour le e-commerce ne permet pas de combler les pertes. Ce déficit met en danger près de 30.000 entreprises (majoritairement des TPE) qui risquent la faillite et par conséquent le licenciement de 100.000 salariés.

Mais selon Éric Mertz le président de la fédération, le principal problème est le stock de vêtements invendus qui pèsent au total 2,5 milliards d’euros. Pour lui, si au moment de la reprise ces entreprises sont obligées de faire des soldes pour attirer les clients, cela entrainera le secteur « vers l’abîme et la faillite ».

La reprise du commerce permit par les mesures de déconfinement de plusieurs pays européens, permettra peut-être la bouffée d’oxygène nécessaire à ces entreprises.

Pour autant, l’heure est à la prise de conscience. Plus de 80 milliards de nouveaux vêtements sont produit chaque année soit 400% de plus qu’il y a 20 ans. Au lieu de pousser à la consommation et à la production en masse d’articles de très faible qualité, les entreprises devraient réfléchir à un nouveau modèle économique basé cette fois-ci sur l’économie circulaire et le respect de l’environnement.

Cette crise, bien que révélatrice des défauts de la filière, est peut-être ce qui va permettre la réflexion d’un nouveau système plus durable et le changement d’habitudes des consommateurs.

Plus d’informations sur une mode sociale et écologique ici et .

Alice Perret

Alice Perret

Rédactrice - Equipe Communication

Je m’appelle Alice et je suis étudiante en Relations Internationales à Lille.  Je pense qu’il est aujourd’hui primordial de changer notre manière de produire et de consommer dans le respect de l’environnement. L’industrie de la mode étant l’une des plus polluante au monde, elle doit devenir durable, éthique et éco-responsable. Créons tous ensemble la mode de demain !

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