Dans le cadre des prochains Fashion Green Days online sur le thème “cycle de vie et seconde-vie” en septembre, nous avons décidé d’échanger avec les professionnels de la mode qui interviendront. Pour ce cinquième rendez-vous, nous avons rencontré Fanny, la créatrice de Noir Carat, une boutique en ligne qui propose des bijoux de seconde-main en or.

 

Pouvez-vous vous présentez et nous parlez de Noir Carat ?

Je m’appelle Fanny, j’ai 31 ans et j’ai fondé Noir Carat il y a bientôt un an. Je n’étais pas forcément dans le milieu de la bijouterie avant mais j’ai toujours eu une affection pour les bijoux anciens. Grâce à ma mère et ma grand-mère qui avait des bijoux qu’elles ne portaient plus, j’ai eu la chance de pouvoir les porter quand elles me les ont donnés autour de mes 20 ans. Je voyais vraiment l’éclat des bijoux, le fait qu’ils soient uniques et avec une âme. Cela me plaisait beaucoup, j’étais contente d’avoir des bijoux singuliers.

Un peu plus tard je me suis intéressée sur les dommages que pouvait causer l’or et son extraction. C’est l’un des matériaux les plus utilisés dans l’industrie de la joaillerie. Il faut savoir qu’environ la moitié de la production d’or est transformée en bijoux. Cette production nécessite d’utiliser du cyanure et du mercure, des substances chimiques extrêmement nocives pour l’environnement et la santé. L’exploitation aurifière est donc la cause de nombreuses catastrophes écologiques telles que la déforestation, la pollution des eaux et des nappes phréatiques.

Cela m’a complètement convaincu qu’il y avait énormément de bijoux qui dormaient dans nos tiroirs et énormément de stock d’or inutilisé. J’ai donc eu l’idée de Noir Carat, de remettre les bijoux anciens sur le devant de la scène.

Ainsi je me suis formée auprès de plusieurs bijoutiers quand j’étais encore à Paris, puis je suis arrivée à Lille il y a maintenant un an et demi. J’ai intégré l’incubateur Euratechnologie, j’ai travaillé sur mon projet pendant 6 mois accompagnée par un coach pour développer le site, trouver les fournisseurs, réfléchir au business plan. C’est ainsi que j’ai lancé le site en novembre 2019.

 

Pourquoi avoir choisi de vendre des bijoux en particulier ?

De base je suis adepte du seconde-main en général. J’ai fait mes études à Montréal où c’est très rependu. Donc cela fait très longtemps que je m’habille en seconde-main et j’ai toujours aimé les brocantes pour le mobilier. Mais en bijoux je ne trouvais pas mon compte. Difficile d’offrir un bijou de seconde-main, le seul moyen que je trouvais c’était d’aller sur le Boncoin et de « chiner ». Cela prenait du temps et je n’avais pas forcement la certification. Il n’y avait pas de site spécialisé.

Puisque j’aime beaucoup les bijoux, je me suis dit pourquoi tant d’objets du quotidien et de vêtements ont le droit à une seconde-vie et les bijoux beaucoup moins. Donc mon concept c’est de proposer une offre complète de bijoux permettant d’avoir une vision plus large et de pouvoir proposer de la bijouterie d’antiquaire tout simplement.

 

Où trouvez-vous les bijoux ?

J’ai différents points de sourcing. Déjà je n’achète pour le moment qu’a des professionnels. Peut-être dans un second temps j’achèterais à des particulier car j’ai beaucoup de demande mais n’ayant pas de boutique c’est plus difficile au niveau de la logistique. Je me concentre sur un réseau de professionnel que je me suis forgée, cela comprend des antiquaires, des brocanteurs et des bijoutiers qui me proposent des anciennes pièces. Donc je récupère les bijoux tant qu’ils ne sont pas trop abimés avant la fonte. Il est vrai que faire fondre un morceau d’or c’est très bien car l’or est 100% recyclable mais quand c’est un bijou d’une certaine époque, daté et avec une histoire autant le conserver. De plus, je me fournis auprès de commissaires priseurs donc c’est aux enchères.

 

Comment les choisissez-vous ?

Le fil rouge de la sélection Noir Carat ce sont des bijoux en or 18 carats. C’est une volonté de ma part d’offrir des bijoux en or 18 carats afin qu’ils soient de qualités, qu’ils perdurent dans le temps et qu’ils puissent se transmettre. Après je fonctionne beaucoup au coup de cœur, c’est une étape que j’adore, je fais en fonction de la pièce. Je regarde si elle est en bon état, s’il y a besoin de réparations et s’il est possible de la transformée. Désormais avec l’expérience, j’arrive à savoir les modèles qui séduisent, j’essaye de retrouver les pièces qui ont eu le plus d’engouement. C’est beaucoup les bagues.

 

Quelles sont les perspectives d’évolution de Noir Carat ?

J’aimerais bien dans un premier temps, ne plus me limiter à la France et essayer d’agrandir la zone de chalandise au pays frontalier. Par exemple en Belgique qui est à proximité de Lille.

Dans un second temps j’aimerais bien comme je l’expliquais, racheter des bijoux de particulier. Cela me permettrait d’avoir l’histoire. En achetant a des professionnel, l’avantage est que toute les pièces sont certifié mais l’histoire à tendance à se perdre. Je vais connaître l’époque et la date néanmoins je ne saurais pas l’histoire humaine qu’il y a derrière. C’est quelque chose qui me passionne aussi dans les bijoux anciens. Donc il est plus facile de la retracer avec les bijoux de particulier.

 

Le mot de la fin : quel est votre modèle de bijoux préféré ?

Le modèle que j’adore est le jonc anglais. C’est une bague jonc, ornée et incrustée d’une pierre généralement un diamant. J’ai une attache particulière à cette bague car c’était celle de fiançailles de ma mère, qu’elle m’a donnée. Je trouve que c’est un modèle intemporel qui traverse les années et qui pourra vraiment passer les modes s’en aucun souci.

 

 

Fanny interviendra lors des prochains Fashion Green Days online le 17 septembre prochain. Pour s’inscrire au webinaire c’est par ICI

 

Audrey

Audrey

Je m’appelle Audrey, je suis actuellement étudiante à l’Edhec Business School, spécialisée en marketing. Passionnée depuis toujours par la mode, j’adore customiser et broder mes vêtements. Je suis actuellement investie dans différents projets événementiels qui contribuent à l’avancement de la mode éthique et responsable.

Partager cet article sur :