Entreprise familiale née à Bordeaux en 2014, FANTOME confectionne de la maroquinerie en chambres à air de vélos recyclées. Jennie BURKE nous raconte.

FANTOME, un projet familial

L’histoire commence ici. Dans la famille BURKE, je demande le père (Charles), la mère (Michèle), le frère (Steven) et la fille (Jennie).

Au tout départ, son père tient un restaurant et l’ensemble de la famille y travaille à temps-plein ou partiel.  A côté, Michèle est mère au foyer quand Steven est Graphiste. Plus tard, Charles a le désir profond de transmission intergénérationnelle. Mais aucun de ses proches ne souhaite reprendre le restaurant. Dans ces conditions, que transmettre alors ?

Ensemble, ils décident d’ouvrir en 2009 un magasin multimarques éthiques et locales. Hasard de la vie, FANTOME voit le jour lorsqu’un de ses fournisseurs lui propose de reprendre le flambeau. La famille saisit sa chance, et crée la marque en nom propre. La reprise se fait non sans quelques ajustements. Ne reste à ce jour que l’essence même des produits, conçus à partir de chambres à air recyclées.

 

Recycler des chambres à air de vélo

Sac FANTOMEL’entreprise récolte ce matériau dans des magasins de cycles aux alentours de Bordeaux, non mécontents de s’en débarrasser. Pour des raisons économiques et pratiques, les réparateurs changent systématiquement les chambres à air crevées. Alors forcément, les déchets s’accumulent. En parallèle, une grande surface spécialisée donne plus de pièces à Jennie.

Un nom français pour une fabrication française. Direction Portets  au sud de Bordeaux. Dans le garage de la maison familiale, les chambres à air sont triées, ouvertes, lavées et la valve est enlevée. Cette étape permet de mettre à l’écart celles qui sont en trop mauvais état. En moyenne, la famille peut récupérer jusqu’à 4/5ème de l’arrivage.

Celles-ci sont ensuite nettoyées en machine à laver à l’aide d’un savon de Marseillle. Par la suite, elles sont séchées à l’air libre une première fois puis frottées au chiffon pour enlever tout résidu de talc et effectuer un deuxième contrôle qualité.

 

Des collections en petite série

Les chambres à air sont alors triées par type et par taille, et récupérées par l’atelier de confection. Michèle se charge de la couture et crée l’équivalant d’un pan de tissu. Puis s’en suivent la découpe et le montage propre à chaque article.

Charge alors à Jennie de créer les patrons de ce matériau si particulier à travailler. Depuis la première collection, en novembre 2014, plus d’une vingtaine de modèles ont vu le jour. Loin du cadre traditionnel, les collections ne subissent ni les soldes ni la saisonnalité. Chaque pièce fabriquée est unique, dûment numérotée et reste en lice jusqu’à épuisement de la demande.

Revendeurs – une trentaine de magasins en France -, e-shop et salons spécialisés sur le mode de vie vegan et le made in France vendent actuellement les modèles.

 

S’améliorer de jour en jour

Comme un fantôme qui ne laisse aucune trace sur son passage, l’entreprise tente de limiter son empreinte écologique.

Les sangles – lin et synthétique, 100% lin ou avec un pourcentage de bambou – sont tissées en France. Pour les éléments qui ne sont plus fabriqués en France, faute d’usines, FANTOME sélectionne les fabricants les plus proches de leur atelier. Les Zip sont italiens tout comme les éléments métalliques. Le fil à coudre est, quant à lui, Allemand et sera bientôt remplacé par du 100% recyclé, toujours Germanique. Certaines parties de la doublure sont en feutrine synthétique. Idem, la feutrine va passer de 50 à 100% recyclé. « Les fabricants ont de plus en plus de solutions éco conçues », se réjouit la styliste.

Même la gamme de paniers en osier est conçue à partir d’osier cultivé en France et l’assemblage avec la chambre à air est réalisé en région Parisienne.

Parmi les projets pour la suite : trouver d’autres matériaux à recycler localement. La griffe aimerait également intégrer du lin à son assortiment.

 

Un mot de la fin ? « On voulait respecter la planète, l’humain et l’animal. Nous recyclons, nous fabriquons … sans cuir et sans colle ».

 

On se donne rendez-vous aux Fashion Green Days les 23 et 24 mai à l’ENSAIT de ROUBAIX.

Propos recueillis et rédaction par Manon HAMON.