L’entreprise FASHION DATA était présente au talk « Des solutions Fast & Green » de l’édition online « Fast & Green » des Fashion Green Days. Entretien avec Romain Chaumais, executive leader chez FASHION DATA.

Quelle est l’histoire de la mode ?

Au tout début il y avait le magasin, le vendeur et le client. Émile Zola nous décrivait les grands magasins comme le temple du désir, où l’opulence d’étoffes, de couleurs et de choix suffisait à faire le bonheur de ces dames. Mais ça c’était avant. Avant la publicité, avant le marketing, avant internet. Avant la fast fashion.

En 2021, avoir un magasin et être présent sur internet ne suffit plus si l’on veut vendre, et surtout vendre mieux. L’industrie de la mode doit alors se réinventer et plusieurs pistes s’ouvrent à elle. L’analyse des données clients, de plus en plus nombreuses, en est une.

C’est ZARA qui avait d’abord flairé le filon. Depuis quelques années déjà, l’exploitation du flux de data leur permet de détecter les tendances et du coup de concevoir des collections hautement désirables, tous les 15 jours en magasin.

Aujourd’hui il est indispensable de voir plus loin. Être rentable, c’est bien. Être rentable de la manière la plus responsable possible, c’est mieux ! Accompagner les enseignes de mode sur le chemin de l’éco-rentabilité, c’est d’ailleurs la mission que se donne FASHION DATA : une jeune start-up française fondée en 2018 par Pingki HOUANG.

Comment fonctionne l’outil FASHION DATA ?

outil fashion data

FASHION DATA, l’intelligence de la donnée au service de l’industrie de la mode

Romain Chaumais m’explique que leur outil permet d’analyser les données des consommateurs afin de donner une vision claire et proposer des recommandations aux enseignes. Pour les collecter rien de mieux qu’un programme de fidélité. À chaque achat, chaque visite sur le site, chaque commentaire sur les réseaux sociaux, le consommateur fournit de précieuses informations aux marques.

 

L’intelligence artificielle, qui mixe tous ces faisceaux, permet d’intervenir à 3 niveaux :

    • le client : mieux le comprendre pour anticiper ses besoins, lui proposer une expérience d’achat adaptée ;
    • le produit : détecter les tendances et prédire les volumes de vente pour produire en fonction ;
    • la chaîne de distribution : garantir la disponibilité des produits et s’adapter aux spécificités de chaque magasin.

 

En quoi l’outil FASHION DATA est-il responsable ?

 

L’outil permet aux marques de ne produire que ce qui sera vendu. En appréhendant mieux les comportements du client, l’intelligence artificielle peut estimer finement, dès la conception, les ventes des futures collections (en termes d’articles, de tailles et de couleurs). Elle permet ainsi d’optimiser les coûts de fabrication et minimiser les invendus. L’objectif étant de réduire l’impact environnemental des vêtements. Moins de gâchis en somme, et peut-être la fin des soldes. En tous cas les soldes tels que nous les connaissions jusqu’ici.

Mais alors, si la machine prédit l’avenir et nous permet d’anticiper, quel rôle nous reste-t-il à jouer, me demandai-je. Romain Chaumais se montre rassurant : la data est un outil. Libre à l’homme de suivre les préconisations de l’algorithme. L’intelligence artificielle ne prévoit que la plus grande probabilité de ce qui va se passer. Il nous reste donc notre intuition, notre sens créatif et notre libre-arbitre.

Pour FASHION DATA les deux intelligences doivent se compléter et non s’opposer. Les enseignes du groupe MULLIEZ – JULES, ROUGE-GORGE, BIZZBEE… – ERAM aussi, apprennent à faire confiance à la recommandation donnée par l’algorithme pour faire évoluer chaque métier, de la création du vêtement à sa commercialisation, en passant par sa production.

L’avenir de la mode, univers de l’impalpable et de l’émotion par-excellence, dépend-il donc de ces innovations numériques ? L’avenir de la mode responsable c’est probable, mais ça les données ne le prédisent pas…

Retrouvez le replay de la table ronde « Des solutions Fast & Green ».

 

Anne Hory Forest

Anne Hory Forest

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