Lors des Fashion Green Days online “Green Commerce” de novembre, Pascal Ansart du cabinet de Conseil PwC fera un tour d’horizon sur les nouvelles stratégies business. En attendant, il nous en donne quelques grandes lignes.

 

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de PwC ?

 

Le cabinet multidisciplinaire PwC

 

PwC (anciennement Price Waterhouse Coopers) est un réseau pluridisciplinaire autour des métiers du conseil, de la transaction, d’avocats, de l’audit et expertise comptable. Nous comptons 260 000 collaborateurs dans le monde, dont 6 000 en France.

Je travaille chez PwC depuis 10 ans. Avant cela, j’ai alterné entre des jobs de senior partner dans des cabinets de conseil (Bossard-Gemini et Oliver Wyman) et des postes de general manager. J’ai notamment exercé la fonction de directeur général par intérim au sein de Petit Bateau, en 2005 / 2006

J’ai donc un parcours mixte dans l’industrie et le conseil en stratégie. Depuis 35 ans, je suis témoin de ces évolutions de marché et mon métier m’amène en permanence à essayer d’anticiper le plus possible les tendances. Le but ? Permettre aux entreprises et aux marques de se repositionner, se transformer et se développer, quel que soit le canal de distribution (digital, physique…). Je connais bien les secteurs de la cosmétique, de l’agroalimentaire et de la grande distribution et j’interviens aussi beaucoup dans le secteur du textile. J’ai conseillé de nombreuses marques, tout niveau de gamme et toute cible confondus, telles que Petit Bateau, Celio, Gérard Darel, SMCP, Kenzo, Givenchy, Chanel…

 

La marque “Strategy&”

 

Je suis responsable de l’unité de business strategy chez PwC en France, sous la marque “Strategy&”, suite au rachat de Booz&Co en 2014.

portrait pascal ansart pwc

Pascal Ansart, responsable de l’unité business strategy chez PwC

J’interviens pour l’essentiel dans le domaine de la “distribution & produits de grande consommation” en France et à l’étranger.

L’équipe “Strategy&” c’est près de 150 consultants à Paris. Parmi eux, nous avons une équipe de 40 consultants focalisée sur les problématiques de développement durable et des stratégies de transformation autour de cette thématique.

 

Quelles tendances de fond observe-t-on actuellement ?

 

Si l’on prend un peu de hauteur, les tendances de fond sont les mêmes dans presque tous les secteurs et elles existaient déjà plusieurs années avant la crise sanitaire.

 

Vers “une consommation responsable”

 

Cette tendance, qui est extrêmement forte et profonde, commence à se massifier. Avant on était écolo parce qu’on était bobo et qu’on avait les moyens de consommer dans ces circuits sélectifs. Maintenant, cette dimension est grand public.

Dans l’alimentaire, depuis ces 2-3 dernières années, le “mieux manger” est très présent et partagé par les marques. Aujourd’hui, cette dimension est vraie à tous les niveaux de l’offre : textile, cosmétique, électroménager… La prise de conscience individuelle est devenue collective et elle commence à faire pression sur les marques et les distributeurs. Les consommateurs veulent des produits de qualité, moins de gaspillage, plus de traçabilité et de transparence.

 

Empreinte sociale, économique et environnementale : les marques se questionnent

 

Ce que l’on observe également, c’est qu’il y a des entreprises qui se posent de vraies questions. La nature de la réponse peut alors constituer un avantage compétitif (ou non) pour elles, et être un élément de différenciation sur le marché pour attirer les consommateurs.

Par exemple, on observe des tensions entre le commerce physique et les pure players. Quelle est la meilleure empreinte environnementale ? Nous n’avons pas encore les éléments de réponse. Mais nous menons une étude sur le sujet grâce à nos spécialistes du développement durable. Ils travaillent sur l’impact carbone et l’analyse des cycles de vie des produits. Ceci pour réussir à déterminer si un achat sur internet est meilleur ou moins bon qu’un achat dans un centre commercial.

 

Un mouvement de déconsommation majeur

 

Cette tendance a été observée avant la Covid-19. Dans le secteur textile par exemple, peu importe la gamme, le marché de la mode en France est passé de 36 milliards d’euros en 2008 à 29 milliards d’euros en 2019. Ceci correspond à une décroissance annuelle de 2 %. Sur les personnes interrogées, 44 % d’entre elles affirment d’ailleurs acheter moins de vêtements, soit par choix budgétaire, soit par soucis éthique.

Enfin, les marchés de la 2nde main et du réemploi, bien qu’ils restent encore marginaux, gagnent en popularité. Ils ont l’avantage d’allonger la durée de vie des produits et de diminuer leur empreinte écologique.

 

Quels ont été les effets de la crise de la Covid-19 sur les tendances de marché ?

 

Nous avons mesuré les effets de cette crise, surtout dans la consommation alimentaire. Lors du confinement on a fait un appel assez massif aux achats à distance, que ce soit en passant par des plateformes, des distributeurs ou des artisans de quartier. Il y a eu de nouveaux utilisateurs du digital comme les séniors qui ont dû s’y mettre par contrainte.

 

Une accélération des stratégies digitales

 

Le confinement a donc accéléré les tendances. La digitalisation, qui était déjà très forte, a augmenté de 50 %. Cependant, les acteurs de la grande distribution, sous l’afflux des commandes, ont vu le trafic sur leurs sites exploser, ce qui a causé des problèmes. Logiquement, il y a eu beaucoup d’abandons de panier, de pénuries, de substitutions de produits, de problèmes de livraison ou de désillusions du consommateur.

Depuis, toutes les enseignes ont continué à accélérer leur stratégie digitale. Elles veulent désormais améliorer leur expérience client, proposer une meilleure qualité de service, une offre plus ajustée et des produits de meilleure qualité.

 

Une augmentation de la consommation locale

 

Cette tendance est souvent associée à l’aspect durable et donc à une meilleure qualité des produits. Les magasins qui ont su se mettre au digital ou à la vente à distance sont sortis gagnants de cette période très particulière de consommation.

 

Les attentes du consommateur : du plaisir au besoin

 

Cette observation s’applique plus particulièrement au textile. Même les performances de soldes post-confinement n’ont pas suivi. Les consommateurs se sont concentrés sur 20 % des gammes qui répondaient à leurs besoins et les marques se sont retrouvées avec d’importants stocks qui n’ont pas pu être écoulés. Cela les a alors amenées à réfléchir à une rationalisation de la profondeur de gamme des prochaines collections. A ce jour, l’objectif est de mieux toucher les besoins essentiels des consommateurs et éviter les invendus qui sont coûteux.

 

Retrouvez Pascal Ansart lors du talk “Nouvelles stratégies business” des Fashion Green Days online le jeudi 19 novembre à 14h30. Pour s’inscrire, c’est par ICI !

Marie-Laure Ruppel

Marie-Laure Ruppel

Facilitatrice de projet de développement durable

 

J’accompagne des territoires et entreprises, sur les sujets qui touchent à l’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité. Ces dernières années, ma passion m’a amenée à évoluer dans l’industrie de la mode et du textile.

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