Pendant ce confinement, l’environnement qui nous entoure influence considérablement notre rapport à la mode. Les vestiaires hommes et femmes s’uniformisent en vêtements confortables et unisexes. Individuellement, on ne trouve plus d’intérêt à créer une tenue quotidiennement car « avoir du style » a très vite perdu son sens. A tel point qu’on peut se demander si ces habits auront encore de la valeur après ce confinement, ou si au contraire le fait de les reporter augmentera notre attachement à ces pièces, et nous replongera dans une consommation intensive. Quoi qu’il en soit, ce que nous sommes en train de vivre a de lourdes répercussions sur l’industrie de la mode qui ne sait plus où donner de la tête. Mais c’est aussi l’occasion de réfléchir à de nouveaux modes de production et de consommation. Comment sera la mode après le confinement ?

LE CONFINEMENT : UN AUTRE RAPPORT A LA MODE

Les français, qui achètent en moyenne 30kg de textile par an, laissent dormir 68 % de leur garde robe dans leurs armoires. Alors pourquoi ne pas profiter de cette période pour faire un tri dans ses armoires ? Petite astuce, la méthode 333 : Choisir 33 vêtements différents qui te permettront de créer tes tenues pour les trois prochains mois et aller à l’essentiel le matin. Tu retrouveras le plaisir de créer toi-même par la couture tes prochaines pièces, ou réparer certains habits abîmés. Cela t’évitera d’en acheter de nouveaux.

En cette Fashion Revolution Week, reprenons les bonnes habitudes pour retrouver ce qui dort dans nos placards pour les reporter, les donner, les échanger, les vendre, les louer à des particuliers. Bref, autant de solutions seconde main qu’on peut adopter à la fin de cette période pour ne plus avoir à succomber à nos caprices de consommation.

QUID DE L’INDUSTRIE DE LA MODE ?

La prochaine Fashion Week en Juin et la Semaine de la haute couture en Juillet, occasions en or pour faire du business ont été annulées. Avec la fermeture des magasins et la limitation des livraisons, l’industrie de la mode subit de plein fouet les mesures de distanciation sociale imposées depuis mi-mars dernier. Entreprises comme consommateurs sont chamboulés. “Nous allons connaître des difficultés pendant au moins deux ans” exprime le Président de Prêt à Porter Féminin, Pierre François le Louët. Cette période est plus que jamais l’occasion pour l’industrie de la mode, deuxième industrie la plus polluante après le pétrole, de se remettre plus rapidement en question.

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L’aspect positif de cette période est qu’elle favorise l’innovation et la créativité afin de trouver des solutions aux nouveaux problèmes. Il y a effectivement un changement de mentalité qui semble naître, comme le souligne Li Edelkoort, prévisionniste des tendances futures : “cette quarantaine de consommations nous poussera à se réjouir de choses simples. Cela permettra de mettre en place un système plus respectueux, dans toute sa chaîne de production”.

De manière générale, la crise que nous traversons illustre les dérives de la mondialisation, entraînant avec elle celles de l’industrie de la mode délocalisée et bon marché. Il est donc plus que jamais temps de nous tourner vers une production et une consommation plus responsable socialement et environnementalement.

ON S’HABILLE COMMENT APRES LE CONFINEMENT ?

Le masque: nouvelle tendance printemps/été 2020. A l’origine destiné à nous protéger contre le virus du Covid-19, le masque est rapidement devenu tendance avec l’arrivée de nombreux modèles. Des tutoriels voient le jour sur les réseaux sociaux pour créer son masque blanc, ou coloré, à fleurs, à pois… il y en a pour tous les goûts !

La mode intègre la crise sanitaire actuelle dans ses productions. Les masques de la marque OffWhite se vendent à plus de 80 euros. Mais les grandes enseignes de mode qui ont entamé la commercialisation de masques ne réussiront pas nécessairement à en vendre. En effet, la tendance est à la production maison de masques entraînant des milliers de nouvelles vues sur les tutos youtube et une ruée vers les machines à coudre.

masque covid mode

Le masque peut-il devenir un accessoire courant ? Au Japon, le masque faisait déjà partie de la culture bien avant la pandémie, pour des raisons d’hygiène. Quoi qu’il en soit, la mode, et en premier la haute couture s’inspire des événements et de l’Histoire. Il est donc probable que dans les années ou les mois à venir, de voir de plus en plus de masques émerger dans les collections. On le sait tous, le masque a d’abord une utilité sanitaire, et n’a donc aucune valeur esthétique. Cependant, si le Covid-19 fait parti de notre quotidien et se normalise, il peut vite devenir un forme de différenciation sociale. 

Mais si demain nous devons respecter la distanciation sociale, le vêtement aura-t-il  toujours la même force de représentation qu’avant ? Selon Manon Renault, journaliste mode et culture, “il y a une pause dans la visibilité,une mise en arrêt de cette obligation de créer une identité à la vue des autres par le vêtement”.

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La tendance de la seconde main

Du Bangladesh à la France : défaillances sociales et environnementales de la mode

Pauline Delattre

Pauline Delattre

Rédactrice | Equipe Communication

Je suis Pauline Delattre, j’ai 21 ans et je suis originaire d’Arras. Future étudiante en Démographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, je m’intéresse aux changements qui peuvent être fait pour protéger notre environnement et notre société. La mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde et aujourd’hui il est grand temps de changer les méthodes de production et de consommation.

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