Louis LEFEVRE a crée « La tête dans les nuages » en 2017. Progressivement, la marque se fait une place sur le marché des coussins géants à une exception près. La fabrication est réalisée à partir de matériaux récupérés qui ne sont autre que des montgolfières et du polystyrène.

 

Recyclage & polystyrène

Originaire de Picardie et fils d’agriculteur, Louis est étudiant Ingénieur Agronome à Lille lorsqu’il réalise un stage de fin d’études chez Phenix. Au sein de cette startup qui aide les entreprises à réduire le gaspillage en réveillant le potentiel de leurs déchets, le constat est sans appel. La grande distribution recycle le polystyrène seulement à hauteur de 30%. Alors responsable de donner une seconde vie aux caisses de poissons de ce même matériau, le jeune homme ne parvient pas à en enlever les odeurs.

Prenant exemple sur la marque Fatboy – rendue célèbre grâce à ses poufs aux étiquettes surdimensionnées – l’idée fait son chemin.

Main sur le volant, le jeune entrepreneur se rend à Munich pour acheter un ancien broyeur de polystyrène au prix de la ferraille. Ce dernier ayant semble t-il rendu l’âme. Après quelques réparations, cet engin de 4 mètres de haut et 3 tonnes d’acier retrouve la vie.

"La tête dans les nuages", le polystyrène

Si l’intérieur de ces coussins géants est tout trouvé – 350 litres par pouf soit une trentaine d’emballages de frigidaire – reste la housse. Une seule évidence pour le jeune homme : agir en faveur d’une démarche anti-gaspillage en ne créant aucune matière.

Recyclage & montgolfière

A la recherche de tissus colorés en grande quantité, c’est allongé en extérieur le regard tourné vers le ciel qu’un ami lui donne l’idée. Que deviennent les toiles de montgolfières considérées hors d’usage ? Bien qu’elles ne puissent plus répondre à leur fonction d’étanchéité à l’air, ces dernières conservent leur résistance et leur qualité.

"La tête dans les nuages", les montgolfières

Le calcul est rapide. La durée de vie en heures de vol de ces ballons n’excède pas 650 heures,  il existe cent clubs en France disposant en moyenne de deux montgolfières. A partir des 700 à 2000 m2 de toile d’une montgolfière, le fondateur estime qu’il est possible de créer jusqu’à 200 poufs. Le matériau, récupéré dans les clubs partout en France, est ainsi tout trouvé.

Sa petite sœur, Modéliste de métier, dessine les prototypes. A la fin de son stage, le jeune diplômé a donc tout ce qu’il faut pour concevoir ces produits. « La tête dans les nuages » voit officiellement le jour en janvier 2017.

 

Un système solidaire au profit de l’environnement

STRATOCUMULUS BLEU NUIT, VERT ET VERMILLON (180X135CM)Grâce à la campagne de crowdfunding – objectif 20 000€ – c’est 36 000€ qui ont été récoltés en 1 mois, c’est-à-dire 350 coussins géants précommandés.

Entre temps, l’entreprise s’est installée en Seine-Saint-Denis – décembre 2017 – dans un local  de 150m2. Zone où l’ensemble de l’équipe travaille : de la collecte des matériaux au remplissage des poufs en passant par le broyage du polystyrène.

L’ESAT des Muguets à la Courneuve se charge de la remise à neuf des matières premières. Quant à la confection, l’atelier Mode Estime – qui intègre des personnes en situation de vulnérabilité physique et psychique et/ou sociale – est à la manœuvre.

Retrouvez donc l’ensemble des produits sur internet – site web, market place comme La Fnac ou Amazon. Une stratégie online qui permet de conserver un prix de vente raisonnable.

 

Un studio de design spécialisé en économie circulaire

Pour l’heure, l’entrepreneur pense à élargir sa gamme – personnalisation, coussins géants d’extérieur et d’autres spécialement conçus pour flotter sur l’eau. Si vous avez participé à la campagne de financement participatif, souvenez vous, « La tête dans les nuages » avait proposé une croisière sur le canal St Martin. Idée qui avait déjà fait l’unanimité.

A horizon de 3 ans, Louis développera une gamme complète de matériaux entièrement recyclés. Ajoutez à cela, une production réalisée en France dans un rayon de 50 km et vous obtiendrez un studio de design en économie circulaire.

 

La slow déco attend son tour

« J’ai l’impression que ces 8/9 derniers mois, il y a eu une vraie prise de conscience globale », se réjouit Louis.

Pour le fondateur, la slow déco « a pris beaucoup de retard » comparé au prêt-à-porter. Pour le moment peu de monde s’intéresse à la provenance de ses meubles. A cet égard, le secteur devrait suivre la même direction selon l’entrepreneur qui relève un marché « beaucoup plus polarisé ».

 

On se donne rendez-vous aux Fashion Green Days les 23 et 24 mai à l’ENSAIT de ROUBAIX.

Propos recueillis et rédaction par Manon HAMON.