LA VIRGULE s’engage à créer des produits qui allient style, qualité et éco responsabilité. La campagne de crowfunding, qui démarre en juin, est l’occasion pour la start-up de lancer sa première ligne de sac à dos conçus à partir de kayaks upcyclés.

 

La fibre entrepreneuriale, une histoire de famille

Lillois d’origine, Benoit a été familiarisé très tôt avec le commerce.

En 2014, ce jeune diplômé de l’ITEEM – Génie en systèmes des productions/Entrepreneuriat – se rend au Népal, creuset de sa première expérience entrepreneuriale. En effet, à Pokhara, Benoit fait l’heureuse rencontre d’un groupe de micro-entrepreneuses qui conçoivent des sacs à dos à partir de chanvre. Après la visite de l’atelier, il se décide à vendre en France, avec un ami, ces produits fruits de l’artisanat local. Notamment dans le but de les aider à assumer financièrement les dégâts causés par le tremblement de terre.

Après plusieurs campagnes et pas moins de 400 sacs vendus, il devient Ingénieur tongs pour Décathlon – « Ce sont souvent les produits les plus simples qui exigent le plus de technicité ».

 

La Virgule : upcyler des déchets destinés à être enfouis ou incinérés

En 2018, il est rattrapé par ses aspirations – « J’adorais ma mission mais j’ai ressenti l’envie d’entreprendre ». Porté par des marques telles que La vie est belt, Benoit prend conscience que le type d’économie linéaire, dont il fait partie, produit trop de déchets.

Persuadé que l’avenir est ailleurs et passionné par les sports d’eau, l’idée émerge doucement. Le jeune homme se rapproche alors de l’équipe qui développe les kayaks chez Décathlon. Cette dernière est partante pour le projet.  En plus d’être un matériau intéressant car robuste et imperméable – « C’est le même que les sacs à dos de la marque Quechua » – un kayak correspond à 10 kilos de matière qui ne sont pas enfouis sous terre.

Ainsi après avoir quitté l’entreprise et investi dans une machine à coudre, le jeune entrepreneur récupère 2 kayaks de la marque Itiwit – suite à des retours clients – et s’attèle à créer les premiers prototypes. Cette aventure, il la démarre avec Matthias, un ancien collègue et Designer.

En parallèle, Maxime, ex planchiste quasi-professionnel animé par un projet  similaire, contacte Benoit sur Linkedin. Le binôme s’est trouvé.

A ce jour, l’écosystème se veut complémentaire.

Equipe La Virgule

Favoriser la production locale et l’insertion sociale

Le circuit de récupération est le suivant. Lorsqu’un client ramène un kayak en fin de vie, Décathlon le rapatrie à son siège de Villeneuve d’ascq – à proximité de Lille. Ni une ni deux, La Virgule se charge alors de récupérer ces produits à bout de souffle.

Les kayaks sont ensuite lavés dans des machines à grosse capacité.

Pour la confection, la start-up collabore avec l’ESAT Afapei à Calais. Concrètement, 20 personnes en contrat adapté se chargent de découper les kayaks, puis assembler chaque pièce pour fabriquer les sacs à dos.

Sur papier, l’idée est simple. En réalité, l’équipe a du relever plusieurs défis pour y parvenir.

 

Le sac 02, un sac qui fait du bien aux hommes et à la planète

Sac La VirguleLe sac 02, dont le volume varie de 16 à 18 litres, est conçu pour vous suivre dans toutes vos aventures. A l’intérieur du rabat, vous pourrez même retrouver l’histoire de La Virgule.

Lancé il y a deux mois sans avoir contacté la presse, l’accueil réservé à ce dernier dépasse les objectifs initialement fixés.

Néanmoins concevoir un produit Made in France à partir de matériaux upcyclés, tout en s’efforçant de garder un prix accessible, est un défi de taille. Selon l’entrepreneur, dans ces conditions, l’effet d’échelle est assez faible puisque il s’agit de petites séries. Il convient donc « d’optimiser l’intelligence dans la conception ».

Un contexte juridique évoluant en faveur de la gestion des déchets pourrait être une solution. Grâce à la mise en place d’une politique pollueur/payeur, l’entreprise serait alors capable de baisser ses prix.

 

Devenir une marque de bagagerie à part entière

La prochaine étape ? Si jusqu’ici, Benoit « savait vraiment » où il voulait aller, la start-up ne devrait pas tarder à être incubée pour toute la partie développement.

En termes de distribution, une fois la campagne de financement participatif aboutit et clôturée, La Virgule aimerait vendre ses collections chez des créateurs et via le site web.

Enfin, sa mission continue. Upcycler, toujours upcycler. A plus long terme, le fondateur voit plus loin et pense déjà à donner une seconde vie aux Paddles Itiwit. Même si c’est un process qui se révèle plus complexe. En effet, la technologie est différente – Drop Stitch – et le procédé de désassemblage plus difficile à appréhender.

 

Un marché de la mode qui se fracture

En ce qui concerne l’avenir de la mode, Benoit se dit « partagé ».

D’un côté, il remarque que certains acteurs s’engagent et ne font pas les choses à moitié. « Les consommateurs deviennent consom’acteurs ». De l’autre côté, certains réseaux de distribution à prix cassés se font la guerre.

«  On peut avoir l’impression que consommer de manière raisonnée est gagné. Cependant, un autre extrême est en train de se positionner »

 

Un mot de la fin ? « La Virgule, ce n’est pas un point final pour les déchets sportifs. Nous devons réécrire l’histoire des produits ».

 

On se donne rendez-vous aux Fashion Green Days les 23 et 24 mai à l’ENSAIT de ROUBAIX.

Billetterie et programme des conférences sur www.fashiongreendays.fr

Propos recueillis et rédaction par Manon HAMON.

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