Mode, Maison ou Matière, la laine est un matériau noble qui porte avec elle une esthétique de la liberté. Et non elle n’appartient pas au passé, il s’agit d’un matériau d’avenir éthique et durable par excellence. En tout cas c’est l’engagement de Laines Paysannes, spécialiste de la laine qui propose des produits allant du pull en laine au fil à tricoter à partir d’une matière première entièrement traçable et respectueuse de l’environnement : des laines des Pyrénées.

Et pour en savoir plus sur la laine et sur le projet les Laines Paysannes, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Olivia Bertrand, co-fondatrice de la marque qui interviendra lors de la prochaine édition des Fashion Green Days du 19 au 23 octobre. Laines Paysannes qui a remporté le trophée Honneur petite entreprise lors des Trophées de la Mode Circulaire.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

 

Je suis Olivia, la Co-fondatrice de Laines Paysannes. A la base, j’ai une en formation en tissage et je me suis formée avant tout en Amérique centrale via la teinture végétale et le tissage au métier de ceinture, le métier à tisser traditionnel d’Amérique Latine.

Puis en arrivant en Ariège, j’ai créé un petit atelier de tissage. Rapidement, l’idée a été de travailler avec des laines locales et d’intégrer une dimension de ré-appropriation des savoir-faire qui était très importante pour moi. Ainsi, c’est tout naturellement que je me suis mise à rencontrer très vite des éleveurs pour me rendre sur les chantiers de tonte, pour trier la laine et pouvoir transformer la matière produite sur le territoire. J’ai dès le départ eu cette volonté de donner du sens et de faire quelque chose de cohérent avec les savoir-faire autour de chez moi. Ensuite il a suffit d’une rencontre, pour voir le projet Laines Paysannes prendre forme.

 

Justement parlez-nous de Laines Paysannes ?

 

Tout est né d’une rencontre. De mon côté je portais le projet de la valorisation de la laine locale avec cette expérience plutôt du côté de la matière, de l’artisanat et de la filature. Et c’est quand j’ai rencontré Paul, qui lui est éleveur de moutons en Ariège que le projet Laines Paysannes est né. Paul est éleveur de brebis et fonctionne en agriculture biologique et en pleine air intégral. Il était important pour lui de valoriser sa laine, ce qui n’était pas le cas à l’époque où nous nous sommes rencontrés. Cela faisait partie de ses questionnements : comment valoriser l’ensemble des productions de son troupeau ? Ainsi, on a réfléchi ensemble à comment nous pouvions valoriser la laine de son troupeau et plus largement. L’idée qui nous animait et qui nous anime encore aujourd’hui était de trouver une débouché pour la laine locale. C’est pourquoi, nous avons très vite élargi notre projet à d’autres éleveurs, d’autres qualités de laine et d’autres races et cela a grandit petit à petit.

En 2015, nous avons monté un premier chantier de tri de laine expérimentale pendant la tonte sur sa ferme et l’engouement a été énorme. Nous avons eu beaucoup de bénévoles et de personnes qui ont adhéré à la démarche et cela a été le début d’une grande aventure humaine.

 

 

 

 

Vous proposez aujourd’hui des articles mode, pour la maison et même la laine en tant que telle. Mais comment distribuez vous vos produits ?

 

Au tout début, nous n’avions pas forcément réfléchi à une stratégie commerciale car ce n’était pas du tout notre savoir-faire. On a dû apprendre sur le tas.

Alors nous avons ainsi choisi de développer tout d’abord du vêtements car c’est cela qui nous plaisait et on trouvait que les laines locales avaient du potentiel sur ce type de produits notamment au regard de leurs caractéristiques.

Et nous avons commencé par faire ce que l’on sait faire, c’est à dire vendre sur les marchés. Donc nous avons débuté par des marchés locaux et très vite nous avons cherché un moyen de vendre localement nos produits et de nous déplacer facilement. C’est comme cela qu’est née la caravane boutique, cette petite roulotte qui nous permet d’aller au plus près de nos consommateurs. Grâce à un financement participatif réussi en 2017, nous avons ainsi imaginé la caravane comme un outil pratique pour développer les ventes mais aussi un cadre qui soit qualitatif afin d’ancrer la laine dans une dynamique de matière d’avenir, moderne et contemporaine.

Parallèlement nous avons quand même monté une boutique en ligne. C’est en effet un outil que nous cherchons à développer de plus en plus, surtout au regard du contexte actuel et de l’extension de notre projet. Il s’agit principalement de créer de la complémentarité et de garder dans l’idéal quand cela est possible la vente directe en Foires Bio, les salons….  qui est une priorité pour nous.

Nous serons notamment sur Paris du 27 novembre au 6 décembre pour un pop-up store.

 

 

Et plus concrètement, qui se cache aujourd’hui derrière Laines paysannes aujourd’hui ?

 

Aujourd’hui nous sommes une équipe de 7 personnes avec des postes définies mais nous fonctionnons de manière collaborative. Par exemple, tout le monde participe à la récolte de laine. Chacun garde une polyvalence qui permet de garder une cohérence globale.

L’ensemble de l’équipe porte le projet et les décisions sont très concertées.

Laines Paysannes c’est une communauté avec aussi bien les éleveurs, les transformateurs que les bénévoles qui chaque année viennent nous aider pendant la période de la tonte. Nous les formons sur le tas et il y a de plus de en plus de demande de personnes qui ont envie d’apprendre et de mettre les mains dans la matière. En effet, la plupart du temps cela permet de donner du sens à leurs pratiques textiles et faire le lien avec la production et l’origine des matières.

Le projet est porté par le collectif.

 

 

Quels sont pour vous les actes qui changent tout ?

 

Travailler en équipe pour nous c’est fondamentale. Clairement, c’est devenu une manière de travailler sur laquelle nous ne pourrions pas revenir. Nous avons commencé à 2 mais aujourd’hui nous sommes 7 et ça n’aurait plus aucun sens de revenir à deux. C’est important de construire ensemble.

Nous construisons les choses petit à petit avec les différentes personnes impliquées aussi bien dans la filière, que ce soient les éleveurs, les transformateurs… C’est tout l’intérêt du local pour nous.

D’autre part, au quotidien il est important de savoir s’adapter, travailler dans la bienveillance et dans l’obstination.

Ne ratez pas les prochaines ventes Laines Paysannes en consultant l’agenda.

 

 

Olivia de Laines Paysannes sera présente sur la troisième édition des Fashion Green Days le 23 octobre lors de la table-ronde “le local à haute valeur ajouté”. Pour ne pas manquez cette conférence, inscrivez-vous ICI

Aude Renoud-Tsasa

Aude Renoud-Tsasa

Fondatrice de la marque Gambela Market

Après une dizaine d’années dans la communication dans différents secteurs d’activité, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat. J’ai ainsi créé en mars 2020 Gambela Market, une marque de mode responsable mettant le wax à l’honneur.

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