Flore Berlingen met les pieds dans le plat dans son dernier ouvrage « Recyclage le grand enfumage ».

« Dans une contexte de surconsommation des ressources et d’explosion de la quantité de nos déchets,le recyclage apparatit telle la panacée face à l’hérésie de mise en décharge ou de l’incinération.Nous voudrions croire à un système qui nous permettrait de consommer comme si de rien n’était en faisant juste l’effort de trier »

Flore Berlingen traite du recyclage de toute notre consommation, et examine particulièrement le désastre du plastique et sa consommation efferénée de jetable.

Qu’en est il alors pour la Mode ?

La consommation mondiale a plus que doublé en quinze ans et celle-ci se concentre dans les pays riches.

Ce sont eux qui succombent aux achats fréquents, portent très peu (ou pas) leurs vêtements, les jettent ensuite lorsque leurs placards sont trop pleins.

La responsabilité est reportée sur les consommateurs : ils doivent trier, donner.

Chaque année en France, un habitant produit 354 kg d’ordures ménagères.

En France, la destination de nos déchets se répartissent ainsi (moyennes nationales) :

  •  Incinération : 30 %
  • Décharges : 36 %
  • Valorisation matière (recyclage) : 20 % (seulement)
  • Gestion biologique (compostage/méthanisation des déchets organiques) : 14 %

On voit donc que le recyclage est encore faible.

La France est un mauvais élève en Europe.

Exemple du plastique :

Recyclage

Déchets France Europe

 

La gestion des déchets coute de plus en plus cher aux collectivités (c’est-à-dire nous !)

20 Milliards d’euros par an en France.

Les marques et enseignes mettent sur le marché beaucoup trop de vêtements sans vraiment avoir de contraintes de supporter leur recyclage final.

Depuis 1990 se sont mises en place des filières dites de REP « Responsabilité élargie des producteurs »

Le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP) existe dans la loi depuis 1975 et est codifié dans l’article L. 541-10 du code de l’environnement.
« Il peut être fait obligation aux producteurs, importateurs et distributeurs de ces produits ou des éléments et matériaux entrant dans leur fabrication de pourvoir ou de contribuer à l’élimination des déchets qui en proviennent.

La contribution des entreprises est de 1,2 milliards d’euros seulement sur le cout de 20 Milliards.

La filière de REP Textile Linge de Maison Cuir existe depuis 2007

Les entreprises doivent verser une contribution et ECO TLC finance la collecte séparée des TLC et des centers de tri comme le Relais.

Néanmoins ce n’est pas parce que les TLC sont en théorie recyclables qu’ils le sont dans la réalité.

Exemple des masques en ce moment : les masques à usage unique sont souvent en polypropylene, materiau issu du pétrole qui se recycle en theorie. Mais pas en pratique.Et c’est ainsi des centaines de millions de masques qui risquent de finir dans la mer.

La première étape de collecte est déjà compliquée :

Beaucoup de TLC finissent hélas dans les ordures ménagères et sont donc incinérés .

38% seulement des 2,6 milliards de TLC mis sur le marché en 2018 sont collectés séparément.

La filière ne comprend qu’un seul éco-organisme agréé, Eco TLC, qui a obtenu un renouvellement d’agrément pour 3 ans (2020-fin 2022) par l’arrêté du 20 décembre 2019. Le cahier des charges, annexé à cet arrêté, impose à l’éco-organisme de pérenniser et de développer la filière de gestion de déchets de TLC (collecte, tri, valorisation) en détournant notamment des flux conséquents de déchets de TLC des ordures ménagères résiduelles (OMR) et du traitement par élimination (stockage ou incinération).

chaque collectivité mettant en place un point d’apport volontaire pour 2 000 habitants perçoit de la part d’Eco TLC un soutien de 10 centimes d’euros par an et par habitant (soit 40 euros environ la tonne collectée).

L’éco-organisme veille également à ce que soit assurée une couverture de l’ensemble du territoire national en points d’apport volontaire (PAV) de TLC usagés. L’objectif national est fixé à 1 PAV pour 1500 habitants d’ici 2019.

Par ailleurs, le cahier des charges fixe l’objectif d’augmenter significativement les tonnages collectés, afin d’atteindre 50 % du gisement mis en marché, soit 300 000 tonnes (ce qui équivaut à 4,6 kg par an et par habitant). L’objectif qualitatif pour les déchets issus des TLC triés est d’atteindre d’ici la fin de l’agrément, au moins 95 % de valorisation matière (réutilisation et recyclage) et un maximum de 2 % de déchets éliminés (déchets ne faisant l’objet d’aucune valorisation).

  • 58,6 % ont été réutilisés
  • 32,6% ont été recyclés (effilochage, chiffons)
  • 8,4 % ont été valorisés énergétiquement dont 8 % sous forme de combustible solide de récupération (CSR) et 0,4 % sous forme d’incinération avec production d’énergie
  • 0,4 % ont été éliminés.

Réutilisés cela signifie souvent exportés et c’est là que le bat blesse.

Ex du Relais qui traite 55% des TLC en France :

recyclage

Nous nous « débarassons » de plus de la moitié de nos déchets de TLC au lieu de les transformer sur place.

Ces vêtements partent parfois dans des pays dont ils menacent la production locale comme en Afrique du Nord.

Nous ne pouvons donc pas penser que surconsommer et donner est une solution.

Moins de 1% des TLC sont retransformées en nouveaux vêtements et accessoires.

Il s’agit pourtant d’un gisement qui éviterait de reproduire des tissus neufs.

La demande mondiale de vêtements ne cesse d’augmenter et continuera à détruire l’environnement si nous ne passons pas à une Mode Circulaire c’est-à-dire qui REDUIT (sa consommation) et REUTILISE (ses ressources déjà produites) et REPENSE ses produits afin de minimiser leurs impacts,leurs déchets et  qu’ils soient économiquement viables de les recycler..

Le nombre de fois où un vêtement est porté avant d’être jeté a baissé de 36% ces 15 dernières années.

Notre responsabilité collective est donc :

De ne pas surproduire et éviter les surstocks invendus ainsi que les démarques continues qui encouragent à surconsommer.

De concevoir avec attention des produits recyclables compostables et économes en matériaux.

De consommer moins, de consommer plus qualitativement des vêtements que nous allons aimer longtemps et pouvoir garder/réparer/transformer/revendre/donner/échanger à proximité.

De réutiliser sur place nos déchets en encourageant les activités de transformation créatives :

  • Upcycling (vêtements en vêtements ou en accessoires ou en articles zero déchets),
  • Idées de réutilisation pour d’autres industries (ex des coques de téléphones en fibres de lin et resine de lin).

De favoriser plusieurs vies pour chaque article (location, échange, circuits de vente de proximité de seconde main).

C’est une responsabilité de l’ensemble de fabricants et distributeurs qui doit très vite s’exprimer en objectifs chiffrés d’entreprises.

#FGDAYS #FGDAYS2020

L’entretien du vêtement est également un facteur de durabilité. Ainsi, nous vous invitons là lire l’article d’Annick Jehanne sur le sujet, ici.

@unsplash

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