Hello Marie-Laure, pourrais-tu te présenter et me dire qui tu es ?

Bonjour, je me définis comme une facilitatrice de projet de développement durable. À cet effet, j’accompagne des territoires et entreprises, plus particulièrement sur les sujets qui touchent à l’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité. Ces dernières années, ma passion m’a amenée à évoluer dans l’industrie de la mode et du textile.

Ainsi, j’ai effectué une mission dans la startup sociale Tale Me qui a lancé un projet de location de vêtement pour la maternité, l’allaitement et les enfants de 0 à 6 ans. Ensuite, j’ai eu une expérience dans le même secteur chez Lizee, une startup tech qui offre une solution de reverse logistique pour la location en B2B, 100% e-commerce.

Marie-Laure, quel est l’état du marché de la location de vêtements en France ?

Concernant le marché de la location de vêtements en France cela reste assez confidentiel et s’adresse plutôt à des niches de consommateurs. On voit apparaître de plus en plus d’offres de location pour la femme en majorité, pour la maternité, l’enfant et le bébé, maintenant également pour l’homme.

Ce marché se développe après un véritable boom du marché de la seconde main. Les consommateurs Français et plus généralement Européens restent encore très attachés à la notion de possession, et c’est d’autant plus vrai pour le vêtement. C’est pourquoi, je dirais que la location a encore besoin de prendre ses marques et de rencontrer son public. Les évolutions sociologiques et l’éducation du consommateur nécessitent du temps, bien que les Millenials soient déjà assez réceptifs sur le sujet.

Quant aux marques, leur stratégie est encore souvent basée sur une logique volume/coût et non pas dans une logique de service. La crise que nous traversons actuellement tend à les faire s’interroger sur leur modèle.

Facilitatrice

Marie-Laure, toi qui es une facilitatrice dans ce domaine, pourrais-tu évoquer les offres de location qui existent ?

Au niveau des offres, il existe deux grandes catégories. Tout d’abord, l’abonnement où la cliente reçoit tous les mois ou à fréquence régulière des produits en packs ou sélectionnés à la carte. Ensuite, l’offre one-shot typiquement la location d’une robe de soirée ou de cocktail pour un occasion particulière. Certains sites peuvent proposer ces deux possibilités, avec parfois une option d’achat des produits que les clients souhaitent conserver.

Dans la majorité des cas, ces offres fonctionnent pour la plupart en 100% e-commerce et la livraison, le retour et le pressing sont inclus.

Un point important par rapport à la situation sanitaire due au Covid, actuellement les loueurs doivent prouver l’hygiène irréprochable du produit. Ainsi, il existe des procédés industriels fiables et efficaces, par exemple des machines à ozone qui garantissent une hygiène optimum (bactéricide, fongicide et virucide). De plus, ce procédé permet le lavage des vêtements à basse température d’où un impact environnemental plus faible. Il est primordial que les entreprises de location fassent un travail d’information pour rassurer le consommateur.

Marie-Laure, quel est le business model de la location ?

Les rouages de ce modèle sont complexes et il faut parfois tâtonner avant de trouver le juste équilibre.

À mon sens, la location est davantage intéressante pour le haut de gamme et les produits de qualité. A la fois pour la désirabilité des produits et pour assurer la longévité de ceux-ci au fil des usages. Bien que les produits soient inspectés et réparés si besoin entre chaque envoi, la matière, les teintures et les coutures doivent être de bonne qualité pour rester dans le circuit de location. En d’autres termes, plus le produit est durable, plus le nombre moyen de locations potentielles augmente, plus cela est rentable au regard des coûts logistiques et de remise en état entre chaque location.

Dans le retail classique, lorsqu’on vend on ne gagne qu’une seule marge fixe sur un produit, tandis que dans le cas de la location on cumule les marges plusieurs fois. Il me semble que Rent The Runway, parvient à une moyenne de 15 cycles de location pour un même produit.

Pour les marques qui souhaitent tester ce modèle, au-delà de proposer à leurs clients un mode de consommation plus responsable, il peut également s’agir de collecter de la data, notamment sur l’évolution de leurs produits pour alimenter une démarche d’éco-conception.

Vous pourrez retrouver Marie-Laure, lors de nos évènements digital les 17 et 18 septembre. Ainsi, elle interviendra le vendredi 18 à 14h00 où elle évoquera “L’Expérience des entreprises pionnières de la location de vêtements” et animera également à 14h30 la table-ronde “L’offre de location, tout d’horizon et nouveautés”. Pour s’inscrire pour les FGDays, c’est par ici.

Enfin, pour en savoir plus sur la location de vêtements, nous vous invitons à lire l’interview d’Agathe Cuvelier pour Les Cachotières, là.

Je suis le fondateur de MyFashionTech, une agence de conseil en communication pour le secteur de la Fashiontech.Sinon, je suis également un fan de littérature et de cinéma.

Photo : @unsplash

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