Les Fashion Green Days online de novembre aborderont le thème du “Green Commerce”. Nous avons rencontré Jean-Philippe Taverdet, co-fondateur de MOOM Planet. Il nous explique comment son projet permet aux marques et aux consommateurs de coopérer pour un commerce plus engagé.

Jean-Philippe Taverdet, pouvez-vous vous présenter ?

jean-philippe taverdet fondateur moom planet

Jean-Philippe Taverdet, co-fondateur de MOOM Planet

J’ai effectué une carrière dans des entreprises de services numériques (IBM et Sopra Steria). J’ai toujours travaillé aux côtés de la grande distribution et les acteurs du commerce en B2C.

Il y a 3 ans, j’ai ressenti le besoin d’être plus utile et d’aider les entreprises à embarquer davantage leurs employés dans leur transition, pour éviter que ne se produise un décalage entre eux.

Je me suis aussi aperçu que les attentes des consommateurs évoluaient. Compte tenu des enjeux sociétaux et environnementaux, le modèle dans lequel la croissance est liée au volume de produits vendus n’avait plus de sens. Mais cela reste difficile pour les entreprises, même si elles en ont conscience, de passer d’une économie linéaire à une économie circulaire, de la fonctionnalité ou servicielle. Je crois que le digital est un bon levier pour y parvenir.

C’est de ce constat qu’est né MOOM Planet ?

En effet, MOOM Planet est alors apparu comme une évidence. Si l’on veut inscrire son activité dans une économie réellement circulaire qui soit rentable, ceux qui produisent doivent avoir une maîtrise de l’ensemble de la chaîne. Ceci pour pouvoir créer un lien entre la fin et un nouveau début.

Actuellement, lorsqu’un produit est vendu, il disparaît de l’écran radar, la marque perd la visibilité sur ce qu’il devient. Elle ne sait pas s’il est revendu, détruit, etc.

logo moom planet

Le logo MOOM Planet

La question à laquelle MOOM veut répondre est la suivante : comment peut-on conserver une visibilité de chaque produit mis sur le marché pour parvenir à allonger son cycle de vie ou le recycler et qu’il ne devienne plus un déchet ?

Comment fonctionne MOOM Planet ?

MOOM Planet est une application 100 % gratuite qui propose une plateforme en C2C / C2B.

D’une part, elle permet aux particuliers de s’adresser aux membres de la communauté MOOM et aux entreprises (marques et distributeurs). L’objectif ? Demander quelles sont les solutions pour offrir une seconde vie aux produits dont ils veulent se défaire. On crée alors une coopération entre les consommateurs et entre les marques et leurs clients. Par ce biais, on optimise également économiquement et écologiquement le marché de la seconde main.

Les consommateurs retrouvent dans l’application l’ensemble de leur patrimoine d’articles de grande consommation, ce qui leur permet de voir :

    • la valeur économique de ce patrimoine sur le marché de la seconde main ;
    • la valeur écologique, évaluée par le « MOOM score ».

D’autre part, elle permet aux consommateurs de passer à l’action et de revendre, louer, donner ou recycler un produit et d’en avertir la communauté MOOM ou simplement demander des conseils sur les différentes solutions possibles.

Certains metteurs sur le marché proposent des solutions pour la seconde vie des produits, d’autres non. Elles peuvent alors proposer des solutions externes, comme par exemple, une carte des différentes bornes de dépôts de vêtements près de chez soi. L’idée est de toujours proposer une solution au consommateur pour qu’il trouve la meilleure destination possible au produit.

Pour les entreprises, l’avantage est d’avoir une visibilité des cycles de vie de leurs produits (non des clients !). Cette visibilité peut aussi les aider à constituer des filières et récupérer de la matière.

L’application MOOM Planet sera disponible dans un an, le 26 novembre 2021 et sortira le jour du Green Friday.

Sur le site de MOOM Planet, vous parlez de coopétition. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Les coûts d’organisation de filières sont monstrueux pour des entreprises déjà fragilisées par la crise de la Covid-19. Nous avons besoin d’un élan de coopétition, c’est-à-dire de mutualisation des moyens.

Créer, par exemple, des hubs de logistique inversée où l’on pourrait récupérer les produits, partager ses connaissances sur la qualité, l’esthétique et l’usage de ces derniers. Bref, coopérer pour se rendre plus compétitif. On crée ainsi des synergies entre marques et entre marques et consommateurs.

Selon vous, qu’est-ce que la crise sanitaire nous apprend ?

Du côté des entreprises, bien que les sujets RSE prennent de plus en plus de poids, avec la crise sanitaire il est difficile d’avoir des liquidités pour investir dans des plans de transformation.

Souvent aussi, les initiatives partent de bonnes intentions. Mais, les réflexes d’hier de croissance resurgissent.

A mon sens, cette crise nous apprend que l’élément fondateur est le consommateur citoyen. Les consommateurs ne comprennent pas toujours l’impact de leur consommation. Il faut les aider à comprendre les enjeux et se réapproprier la dimension citoyenne dans chaque acte de consommation.

D’autres, ont conscience des enjeux. Cependant, ils pensent que leurs petites actions unitaires ne pèsent pas lourd dans la balance. L’application MOOM comptabilise et valorise ses actions pour encourager à agir.

 

Retrouvez Jean-Philippe Taverdet dans la table ronde « Les commerces engagés » le jeudi 19 novembre à 18 h. Pour s’inscrire, c’est par ici !

Marie-Laure Ruppel

Marie-Laure Ruppel

Facilitatrice de projet de développement durable

 

J’accompagne des territoires et entreprises, sur les sujets qui touchent à l’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité. Ces dernières années, ma passion m’a amenée à évoluer dans l’industrie de la mode et du textile.

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