Lancé en août 2018 par Arnaud BARBOTEAU, OTH est né de la volonté de créer une marque de sneakers unisexe qui concilie à la fois nos aspirations à s’extraire du quotidien et l’écologie.

 

OTH citation

OTH, un pneu pour semelles

L’histoire se répète. Acheteur textile en grande distribution, Arnaud voyage tous les 6 mois en Asie pour acheter des produits dits « jetables ». Progressivement, l’idée fait son chemin. Comme tout le monde, il « ronge son frein », se pose des questions. Le mythe de l’électrochoc. Il tombe sur la photo d’un jeune garçon d’origine Africaine qui découpe un pneu. Et si ce pneu, on en faisait quelque chose ?

Il met 2 ans à développer une semelle digne de ce nom. De façon à s’adresser à une cible élargie, l’entrepreneur ne souhaite pas réaliser cette étape de production de manière artisanale. A force de persévérance, il trouve un partenaire capable de recycler ce matériau à échelle industrielle. Processus qui ne cesse de s’améliorer depuis que l’offre a rencontré la demande.

En chiffres, à chaque fois que la marque produit 3 paires de sneakers, devinez quoi ? C’est l’équivalent d’un pneu qui est recyclé.

 

Des sneakers Européennes éco responsables

« Je fabrique grand local », sourit le fondateur. C’est-à-dire, en Europe pour les Européens.

Chaque semelle est découpée directement dans le pneu usagé – originaire d’Espagne – au sein de l’atelier, dans la région de Guimarães, au Portugal.

Concernant le cuir, il provient d’une tannerie Italienne. Cette dernière maitrise l’ensemble du processus de transformation, ce qui permet de s’assurer que les matériaux utilisés respectent bien la réglementation REACH. En d’autres termes, aucun produit chimique n’est utilisé au cours des étapes de conception.

Fait assez rare pour être soulevé, OTH ne propose pas d’alternative Vegan. Véritable choix. « Celles-ci sont constituées en grande majorité – voire totalité – de polyuréthane ou polyamide, autrement dit de plastique. Ajouté à cela, un procédé de fabrication basé sur l’utilisation d’agents hyper toxiques », explique le fondateur. Même s’il le reconnaît, le polyuréthane aide à la teneur des fibres.

Arnaud maintient sa position : « ce n’est pas ma vision du durable et de l’éco responsable ». Toutefois, la marque travaille activement pour proposer une sneaker sans compromettre ses engagements durables. Comprenez que des tests, qui utilisent des matériaux tels que le Bananatex et le faux cuir créé à partir de fibres naturelles, sont en cours.

Au sujet de la livraison, la start-up utilise un système en faveur d’une mode plus durable. En effet, il se peut que vous ayez déjà voyagé avec votre prochaine paire de sneakers puisque la griffe utilise les espaces vacants des véhicules de transport privé ou public, routier ou ferroviaire. D’après le transporteur, ce mode d’acheminement réduirait de près de 80 à 90% les émissions de carbone. Intéressant.

 

Sortez des sentiers battus et respirez

OTH aventureVous vous demandez certainement pourquoi la marque s’appelle OTH – sigle pour « Off the Hook ». Impossible à traduire de manière littérale, l’idée est là. Lâchez prise et ouvrez vous au monde.

Le rapport ? « Je ne voulais pas parler de recyclage parce que je trouvais que ça faisait un peu moralisateur et donneur de leçon. En plus, je ne suis pas et ne serais pas le seul à en faire ».  Le concept, basé sur le fait de donner une seconde vie aux pneus, permet de créer une passerelle avec la notion d’aventure.

Vous l’aurez compris, avant d’être une semelle, c’était un pneu. Celui-ci a donc parcouru des centaines de kilomètres avant de reprendre vie à vos pieds, à nouveau prêts à découvrir le monde.

Concrètement, chaque modèle porte le nom et les coordonnées GPS d’un endroit reculé dans le monde, et est accompagné d’une carte postale de ce même lieu – où le shooting photo est réalisé – .  Pour parfaire le tout, rendez-vous dans la rubrique au nom intriguant d’ « Aventure » sur le site. Une rubrique, rédigée par les soins d’un écrivain, qui vous ferez prendre part au voyage.

 

Etre au recyclage et au circulaire ce que VEJA est à l’éthique et au solidaire

Arnaud travaille actuellement sur deux gros projets.

En premier lieu, des sneakers en cuir recyclé. Ce dernier est obtenu à partir de chutes d’une usine à gants. Une méthode industrielle permet désormais de recréer des plaques de cuir à partir de ces déchets textiles. Les premiers échantillons OTH sont en ce moment à l’essai.

Dans un second lieu, la récupération de vieilles paires de chaussures contre bon d’achat. A terme, l’entrepreneur s’engage à recycler 100% de la chaussure dans des nouvelles semelles. Un indice ? Le caoutchouc recyclé.

En bref, son ambition à court terme ? Proposer une chaussure 80 à 90% de matériaux recyclés.

 

Le sourcing en Europe

Pour atteindre ses objectifs, Arnaud doit relever un défi de taille.

« En Europe, nous sommes en retard sur ce qui est du recyclage. Pendant plusieurs années, nous avons envoyé nos déchets en Chine qui a du faire preuve d’ingéniosité pour leur traitement », annonce t-il.

Aujourd’hui, le secteur tertiaire a pris toute sa place en Europe et les industries ont déserté le territoire. L’Asie se positionne alors comme le premier acteur économique mondial du recyclage qui traite tous les types de matières. Un état de fait qui rend le sourcing Européen compliqué.

 

Un mot de la fin ?

« Il y a plein d’énergie en tous sens. C’est hyper agréable de travailler dans cet état d’esprit de bienveillance et d’empathie. Dans la mode éco-responsable, nous avons un objectif commun qui est de faire un peu plus chaque jour ».

 

On se donne rendez-vous aux Fashion Green Days les 23 et 24 mai à l’ENSAIT de ROUBAIX.

Billetterie et programme des conférences sur www.fashiongreendays.fr

Propos recueillis et rédaction par Manon HAMON.

Partager cet article sur :