Crédit photo : Emmanuel NGYEN – Photographe

 

Bien entretenir son linge, c’est tout un art ? Pas forcément, il suffit de bien savoir lire l’étiquette d’entretien de nos vêtements. Certains la lisent, d’autres la décryptent, certains sont perdus et parfois mêmes la coupent. Pourtant son rôle est très important notamment en termes de durabilité du vêtement.
Pour en savoir plus sur ces étiquettes d’entretien, leur rôle et leur place dans l’économie circulaire, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Pascale Florant, Secrétaire générale du COFREET (Comité Français de l’Etiquetage pour l’Entretien des Textiles) qui est intervenu durant les derniers Fashion Green Days.

Pouvez-vous vous présenter ?

J’évolue au sein du COFREET depuis 7 ans en tant que Secrétaire générale. Notre mission est d’accompagner les marques françaises de textile et d’habillement dans l’étiquetage d’entretien de leurs produits, au niveau règlementaire et juridique de leurs pays d’exportation. Nous sensibilisons par ailleurs les consommateurs à l’entretien textile. A ce titre, j’assure également l’animation du GINETEX , le Groupement International de l’Etiquetage pour l’Entretien des Textiles. Ainsi, il coordonne le travail de 22 entités partenaires dans le monde dont le COFREET en France. L’objectif est la promotion des symboles d’entretien, l’entretien textile et l’éco-entretien. Également, nous traitons les sujets autour de l’éco-entretien au sein des projets de développement durable et d’économie circulaire du secteur textile et habillement.

Quel lien y-a-t-il entre entretien et durabilité lorsque l’on parle de vêtements ?

Depuis plusieurs années déjà, il y a de nombreux développements et investissements au niveau du sourcing, de la production, de l’éco-design, de la distribution et du recyclage. L’objectif est de réduire l’empreinte environnementale et favoriser la durabilité des produits textiles. C’est pourquoi les industriels travaillent plus particulièrement sur la partie amont et recyclage du cycle de vie du produit en termes de développement durable. Mais au sein de cette dynamique d’économie circulaire du secteur, l’entretien occupe une place significative. Cela compte pour 30 à 40% de l’impact environnemental dans le cycle de vie du produit textile.

Ainsi, une fois l’acte d’achat réalisé, le consommateur devient seul maître de son produit, et donc de son entretien. Le consommateur peut parfois bénéficier de quelques recommandations particulières d’entretien de la part du vendeur de la marque, en magasin ou sur le site de vente. Mais lorsqu’il quitte son point d’achat, il devient acteur-responsable de l’entretien de son vêtement, de la préservation de ses qualités techniques, et donc de sa durabilité. Si celui-ci suit les instructions d’entretien de la marque et conserve bien l’étiquette sur son vêtement, il pourra participer activement au rallongement de sa durée de vie et à la réduction de l’impact environnemental. Afin de pouvoir correctement suivre les recommandations d’entretien, les consommateurs doivent bien évidemment être informés et comprendre les symboles présents sur ces étiquettes.

Et quels sont les projets mis en place par le COFREET pour accompagner les consommateurs vers cette durabilité ?

Au sein de COFREET, nos études IPSOS montrent que les consommateurs français sont de plus en plus préoccupés par la durabilité de leurs vêtements. En effet, plus de la moitié d’entre eux affirment entretenir leurs vêtements afin de « les maintenir en bon état, pour les conserver le plus longtemps possible ». En outre, ils s’appliquent à mettre en œuvre les bonnes pratiques d’éco-entretien (réduction de la température de lavage, réduire le temps de repassage, le séchage à l’air libre, etc.) préservant ainsi les qualités de leurs vêtements, tout en réduisant leur consommation d’énergies.

Pour accompagner le consommateur, le COFREET a donc créé l’application “Mon Étiquette”. Celle-ci lui permet de décrypter chaque symbole d’entretien qu’il retrouve sur son étiquette. Une fois le symbole choisi dans ceux proposés, l’application propose une explication claire de mise en œuvre. Il est même possible d’enregistrer certains vêtements (et son étiquette) dans son dressing virtuel afin de les conserver.

 

cofreet

 

Notre application a été enrichie d’un travail commun avec nos partenaires dans les secteurs des lessiviels, des machines à laver, des fers à repasser, des pressings, des fédérations textiles et habillement, etc… Ainsi, tous ces conseils d’entretien textile sont réunis dans une même application pour informer les consommateurs sur les bonnes pratiques, dont celles de l’éco-entretien.

De plus, nous avons lancé dès 2014 le logo clevercare.info. Il permet d’accéder à un site web riche en trucs et astuces sur comment agir de manière éco-responsable sur l’entretien. Nous allons par exemple vous dire comment bien remplir votre machine à laver, quels vêtements mettre en filet pour ne pas les abîmer lors du lavage… L’objectif est de permettre aux consommateurs de mieux appréhender l’entretien et son impact sur la planète. Notre rôle est d’informer et de conseiller les consommateurs sur les gestes et habitudes de vie à prendre pour mieux entretenir son linge et ainsi réduire son impact environnemental.

Et comment travaillez-vous aujourd’hui avec les marques sur ces sujets-là ?

Nous travaillons étroitement avec nos adhérents. En effet, les marques françaises de textile et habillement sont de plus en plus nombreuses à développer des stratégies de développement durable. Pour leur communication consommateur sur l’éco-entretien, nous leur mettons à disposition le logo clevercare.Info à mettre sur leurs étiquettes en dessous des symboles d’entretien, complété selon la marque par une communication sur leur site internet. Ces actions collectives du secteur autour de l’éco-entretien permettent de sensibiliser ensemble les consommateurs sur l’éco-entretien et donc de la durabilité des vêtements.

Les marques sont conscientes de l’importance pour le consommateur de pouvoir avant tout décrypter les symboles. Malheureusement si le consommateur endommage un produit en le lavant à une température trop élevée, il pourrait penser que cela vient de la qualité du vêtement, alors qu’il aurait suffi de lire et comprendre l’étiquette d’entretien. En plus de faire du tort à la marque, cela réduit la durée de vie du produit, sa chance d’une seconde vie ou d’être recyclé. L’entretien peut être vu comme un trait d’union responsable entre l’amont maitrisé et le recyclage dans l’économie circulaire.

En quoi votre projet permet-il de faire avancer le marché de la seconde-main ?

Nous savons que c’est un marché qui se développe, explose même, et en même temps qui est complexe à aborder du point de vue de l’entretien. La question que l’on nous pose souvent : doit-on avoir une étiquette d’entretien sur un vêtement vendu en seconde main ? Oui, bien évidemment car, elle continuera à participer au bon entretien du produit. Mais aussi elle permettra la prolongation de la vie de ce textile, facilitera son recyclage et participera à la préservation de notre planète. Nous travaillons en ce sens.

Vous pouvez retrouver Pascale lors de notre webinaire “Seconde vie”, les 17 et 18 septembre. Pour avoir accès au replat c’est ICI

#FGDAYS #FGDAYS2020

Pour continuer sur le sujet de l’entretien du vêtement, vous pouvez lire l’article sur l’entretien et la durabilité des vêtements. 

 

 

Aude Renoud-Tsasa, Fondatrice de la marque Gambela Market.

Après une dizaine d’année dans la communication dans différents secteurs d’activité, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat. J’ai ainsi créé en mars 2020 Gambela Market, une marque de mode responsable mettant le wax à l’honneur.

 

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