Si le projet lui trotte dans la tête depuis de nombreuses années, Cathy BORIBOUN a franchi le pas, avec PETITE SERIE, en juillet 2018. Influencée par ses différents voyages, elle nous raconte en toute honnêteté comment la passion du vêtement l’emporte sur un marché en devenir.

Prendre le contre-pied de la production de masse

De formation graphiste et Designer pendant plus de 6 ans, Cathy opère un changement à la naissance de sa nièce. Elle charge alors sa mère – mécanicienne professionnelle retraitée – de donner vie à des vêtements qu’elle a imaginés pour cette petite fille.

Très vite, la passion domine et c’est avec enthousiasme qu’elle se lance dans une formation de fabricant sur mesure. Reconversion validée par un stage au sein de l’enseigne de prêt-à-porter pour enfants Du Pareil au même.

Animée par l’envie d’entreprendre et ses apprentissages en poche, la fondatrice crée PETITE SERIE. La marque tient son nom du jargon textile pour « montrer qu’il est possible de produire et de consommer de manière différente ». Naturellement, son identité prend forme : une marque de vêtements de pièces uniques, 100% upcyclées et stylées.

PETITE SERIE, des pièces fortes et de qualité avec les voyages comme terreau d’inspiration

Au sujet de la matière première, la fondatrice exige de la qualité et des tissus sourcés localement. L’objectif étant de créer des pièces intemporelles, tant du point de vue de la qualité que du style. Au coeur de l’atelier familial, sa mère et elle-même ont donné naissance aux 2 premières collections.

« Je trouve mon inspiration dans les voyages », se livre la créatrice. La première ligne, fabriquée à partir de vêtements récupérés auprès de ses proches, a été initiée suite à son excursion à Los Angeles. La seconde, dont les tissus ont été chinés chez EMMAUS, prend des allures Londoniennes. Enfin, la dernière en date, qui sera présentée aux Fashion Green Days adopte un style aux airs chantants d’Italie.

« Je n’achète pas en sachant ce que je vais faire mais par rapport à la matière et aux motifs »

Un marché qui reste fragile en France

Si la marque est encore en phase de test, depuis le début, la fondatrice « savait qu’elle voulait faire de l’upcycling » en petite série.

Après un tour d’horizon sur le marché des vêtements upcyclés pour enfants, Cathy BORIBOUN remarque que le prix moyen se situe aux alentours de 30€, pour une pièce basique. Pourtant, ce qui plait à l’entrepreneuse, c’est justement, le souci du détail et des couleurs, l’envie « de raconter une histoire ».

Là dessus, produire à l’unité demande également plus de travail. En pleine réflexion sur l’avenir de son projet, elle s’aperçoit qu’un bomber créé de toute pièce suscite l’intérêt chez les femmes.

Dans ces conditions, un changement de cible prend forme. Loin d’éteindre sa passion, sa prochaine collection sera destinée aux femmes de petite taille. Les Fashion Green Days accueilleront en avant première cette dernière, composée de 4 pièces.

Une chaine d’approvisionnement qui manque de transparence

Lors de son stage,la styliste dit avoir « découvert les coulisses » d’un secteur opaque. Mais c’est en regardant le reportage « The true cost » que le déclic est sans retour : « Je préfère largement mettre mon énergie pour laisser aux générations futures une planète préservée ». Même si pour elle, « les choses ne vont pas assez vites », la fondatrice remarque un début de changement. Notamment, chez certaines marques historiques qui semblent avoir envie de faire différemment.

 

Un mot de la fin ?

« Je citerai Gandhi : « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans le monde ». No more time to think too much, just act and do what matter most for you ! »

On se donne rendez-vous aux Fashion Green Days les 23 et 24 mai à l’ENSAIT de ROUBAIX.

Billetterie et programme des conférences ICI

Propos recueillis et rédaction par Manon HAMON.