PimPamPost, une solution durable de livraison de colis à l’international pour les PME européennes du secteur textile. Ben CHARTOIRE, co-fondateur, nous en dit plus sur ce projet à vocation environnementale.

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Un parcours expérimental

Muni d’un bagage en Droit et Sciences Politiques. Ben se spécialise en Gestion de projets appliqués aux pays du sud. C’est dans le cadre de ses études que ce dernier rencontre ses 2 co-fondateurs.

Expatrié au Maroc durant 2 ans, il travaille au sein de la multinationale française Veolia. Son poste ? Chargé d’un contrat de gestion déléguée pour le développement des services urbains. Plus tard, il prend part à des projets humanitaires en faveur des réfugiés.

En 2012, Ben fait le choix de s’installer en Espagne. Cet expatrié français – originaire de Clermont-Ferrand – est alors embauché à la Chambre de Commerce de Barcelone pour accompagner des PME à l’export. Pendant 1 an, il est ainsi responsable des projets d’internationalisation de 3 PME dont une l’embauche par la suite. La société Compact Habit – construction de bâtiments modulaires – marque son parcours professionnel. Si son goût prononcé pour l’innovation est une source d’apprentissage indéniable, c’est surtout une rencontre qui va faire la différence. Un mentor qui le forme en actions commerciales et lui permet de devenir Export Manager.

 

Un enjeu cross border

Le souhait d’entreprendre est une histoire de longue date. Toutefois c’est en 2015, accompagné de ses fidèles compères, qu’il planche sur le développement d’un pantalon éthique et innovant. Retenez l’envie de créer un modèle pérenne et vertueux. Pour y parvenir, les 3 amis décomposent l’ensemble de la chaine de valeur. Si ils trouvent des solutions innovantes en termes de sourcing matières, de confection et de distribution, un élément bloque leur avancée.

Aucune solution durable n’existe pour le transport. En ce domaine, l’équipe se rend compte que la levée des barrières de transport dans l’Espace Shengen est un enjeu macroéconomique. Dans les circonstances actuelles, la Commission Européenne observe que le marché unique n’en est pas un par rapport aux envois cross-border de colis. De ce fait, la croissance des PME du e-commerce Européen est pénalisée. Chaque acteur postal historique opère en maitre sur son territoire national. Au passage de la frontière, « les médiocres collaborations entre eux font exploser les délais et les prix et multiplient les problèmes de qualité de service », souligne Ben. Dans ce contexte international, faire appel à des acteurs privés – citons DHL ou UPS – est indispensable. Seul hic, cette solution est souvent trop coûteuse pour les jeunes créateurs de mode. Partant de ce constat, l’Institution appelle de ses vœux des solutions innovantes pour permettre l’avènement du « Digital Single Market ».

« Les transports représentent entre 5% et 11% de l’empreinte carbone de la chaîne de valeur du textile », estime l’entrepreneur. En cela, un vêtement couvre en moyenne plus de 40 000 km au cours de ses processus de production, de transformation, de confection et de distribution. Le défi apparaît clairement : réduire au maximum l’impact environnemental de cette niche de marché tout en redonnant de la compétitivité à ces PME Européennes du e-commerce. PimPamPost est crée en octobre 2016.

 

Un pivotage qui réduit l’impact carbone et énergétique de l’expédition de colis

Au départ – septembre 2017 – l’entreprise lance un service-test de transport collaboratif de colis sur la route Paris/Barcelone. Des particuliers, tels que vous et moi, expédient leur colis à prix fixe. Il s’ensuit que des voyageurs fréquents, autrement appelés « PIMER », les acheminent à travers l’Europe afin d’amortir leurs frais de déplacements.

Cependant, en recherche de croissance, la société travaille à la mise en place de partenariats avec les acteurs historiques du transport de passagers. L’équipe se rapproche alors de grands groupes pour utiliser l’espace existant et disponible de leurs moyens de transport. Des synergies sont rapidement mises en œuvre au niveau des compagnies de bus, dont le marché a été dérégularisé en 2015, qui y voient « l’opportunité d’améliorer la rentabilité de leurs lignes internationales ». Au cours du printemps 2018, PimPamPost décide de ne plus faire appel à des voyageurs fréquents et de traiter dès lors exclusivement avec des professionnels du transport de passagers. La société pivote définitivement.

 

Au service de la slow fashion

En septembre 2018, le service est commercialisé auprès de toute marque française de la slow-fashion dont la confection est réalisée au Portugal. L’aventure se poursuit. En mars 2019, un projet-pilote de plateforme logistique est lancé au Portugal permettant aux clients de stocker leurs marchandises à moindre coût au plus prêt de leurs ateliers et de faire traiter leur logistique e-commerce directement depuis le pays de fabrication.

« On s’éclate vraiment avec les clients avec lesquels on travaille », s’enthousiasme Ben.

Expérience logistique concluante. Par ce biais, les marques partenaires réduisent leurs coûts opérationnels tout en éliminant une opération intermédiaire de transport, améliorant ainsi considérablement le bilan environnemental de leurs activités. La société prépare le lancement en septembre 2019 d’une plateforme logistique plus conséquente permettant de traiter l’ensemble de la demande.

 

Varier et densifier le réseau

Varier. D’un côté, la dérégularisation du marché ferroviaire, prévue en 2020 en France puis progressivement dans toute l’Europe, devrait pousser les nouveaux players à monétiser les espaces disponibles. D’un autre côté, un projet plus disruptif. En effet, l’entreprise travaille au développement du fret à la voile comme solution de transport dé-carboné de grands volumes.

Densifier. De façon à renforcer son maillage, le chef d’entreprise compte ouvrir 3 à 4 autres routes importantes d’ici fin 2019. Soit par injection directe dans un modèle déjà existant soit en développant des voies. Notons l’Espagne, le Benelux, l’Allemagne et l’Europe de l’Ouest. L’ambition de PimPamPost est de couvrir fin 2020 l’ensemble du territoire européen.

 

Un partenariat en faveur d’actions environnementales

Le transport positif. Il s’agit donc de réduire au maximum l’impact direct de l’acheminement de marchandises sur l’environnement tout en contribuant à des actions de compensation carbone via des associations. A cette fin, sur chaque kilo transporté, PimPamPost reverse 10 centimes à des ONG partenaires en faveur de la préservation environnementale – 1€ pour 10 kilos.

« Nous avons noué un partenariat en octobre 2018 avec WOTO* qui porte sur le financement par PimPamPost des actions de collecte de plastiques dérivants, menées par l’association à bord de son 3 mâts : le Kraken », précise le fondateur. Collecter puis traiter des plastiques afin d’en produire de la maille textile qui servira ensuite à créer des articles de mode éthique fait sens. La boucle est bouclée.

 

* WOTO : « Wings Of The Ocean » – Navire école aux missions écologiques.

 

On se donne rendez-vous aux Fashion Green Days les 23 et 24 mai à l’ENSAIT de ROUBAIX.

Billetterie et programme des conférences sur www.fashiongreendays.fr

Propos recueillis et rédaction par Manon HAMON.