Gabrielle LE GALL a crée PROCESSUS en 2016. A Nantes, elle dessine et réalise des pièces uniques en toile de parachute ou de parapente.

 

PROCESSUS détourne un textile aux propriétés novatrices

Passionnée depuis sa plus tendre enfance, Gabrielle réalise un BTS design de mode, à Paris. Cursus qu’elle complète par un diplôme des métiers d’art et du textile option broderie. Fraichement sortie d’école, elle travaille, par la suite, en tant que styliste pour la Maison Irié – créateur Japonais installé dans la capitale depuis 1983. Au bout de 2 ans et demi, l’envie de changer du rythme de vie Parisien pousse la jeune styliste à déménager à Nantes.

La créatrice déclare avoir « toujours aimé réemployer l’existant ». Là dessus, son père paramotoriste, lui fournit sa première toile. Ce matériau, dont le « rapport taille, poids et résistance est incroyable », mesure entre 23 et 33m2. Sans parler des couleurs. Comprenez par-là que la jeune femme se prend rapidement au jeu de donner une seconde vie à ce matériau destiné à être incinéré lorsqu’il est considéré « hors d’usage ». Le projet prend forme. La magie opère. En 2016, la marque PROCESSUS voit officiellement le jour.

Logo PROCESSUS

Pour toutes ces raisons, l’entrepreneuse entame alors son premier appel aux dons, qui s’est révélé fructueux. Ce dernier lui a permis de se constituer un « petit stock » provenant des clubs et écoles de parachute/paramoteur de la région Ouest.

Pourquoi « PROCESSUS » ? Parce que la styliste affirme être plus intéressée par la mise en œuvre et la démarche du projet que le produit fini. « Même si, le résultat doit être pertinent » ajoute-t-elle.

 

Réduire l’impact écologique : la contrainte stimule la création

Dans le but de compléter son offre de hauts de vêtements – tuniques, blousons, robes, chemisettes et imperméables – Gabrielle réfléchie actuellement à un pantalon. Partant toujours de la contrainte matière, dans le cas présent les matériaux ne sont pas stretchs, elle planche sur une pièce fluide.

Veste PROCESSUSVeste PROCESSUS

Sur le marché du vêtement éco-responsable, la fondatrice remarque que l’image la plus répandue est celle d’une mode rétro et féminine, souvent associée à des matériaux naturels et bio sourcés. Une représentation somme toute éloignée de ses inspirations plus punk. Les couleurs des toiles se prêtant davantage à « quelque chose de plus percutant », elle n’hésite pas à prendre le contrepied en adoptant des codes plus urbains.

Et détrompez-vous. Ce type de matériaux n’en est pas moins souple à porter. Au sujet du parachute, il s’agit d’une toile assez fine et légère, voire soyeuse. Une matière quasi transparente que la créatrice transforme en tuniques et « petites pièces qui prennent le vent ». Concernant le parapente, il « bruisse comme le papier » et convient davantage à des pièces coupe-vent. Enfin, n’ayez crainte, les vêtements passent en machine et se repassent.

 

Faire naitre une mode plus humaine 

A l’heure actuelle, Gabrielle distribue ses collections mixtes via des boutiques éphémères et des plateformes en ligne comme Etsy. Depuis ses débuts, la jeune femme a lancé 7 collections en petite série – elle essaye d’en faire 2 par an – composées de 4 à 6 pièces déclinées en plusieurs tailles.

L’entrepreneuse, qui travaille uniquement avec des fournisseurs français, souhaite prioriser la proximité dans ses échanges. Dans cette optique, elle fait appel à une couturière et modéliste dans la région.

Pour la suite, Gabrielle, qui rêve d’augmenter un jour sa production, s’attèle à mettre en place une boutique en ligne. Pour élargir sa cible, elle n’exclue pas d’associer « la toile à des matériaux plus classiques ». Enfin, la fondatrice pense également à mettre en place un partenariat avec le fabricant des parachutes et parapentes. Affaire à suivre donc.

 

On se donne rendez-vous aux Fashion Green Days les 23 et 24 mai à l’ENSAIT de ROUBAIX.

Billetterie et programme des conférences sur www.fashiongreendays.fr

Propos recueillis et rédaction par Manon HAMON.

Partager cet article sur :